Pierre Lavoie fébrile à l’approche de la Boucle

Photo de Jonathan Habashi
Par Jonathan Habashi
Pierre Lavoie fébrile à l’approche de la Boucle
Pierre Lavoie. (Photo : archives, Ghyslain Bergeron)

CYCLISME. À l’approche de la Boucle du Grand défi Pierre-Lavoie, qui se déroulera ce samedi 15 juin dans la région de Drummondville, tout est en place pour accueillir quelque 5600 participants dans le cadre de la plus grande randonnée de vélo au Québec.

Tenue pour la première fois au Centre-du-Québec, la Boucle constitue la huitième étape du fameux 1000 kilomètres du Grand défi Pierre-Lavoie, ce marathon cycliste qui prendra son envol jeudi, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, et se conclura dimanche, au Stade olympique de Montréal. Les 1075 participants du 1000 kilomètres et les 4500 boucleurs rouleront conjointement sur le parcours de 135 kilomètres empruntant les routes de 11 municipalités de la région.

«Je suis très surpris du nombre d’inscriptions à la Boucle, a lancé Pierre Lavoie à la veille du départ du 1000 kilomètres. On ne s’attendait pas à recevoir autant de monde. En termes de participation, c’est notre deuxième plus grosse édition. J’ai hâte que les gens découvrent le parcours et les beaux paysages. On va livrer un événement de haut niveau.»

Le parcours de la Boucle.

Pour le moment, les prévisions météorologiques ne sont pas favorables alors que des averses sont attendues samedi. «Ça peut encore changer d’ici là. On espère avoir du beau temps. Peu importe les conditions, je répète toujours aux gens que l’inconfort nous rend plus forts», a affirmé Pierre Lavoie.

«La fin du parcours est souvent la partie la plus difficile, a-t-il ajouté. Au départ, l’adrénaline et l’effet de groupe font leur œuvre. À partir du 100e kilomètre, la fatigue s’installe. C’est souvent la partie la plus contrariante de la Boucle, mais on en sort toujours plus fort.»

Le départ, l’arrivée et les festivités auront lieu dans le secteur du complexe sportif de Drummondville. S’étalant jusqu’à Daveluyville, dans les Bois-Francs, la Boucle passera notamment par Saint-Cyrille-de-Wendover, Notre-Dame-du-Bon-Conseil, Saint-Léonard-d’Aston, Sainte-Perpétue et Sainte-Brigitte-des-Saults.

Fait intéressant, les boucleurs pourront voter pour la municipalité qu’ils auront trouvé la plus accueillante. La ville la plus appréciée recevra une bourse de 10 000 $ à injecter dans un projet encourageant les saines habitudes de vie. «J’ai toujours hâte de pédaler dans ces petits villages. Ça donne une belle couleur à la Boucle. L’accueil des gens vaut la peine d’être récompensé. Ça crée une belle dynamique tout au long du parcours. Ces encouragements-là font toute la différence pour ceux qui pédalent», a souligné Pierre Lavoie.

Initialement, les organisateurs espéraient profiter de la Boucle pour procéder à l’inauguration de la promenade des Voltigeurs le long de la rivière Saint-François, mais ils ont dû se raviser pour des raisons techniques.

Du plaisir à travers l’effort

En conférence de presse à Drummondville, l’automne dernier, Pierre Lavoie avait expliqué que la Boucle est un défi accessible à des cyclistes de tous les niveaux, y compris «monsieur et madame Tout-le-monde». Une déclaration qui avait fait réagir certains lecteurs de L’Express arguant que la participation à une telle épreuve nécessite un entraînement très intensif.

La Boucle en sera à sa septième édition. (Photo gracieuseté)

«C’est justement le but de l’exercice, a rétorqué Pierre Lavoie avec toute la passion qu’on lui connaît. Ce qui permet d’inclure tout le monde dans la Boucle, c’est qu’il n’y a pas de chronomètre, donc zéro pression. Avec un chrono, on enlève le plaisir, parce qu’on axe ça sur la performance comme dans les sports où un juge donne une note ou un coach cloue son joueur au banc.»

«Quand tu fais la Boucle, tu peux prendre le temps que tu veux… mais il faut que tu t’entraînes avant! Si tu ne te prépares pas, ça ne sert à rien. Mon objectif, c’est de pousser les gens à changer leur mode de vie. Ça nécessite forcément des efforts.»

Si la randonnée n’est pas chronométrée, soulignons qu’une vitesse de 22 km/h à 30 km/h est néanmoins imposée aux boucleurs. La plupart des cyclistes complètent le circuit dans un intervalle de quatre à neuf heures.

Par ailleurs, des dizaines de personnes participeront à l’événement sur un vélo à assistance électrique. «Il y a beaucoup de préjugés face à ces vélos, mais ça permet de démocratiser le sport. Ça ne fait qu’ajouter des watts supplémentaires à ceux qui sont déjà produits par le cycliste. Les gens peuvent avoir du plaisir tout en pédalant et c’est le but de la Boucle. C’est mieux de faire ça que d’être assis dans son salon en train de regarder la télévision», a fait valoir Pierre Lavoie, qui possède lui-même un tel appareil.

Alors que la Boucle en sera à sa 7e édition, le 1000 kilomètres sera disputé pour la 11e fois. L’an dernier, plus de 6000 boucleurs s’étaient donné rendez-vous à Lévis.

Partie remise pour le maire

Ayant annoncé son intention de participer à la Boucle l’automne dernier, le maire de Drummondville Alexandre Cusson a finalement dû faire marche arrière.

Pierre Lavoie et Alexandre Cusson. (Photo d’archives, Ghyslain Bergeron)

«J’ai dû me rendre à l’évidence que mon agenda extrêmement chargé des derniers mois ne m’a pas permis de me préparer adéquatement pour y prendre part. Je n’ai pas été capable de consacrer le temps nécessaire à cette préparation. Je continue de mettre de l’avant de saines habitudes de vie», a expliqué le grand marcheur, qui cumule également les fonctions de président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ).

Devenu un ami d’Alexandre Cusson au fil du temps, Pierre Lavoie a dit comprendre cette décision, ne cachant toutefois pas sa déception.

«Alexandre va à l’encontre de ses valeurs, lui qui marche tous les jours. Je sais qu’il a un travail de fou, mais chacun doit se garder du temps pour investir dans sa santé. Présentement, il est en déséquilibre, mais je suis certain qu’il en prend conscience. Même quand on est débordé, c’est nécessaire de rentrer l’entraînement dans son agenda. Je comprends et je lui pardonne : je sais que ce n’est que partie remise», a exprimé Pierre Lavoie sur le ton de la taquinerie, lui qui aurait néanmoins souhaité voir le politicien enfourcher un vélo à assistance électrique.

La Ville de Drummondville sera tout de même représentée lors de cet événement puisque la conseillère municipale Catherine Lassonde participera au 1000 kilomètres. Cette dernière fera partie de l’équipe mixte d’élus de l’UMQ. Cette équipe parraine notamment l’école Duvernay à Drummondville. Les fonds recueillis serviront à financer des projets faisant la promotion des saines habitudes de vie chez les élèves.

À lire également :

La Boucle : des modifications à la circulation sont à prévoir

Plusieurs activités au programme pour la Boucle

Partager cet article