Yanick Bergeron est à la tête d’une grande famille

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Par Jonathan Habashi
Yanick Bergeron est à la tête d’une grande famille
Yanick Bergeron dirige le plus grand gymnase de sports de combat au Canada. (Photo : gracieuseté)

SPORTS DE COMBAT. Yanick Bergeron en a parcouru du chemin au cours des deux dernières décennies. Celui qui a commencé à enseigner le kickboxing dans son appartement du centre-ville est aujourd’hui à la tête du plus grand gymnase de sports de combat au pays.

Dès son plus jeune âge, Yanick Bergeron s’est passionné pour les sports de combat. Le Drummondvillois a grandi à quelques pas d’une école de karaté.

«J’étais tout le temps rendu là! Je regardais les cours et parfois, je rentrais dans les locaux. J’ai toujours aimé les valeurs entourant les arts martiaux. J’étais fasciné par le salut au début du combat et le respect qui règne entre les adversaires. À l’adolescence, je me suis inscrit à des cours de kickboxing et de boxe et assez rapidement, je me suis intéressé à l’enseignement», raconte-t-il.

Strahinja Gavrilovic et Yanick Bergeron. (Photo gracieuseté)

Propriétaire du cabaret Pleine lune dès l’âge de 19 ans, Bergeron a commencé à donner des cours de kickboxing privés à ses agents de sécurité.

«Je faisais ça chez moi, juste pour le plaisir. Comme j’avais de plus en plus d’élèves, j’ai loué un appartement en dessous de chez nous. J’y ai installé du matériel d’entraînement. De fil en aiguille, j’ai développé ma passion pour l’enseignement. En mai 2001, j’ai finalement ouvert mon premier gymnase dans un petit local de la rue Dorion», explique celui qui a pris part à des formations en France, en Thaïlande et au Brésil afin de parfaire ses techniques d’enseignement.

Après sept années passées au centre-ville, le collège Team Bergeron a déménagé ses pénates sur la rue Saint-Jean avant de s’installer dans les locaux de l’ancien collège Ellis. Devenue une véritable référence en kickboxing, en boxe, en arts martiaux mixtes ainsi qu’en jiu-jitsu brésilien, l’école est désormais située dans le vaste complexe Arts et découvertes de Wickham.

«Quitter la ville, c’était une grosse décision. J’avais une opportunité devant moi, celle de m’installer dans un immense local. J’ai pesé le pour et le contre et j’ai pris le pari de foncer. Aujourd’hui, je peux dire que ce fut la meilleure décision de ma vie. Presque toute ma clientèle de Drummondville m’a suivi et j’attire maintenant des gens de Granby, Saint-Hyacinthe et Sherbrooke», relate l’entraîneur de 41 ans, qui a récemment ouvert le centre de divertissement Xtrême limite en collaboration avec Drummond Parkour.

Yanick Bergeron lors des Jeux du Québec de 2015. (Photo d’archives Ghyslain Bergeron)

En plus de ses quelque 500 membres, le collège Team Bergeron offre ses services à de nombreux élèves d’écoles primaires et secondaires de la région. «On leur montre les bases des sports de combat. Les premiers cours se déroulent à l’école, puis on leur fait découvrir nos installations. C’est non seulement une bonne dépense d’énergie pour les enfants, mais on leur inculque aussi de bonnes valeurs.»

Au fil des ans, Yanick Bergeron est donc parvenu à bâtir un gymnase à son image, en s’entourant d’entraîneurs passionnés et compétents. Si quelques membres du collège gravissent les échelons jusque sur la scène compétitive amateur ou professionnelle, la plupart d’entre eux s’entraînent simplement pour le plaisir.

«De voir quelqu’un qui part de loin, qui ne l’a pas eu facile dans sa jeunesse, cheminer dans la vie grâce aux sports de combat, c’est là ma plus grande récompense. Ici, les gens viennent chercher une confiance en soi et de bonnes valeurs. Leur routine change. Leur discipline du gym devient leur discipline de vie. Les sports de combat, ce n’est pas juste physique. Un bon entraînement, ça fait aussi du bien au mental», affirme le père de trois enfants.

Bergeron répète d’ailleurs souvent que son gymnase s’adresse à monsieur et madame Tout-le-monde. «Ici, tout le monde est égal, du débutant qui veut se remettre en forme jusqu’au professionnel qui se bat au Centre Bell. Je demande à mes coachs d’avoir une belle approche avec les gens. On enseigne des sports individuels, mais on forme une grande famille. C’est notre plus grande force. Quand quelqu’un arrive ici, on essaie de le rendre à l’aise, de l’inclure et de l’encourager dans ses progrès. Si les gens reviennent, c’est qu’ils se sentent bien.»

Yanick Bergeron (Photo d’archives Ghyslain Bergeron)

Si, pour plusieurs, le but premier de l’entraînement demeure de se remettre en forme, certains élèves de Team Bergeron rêvent de disputer un premier combat chez les amateurs. C’était notamment le cas du bassiste de Kaïn, Éric Maheu.

«Il y a un cheminement à faire avant d’embarquer dans le ring. Pour Éric, on s’est donné un an. Il partait de loin. Ce n’était pas un naturel : c’était une rock star! Mais il était sérieux et il n’a pas jamais raté un seul cours. Un an plus tard, il a fait son combat à l’hôtel Universel. Ce fut un beau moment. Simplement de monter dans le ring, c’était une victoire pour lui. Pour moi, c’est une fierté d’aider les gens à réaliser des rêves comme ça», confie Yanick Bergeron.

Certains protégés de Team Bergeron continuent ensuite leur carrière chez les amateurs, où ils visent un titre de championnat. Quelques-uns parviennent même à percer les rangs professionnels, comme Martin Grandmont, Kevin Généreux ou encore Francis Charbonneau.

«Mais pour la plupart des gens, le but est complètement différent. Ça peut être d’arrêter de fumer ou de consommer des drogues. Pour d’autres, c’est de faire des courses à obstacles. Certains croient qu’ils n’en sont pas capables, mais je les convaincs et je les aide à se rendre jusque-là. On participe à une première course en groupe et lorsqu’ils arrivent à la ligne d’arrivée, ils sont tellement fiers de ce qu’ils ont accompli.»

Dans le cadre des journées de la persévérance, Yanick Bergeron a récemment prononcé une conférence devant les jeunes du refuge La Piaule. Le message qu’il leur a transmis était fort simple.

«Quand tu aimes quelque chose dans la vie, tu dois te fixer des buts, puis foncer! Il ne faut jamais lâcher. Mon cheminement n’a pas toujours été facile. Au début, je ne vivais pas de mon gym, mais à force de travailler fort et de persévérer, j’ai réussi. Et même au cours des dernières années, j’ai traversé des moments difficiles. J’ai eu un gros coup de fatigue et je me suis remis en question, puis j’ai pris les meilleures décisions dans ma vie personnelle et professionnelle. Aujourd’hui, je peux me dire mission accomplie. Quand je rentre dans mon gymnase chaque matin, je suis vraiment très fier d’où je suis rendu. Je n’ai jamais abandonné et j’amène du bien dans la vie du monde. C’est là mon plus bel accomplissement», conclut Yanick Bergeron.

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