La Ville de Drummondville va revoir la sécurité des jeux gonflables

La Ville de Drummondville va revoir la sécurité des jeux gonflables

Soufflé par le vent, le jeu gonflable s'est retrouvé dans la rivière Saint-François, dimanche dernier.

Crédit photo : Ghyslain Bergeron

DRUMMONDVILLE. Même si la firme Proludik dit qu’on n’y pouvait rien face un acte de Dame Nature, à la suite de l’envolée dramatique d’un jeu gonflable samedi au parc Sainte-Thérèse, la Ville de Drummondville prendra des mesures pour qu’une telle chose ne se produise plus.

«On ne veut pas revoir ça», affirme sans ambages Steven Watkins, directeur des services à la vie citoyenne de la Ville de Drummondville que L’Express a rencontré lundi.

«Est-ce qu’on doit aller plus loin au niveau de l’expertise de la sécurité? Nous allons nous pencher sérieusement là-dessus. Chose certaine, le module en question ne sera pas de retour l’an prochain. Il y a 300 autres modules de jeux gonflables, nous allons en choisir d’autres qui donnent moins de prise au vent. Et ils ne seront pas au même endroit, moins près de la rivière. On va se donner toutes les chances pour que ça ne se produise pas. Je sais pas si les ancrages doivent avoir deux pieds ou 10 pieds de profond, mais ce que je sais, c’est que ces jeux sont populaires pour les enfants et on va s’arranger pour bonifier la sécurité. Toute la question des structures gonflables sera étudiée», a-t-il déclaré avec conviction, en profitant pour préciser que tous les ancrages étaient bien faits, contrairement à la rumeur.

«Deux employés de la firme (Proludik) étaient sur place toute la journée, tout comme des employés de la Ville qui veillaient à contrôler l’accès aux jeux. Nous constatons comme tout le monde que les changements climatiques nous réservent des surprises, des coups de vent imprévisibles. Comme d’autres, j’ai vu des vidéos où des jeux gonflables s’envolent sous l’effet du vent. J’ai parlé avec tous les intéressés aujourd’hui (lundi), avec les témoins, et tous m’ont dit que les installations étaient faites dans les règles de l’art. Si quelque chose avait cloché, on l’aurait su et assez vite à part de ça. On ne peut pas pointer quelqu’un. La Sûreté du Québec a fait un rapport de l’événement et rien n’est ressorti de ça», a précisé Steven Watkins.

Imprévisible

L’Express s’est aussi entretenu avec André Lachance, propriétaire de Proludik, qui donne à entendre que son entreprise, qui tient plus de 1500 événements du genre chaque année, ne peut rien faire dans des conditions météorologiques aussi exceptionnelles.

«Il faisait beau, il n’y avait pas de vent et rien de particulier n’était annoncé au niveau de la météo. Mais soudain, une mini-tornade est arrivée, peut-être avec un vent de 120 ou 150 km/heure, et rien n’aurait résisté à ça. Même un toit de maison aurait été abîmé. Le corridor de vent est étroit dans ces circonstances. On ne peut rien faire contre ça. Nos employés sont formés pour bien installer ces structures», a-t-il tenu à faire savoir.

Il a ajouté que «ces structures pèsent plus de 600 livres lorsqu’elles sont pliées. Vous et moi aurions de la difficulté à les déplacer. Mais, une fois gonflées, elles semblent légères mais ça prend une méchante bourrasque pour les arracher. Moi, je peux vous dire que c’est la première fois que j’entends ça. Quand le vent atteint les 40 km/heure, on ne les installe pas. Samedi dernier, tout était conforme. Même l’enquête de la SQ l’a démontré».

André Lachance a indiqué qu’il écarte toute négligence de son entreprise dans cet événement.

Pour le moment, aucune plainte n’a été déposée.

La jeune surveillante Rosalie Sauvageau, qui a subi des blessures en allant chercher un enfant qui ne voulait pas redescendre, est une étudiante employée de la Ville durant l’été. Elle reprendra du service lorsqu’elle sera complètement rétablie. «Elle est venue nous voir ce matin et sa situation est considérée comme étant un accident de travail. Elle a réussi vraiment un geste de bravoure», s’est dit d’avis Steven Watkins.