Des séries aux antipodes pour Rodrigue et Morrone

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Par Jonathan Habashi
Des séries aux antipodes pour Rodrigue et Morrone
Anthony Morrone et Olivier Rodrigue célébrant après une victoire des Voltigeurs en séries. (Photo : Ghyslain Bergeron)

HOCKEY. Le prochain directeur général des Voltigeurs aura une importante décision à prendre lorsque viendra le temps d’identifier son homme de confiance devant le filet de l’équipe en vue de la prochaine saison. Olivier Rodrigue et Anthony Morrone sont conscients que l’un d’entre eux risque de poursuivre sa carrière sous d’autres cieux.

La situation devant la cage drummondvilloise a pris un tournant inattendu, le 6 mars dernier, lorsque Rodrigue a subi une blessure à l’aine dans une défaite contre le Drakkar. Au repos forcé pendant six semaines, le gardien numéro un des Rouges a vu Morrone prendre la relève de brillante façon pendant son absence.

Croisé lors du gala de fin de saison de l’organisation, mardi soir, à l’école La Poudrière, Rodrigue a dit sortir grandi de cette douloureuse expérience.

«C’était la première fois que j’étais blessé pour aussi longtemps. Moralement, c’était assez dur de voir les gars jouer sans pouvoir vivre les séries avec eux, mais j’ai appris de cet épisode. J’ai compris que la seule chose que je pouvais contrôler, c’était d’avoir une attitude positive avec les gars. Sans pouvoir les aider sur la glace, j’amenais peut-être quelque chose d’autre à l’équipe», a expliqué Rodrigue, qui se dit complètement rétabli de cette blessure.

Une fois disponible pour un retour au jeu, l’espoir des Oilers d’Edmonton a encaissé un autre coup dur lorsqu’il a vu ses entraîneurs lui préférer Morrone pour amorcer cinq des six duels face aux Mooseheads. «Comme n’importe qui, je veux toujours jouer, mais je suis un gars d’équipe avant tout. Peu importe la décision des coachs, je donne le meilleur de moi-même sur la glace ou sur le banc», a-t-il relativisé.

Malgré ces moments sombres, Rodrigue s’est toujours réjoui devant les succès de Morrone. «Je suis tellement content pour lui! Il a travaillé tellement fort pour en arriver là. Anthony, c’est un bon gars et un gros travaillant. Il a joué jusqu’au bout et il le méritait.»

N’ayant jamais caché leurs grandes ambitions, Rodrigue et ses coéquipiers gardent évidemment un goût amer de cette élimination. «En séries, tout peut arriver. Halifax a une excellente équipe. Ça a été une rude bataille jusqu’à la fin, mais on a parfois été malchanceux. La série n’a pas tourné de notre côté, mais on a quand même de quoi être fier. On a aussi quelque chose à apprendre de tout ça.»

Ayant éclipsé de vieux records d’équipe appartenant à Jean-François Racine et Vincent Riendeau, Rodrigue a émis le souhait de disputer une quatrième saison à Drummondville. À l’âge de 19 ans, le portier natif de Chicoutimi sera également un candidat logique pour un poste au sein d’Équipe Canada junior.

«Je me revois avec les Voltigeurs, mais ce ne sera pas ma décision. Quant à Équipe Canada, ça a été une déception pour moi de ne pas avoir été invité au camp de sélection, mais je vais arriver fin prêt au camp estival. Je vais avoir le couteau entre les dents pour faire ma place», a assuré le premier choix des Voltigeurs en 2016.

Morrone s’est fait un nom

Vite devenu l’un des favoris de la foule du Centre Marcel-Dionne grâce à son style batailleur et expressif devant le filet, Anthony Morrone s’est dit fier du chemin parcouru depuis qu’il a été acquis des Remparts, en décembre dernier. En plus de freiner la séquence historique des Huskies, le portier de 19 ans a signé les dix victoires des Voltigeurs en séries.

Anthony Morrone et Olivier Rodrigue. (Photo d’archives, Ghyslain Bergeron)

«Je suis un gars confiant en mes moyens, mais quand je suis arrivé à Drummond, je ne m’attendais pas à jouer 18 matchs de suite ni à performer autant. Il faut dire que j’avais une bonne équipe devant moi. Les gars ont super bien joué», a souligné le cerbère originaire des Basses-Laurentides, qui a rapidement gagné la confiance de ses coéquipiers et de ses entraîneurs.

«Je pense que les gars aiment mon attitude combative et mon entrain sur la glace. J’essaie de leur donner confiance, par exemple en allant leur parler après un arrêt. J’essaie de garder les choses simples et amusantes sur la glace. Je pense que ça aide.»

Avec sa franchise habituelle, Morrone a également exprimé sa reconnaissance envers Rodrigue. «Olivier, c’est l’un des meilleurs partenaires que j’ai eu de ma vie. Il a toujours été là pour moi. Il m’encourageait quand ça allait moins bien et il était le premier à me féliciter quand ça allait bien.»

Malgré son brio en séries, Morrone n’aura pas été en mesure de guider les Voltigeurs jusqu’en finale. «Il faut donner le crédit à Halifax. Défensivement, ils ne nous ont pas donné grand-chose. Leur gardien a super bien performé. Ce sont des petits détails qui se sont accumulés, comme l’indiscipline, et qui ont fini par nous coûter la série», a soulevé celui qui s’est forgé une moyenne de buts alloués de 2,27 ce printemps.

En début de saison, peu d’observateurs auraient parié que Morrone allait encore évoluer dans la LHJMQ à l’âge de 20 ans. Son jeu inspiré et sa constance au cours des dernières semaines ont toutefois donné un nouveau souffle à sa carrière.

«Je pense que j’ai fait ma marque. Je me suis fait un nom cette saison et je mérite d’être numéro un dans cette ligue l’an prochain. Je ne sais pas ce qui m’attend, mais je serai super heureux de revenir à Drummondville. C’est une organisation solide et les fans sont formidables», a conclu celui qui a fait ses débuts à l’âge de 18 ans en tant que simple agent libre invité par les Tigres.

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