Une distribution de feu pour Les Voisins

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Par Erika Aubin
Une distribution de feu pour Les Voisins
Les Voisins sont débarqués à Drummondville mercredi dernier. (Photo : Ghyslain Bergeron)

THÉÂTRE. L’engouement face à l’arrivée du théâtre d’été Les Voisins ne fait plus de doute : plus de 21 000 des 24 000 billets disponibles se sont déjà envolés, selon la Maison des arts. Une partie de la distribution «de feu», celle qui montera sur scène 26 fois à Drummondville, était réunie hier soir au pub la Sainte Paix afin de rencontrer le public. 

André Robitaille s’est servi du quarantième anniversaire de la mythique pièce Les Voisins, écrite en 1980 par Claude Meunier et Louis Saïa, comme un prétexte pour la reprendre.

«Ça faisait longtemps que je voulais remonter cette pièce et j’ai profité de ses 40 ans pour le faire. J’ai appelé Claude Meunier et il a tout de suite accepté. Il a confiance en moi, ça me flatte et ça me sécurise. Quand je lui ai montré le casting, il capotait», a raconté André Robitaille.

Cette fois-ci, la pièce mettra en vedette Guy Jodoin, Marie-Chantal Perron, Jean-Michel Anctil, Brigitte Lafleur, Rémi-Pierre Paquin, Marilyse Bourke, Pier-Luc Funk et Catherine Brunet. Ces acteurs fouleront les planches de la Maison des arts à multiples reprises, parfois même deux fois par jours, entre le 5 juillet et le 17 août prochain.

«C’est certain que nous ferons partie du décor cet été. Nous serons en quelque sorte des Drummondvillois d’adoption. Déjà aujourd’hui, nous en avons découvert un peu plus sur la ville et ses endroits, comme le bistro l’Entracte. C’est ce que nous, les acteurs, aimons : découvrir des lieux et rencontrer le monde», a lancé spontanément Guy Jodoin.

Lorsqu’André Robitaille l’a approché pour faire partie de la distribution, ce dernier n’a pu refuser. «J’ai joué Les Voisins alors que j’étudiais à l’école de théâtre, il y a 30 ans. À l’époque, j’avais l’impression d’incarner un bonhomme et maintenant, je suis un bonhomme! Alors quand André m’a demandé de tenir le rôle de Bernard, je n’avais pas d’autre choix que d’accepter, a-t-il avoué, tout souriant. Je me sens vraiment choyé de jouer cette pièce et surtout avec cette distribution de feu.»

Une partie de la distribution a rencontré le public au pub la Sainte Paix. (Photo : Ghyslain Bergeron)

Une mise en scène authentique 

Malgré les années qui passent, M. Jodoin interprétera Bernard de la même façon qu’il l’a fait il y a plusieurs années. «Le personnage est inspiré du père de Claude Meunier. Bernard est très strict et un peu soupe au lait, mais c’est un bon vivant. Ce qu’il aime plus que tout, c’est sa haie de cèdres. Elle est comme son deuxième enfant et il l’apprécie parfois même plus que sa propre fille», a-t-il décrit.

L’authenticité sera au rendez-vous, car André Robitaille n’a pas l’intention de changer une seule virgule du script original. «Tout le monde a son histoire avec Les Voisins. Moi, je suis un fan de cette écriture. J’ose faire une comparaison entre l’importance de Michel Tremblay à la littérature québécoise et de Meunier et Saïa à l’absurde et au comique», a-t-il expliqué.

Pour cette raison, le public aura droit à une réplique intacte, voire identique à la pièce présentée en 1980.

«On reprend le texte comme si c’était du Molière, c’est-à-dire qu’on n’y change rien. Je suis un maniaque, jusque dans la virgule. Le texte est trop bien écrit. L’écriture est efficace, les observations sont parfaites, les silences et les malaises sont bien placés, a rapporté un André Robitaille ivre d’admiration envers les auteurs. On est tous le voisin de quelqu’un et quand on jase, on remplit aussi les espaces par des banalités. Meunier et Saïa ont réussi à amener cela sur scène et à rendre ça drôle. C’est du génie d’écriture.»

Toutefois, Marie-Pierre Simoneau, directrice générale de la Maison des arts, n’a pas hésité à souligner que Monarque, la compagnie de production y a ajouté sa signature. «Monarque a tout de même amené un regard actuel. La production fait dans les détails, pensons au casting, aux éclairages et aux costumes. Le rendu est unique», a-t-elle ajouté.

Un duo qui voit grand

D’ailleurs, Monarque signera, pour un cinquième été, la production présentée en formule théâtre d’été à la Maison des arts. «Nous avons construit une belle relation de complicité au fil du temps. Selon moi, c’est ce qui explique le succès auprès du public», a admis André Robitaille, également producteur et directeur artistique chez Monarque.

Mme Simoneau et M. Robitaille ont confirmé qu’une entente les liait pour plusieurs années à venir, au grand plaisir du public. Selon eux, travailler ensemble est «un charme». «On se comprend si bien dans l’actualisation du théâtre d’été et la forme qu’on veut lui donner. Pour nous, c’est une chance inouïe de pouvoir présenter cette année un classique du théâtre québécois. Ça nous distingue à travers toute la province», a conclu Marie-Pierre Simoneau.

Marie-Pierre Simoneau et André Robitaille sont heureux de collaborer ensemble, pour une cinquième fois. (Photo : Ghyslain Bergeron)
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