«Ce n’est pas une question de bar, c’est une question de permis» – Sylvain Janelle

«Ce n’est pas une question de bar, c’est une question de permis» – Sylvain Janelle
Sylvain Janelle, propriétaire. (Photo : Archives Ghyslain Bergeron)

COVID-19. La nouvelle est tombée comme une tonne de briques, jeudi après-midi. Les titulaires de permis de bar délivrés par la Régie des alcools, des courses et des jeux devront cesser de servir de l’alcool à minuit et fermer leurs portes à 1 h, dès le 10 juillet. C’est Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux qui en a fait l’annonce, en trois points, ce qui a provoqué une avalanche de commentaires sur les réseaux sociaux et de la frustration de la part des propriétaires de bar.

Sylvain Janelle, propriétaire du bar café Ô Saint-Fred sur la rue Brock, est d’accord que des mesures soient prises, mais dénonce la façon dont ce sera fait : «Ce n’est pas une question de bar, c’est une question de permis. Les gens qui vont quitter mon bar, est-ce qu’ils vont aller se coucher ou bien se rendre dans un autre établissement licencié?

Les règles sont mises en évidence à l’entrée du bar café Ô Saint-Fred.

C’est injuste, car il y en a qui ont un «service de restauration» et qui vont continuer de vendre de l’alcool… Il faudrait que ce soit égal pour tout le monde. Tu as un permis de boisson, tu fermes ta place à l’heure déterminée par le gouvernement. C’est tout. Pas de zones grises», a-t-il lancé en entrevue téléphonique.

Le tenancier estime qu’il a tout fait pour protéger ses clients et son personnel. «J’ai affiché les règles dans l’entrée de mon bar. Il n’y a pas de laisser-aller. Je respecte tous les règlements, si bien que j’ai même mis dehors quelques clients qui ne voulaient pas respecter les règles. Si on veut s’en sortir, il faut être disciplinés, sinon on sera encore au même point dans plusieurs mois», a ajouté M. Janelle.

Il y a maintenant seulement 6 bancs sur 13 au bar.

Même son de cloche pour la propriétaire de la Terrasse du boulevard, Maryse Vincent qui dénonce la situation : «Nous sommes punis pour quelque chose que nous n’avons pas fait. Il faut comparer des bananes avec des bananes. L’endroit où c’est arrivé n’a rien avoir avec notre bar. Ici, même si parfois il faut ramener à l’ordre les clients, les gens sont respectueux. Il arrive même que ce soit eux qui nous demandent s’ils sont corrects! On fait tout pour être conforme (port du masque, distanciation des tables, protocole de nettoyage), alors c’est vraiment frustrant de se faire punir. J’aime mon travail que je fais depuis 30 ans. Ici, ce n’est pas juste un bar, c’est un espace de sociabilité. Quand les travailleurs finissent leur quart de travail à 23 h ou minuit, ils aiment ça venir relaxer avant de rentrer à la maison», a relaté Mme Vincent.

La Terrasse du boulevard à réduit sa capacité d’accueil de 50 %.

Quant à Laurent Proulx qui a récemment acquis le Bar Le Vieux à Saint-Charles, il «trouve déplorable que des milliers de tenanciers de bar honnêtes et respectueux des règles se fassent amputer une partie de leurs revenus arbitrairement parce que deux ou trois délinquants ont fait du trouble au Dix-30 et à Montréal. Je suis très tanné d’être la cible facile.»

Les trois mesures concrètes annoncées

  • La restriction des heures d’ouverture des titulaires de permis de bar délivrés par la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ), en limitant l’heure à laquelle les bars doivent arrêter de vendre des boissons alcooliques à minuit au lieu de 3 heures du matin. Les personnes s’y trouvant devront donc avoir quitté le bar au plus tard à 1 heure du matin. Cette mesure vise à écourter les heures où on constate que la distanciation physique est moins respectée.
  • La restriction de la capacité d’accueil à 50 % de celle inscrite sur le permis d’alcool.
  • L’interdiction des activités de danse et l’obligation pour les clients d’être assis pour consommer de l’alcool
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