Masques de protection : des entreprises d’ici inondées de demandes

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Par Ghyslain Bergeron
Masques de protection : des entreprises d’ici inondées de demandes
Alexandre Fortier, propriétaire de Fort Stampa. (Photo : Ghyslain Bergeron)

SANTÉ. Ils proviennent de trois domaines différents, mais ils ont tous su s’adapter et développer rapidement des masques de protection qui deviennent de plus en plus populaires en ce temps de pandémie. Avec l’annonce imminente du déconfinement et la recommandation éventuelle du port du masque, ces entreprises drummondvilloises sont déjà prêtes à faire face à la demande.

Alexandre Fortier est spécialisé dans la conception, entre autres, de vêtements sportifs par sublimation. Avec l’arrêt de la production pour ses clients habituels, Fort Stampa, une entreprise créée en 2017, se devait de trouver une alternative. «Quand j’ai vu que les équipes professionnelles arrêtaient leurs activités, j’ai tout de suite su que les ligues amateurs seraient touchées, ce qui est une bonne part du marché de l’entreprise. Un ami qui vit aux États-Unis m’a demandé de lui en faire, car la demande était déjà très forte là-bas. J’ai donc travaillé sur mes masques dès le 1er avril. Avec la publicité que je me suis faite sur les réseaux sociaux, ç’a décollé», lance M. Fortier.

Le masque arc-en-ciel a donné beaucoup de visibilité à Fort Stampa. (Photo : Ghyslain Bergeron)

Son masque de protection a été conçu contre la projection de fluides et il est lavable. «J’ai pensé à un système d’accroche aux oreilles qui ne nécessite pas d’élastique, car la matière première commence à être difficile à obtenir. Comme le tissu et d’autres matériaux proviennent du Québec, je suis certain de pouvoir produire en tout temps», ajoute l’entrepreneur qui a livré ses premiers masques commerciaux à l’entreprise Soucy, mais aussi ailleurs au Canada et aux États-Unis.

Les masques sont confectionnés à la main par une équipe qui travaille confinée à domicile. «On personnalise les masques aux couleurs des compagnies. On peut en produire quelques milliers par semaine. Ça garde mon entreprise en santé et ça me permet de ne pas être oublié», poursuit Alexandre Fortier.

Une part des profits qu’il génère est redistribuée à la Tablée populaire de même qu’à la Fondation Sainte-Croix/Heriot.

Des robes devenues… des masques

Après 28 ans en affaires, Erik Provencher, propriétaire de Miss Versa en a vu de toutes les couleurs. À la base, cette entreprise qui confectionnait des sous-vêtements pour hommes a changé sa vocation en 2009. «Le marché n’y était plus (vêtements pour homme). J’ai alors fondé Miss Versa, des robes colorées pour le voyage qui sont légères et infroissables. Tout allait bien, j’avais même livré mes commandes de la saison quelques jours avant que tout ne s’arrête», raconte-t-il.

Erik Provencher a modifié sa production pour confectionner des masques. (Photo : Ghyslain Bergeron)

Rapidement, des gens de son entourage ont commencé à lui demander des masques. «J’en ai mis en ligne sur mon site Web et ç’a explosé. Moi je le faisais pour rendre service! Là, j’ai des demandes pour des masques pour hommes et enfants. J’en fais 400 par jour, mais je pourrais en vendre 2000», a-t-il raconté avec le sourire.

Sans vouloir profiter de l’occasion, Erik Provencher est content de pouvoir servir la population. «La marge de profits est vraiment mince. Les clients sont heureux qu’on fasse quelque chose et ils sont plusieurs à ne jamais avoir acheté chez nous. On fait partie de la solution. Je le fais par conscience sociale et c’est pour cette raison qu’un dollar par masque sera remis à la Tablée populaire. En date du 20 avril, plus de 1 000 $ avaient été amassés», affirme M. Provencher.

Des accessoires de voitures aux masques de protection

Les Créations Mamy Mawy œuvrent dans le domaine des accessoires pour les voitures. «Je sors de ma zone de travail habituelle! Je fais normalement des housses pour le volant et des protège-sangle. J’ai commencé à faire des masques pour mes proches en me basant sur ce qui se faisait déjà en France. Ils sont faits de coton et de tissus médicaux», présente la propriétaire Marie-Ève Cadieux.

Marie-Ève Cadieux. (Photo gracieuseté)

Ses masques couvent le nez, le menton et les joues comme le recommandent les instances gouvernementales. Une fente a été créée derrière le masque afin de pouvoir y insérer un filtre.

«Depuis une semaine, c’est plus fort, car le gouvernement commence à parler de déconfinement. Est-ce que ce sera obligatoire de porter un masque en public? Si oui, il va y avoir une demande accrue. Je vais devoir engager du personnel, car pour le moment, je suis seule et je produis une quarantaine de masques par jour. Ça fait de grosses journées. Au moins, ma famille m’aide un peu», explique Mme Cadieux.

Sa plus grosse crainte est de manquer de matière première. «Déjà, il est plus difficile de trouver des élastiques. Avec de nouveaux produits pour les enfants, en plus de ce que je fais pour monsieur madame Tout-le-monde, c’est inquiétant. Mon feeling, c’est que ça va devenir un accessoire de mode dans le futur», a-t-elle mentionné.

Comment enfiler un masque?

Le gouvernement du Québec a publié, vendredi après-midi, une vidéo afin de bien expliquer comment enfiler un masque de protection. Voyez comment faire en regardant cette vidéo :
https://www.facebook.com/FrancoisLegaultPremierMinistre/videos/651320052374124/?v=651320052374124

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