Terrain d’Hydro-Québec : développement inquiétant (Tribune libre)

Terrain d’Hydro-Québec : développement inquiétant (Tribune libre)
Lettre aux lecteurs (Photo : Illustration, L'Express)

Il y a quelques mois, Hydro-Québec mettait en vente un terrain situé à l’angle nord-ouest de l’intersection du chemin du Golf Ouest et du boulevard Patrick. Ce terrain est occupé par une vieille forêt. Il est en partie couvert de sols humides ou inondés, ce qui en fait un milieu particulièrement riche par la diversité de sa flore et de sa faune.

Le 28 décembre 2018 paraissait dans L’Express un article proposant l’achat du terrain par la Ville de Drummondville. Cet article donnait suite à l’intervention d’un citoyen, monsieur Jasmin Roy, se disant inquiet de voir la forêt être rasée au profit d’un investisseur. Monsieur le maire Cusson a répondu dans L’Express du 15 janvier en soulignant que la forêt se situait en zone verte et qu’il n’y avait donc pas de danger pour celle-ci. Le maire assurait même qu’il voulait faire en sorte que le boisé acquière la certification de réserve naturelle, à l’instar du Boisé de la Marconi.

J’ai donc été surpris de constater récemment qu’une entreprise de construction annonçait sur son site Web la mise en vente, a des fins résidentielles, de neuf lots situés du long du chemin du Golf, entre le boulevard Patrick et la rue Picotin, et faisant partie de la propriété mise en vente par Hydro.

J’ose espérer que ces lots correspondent à une partie dite déstructurée et préexistante du terrain d’Hydro. Je m’inquiète pourtant de la suite des choses.

D’une part, avec la construction de résidences sur les lots, beaucoup de beaux arbres seront inévitablement sacrifiés.

D’autre part, malgré la volonté affirmée de la Ville à répondre aux préoccupations environnementales de plus en plus fortes de ses citoyens, il faut demeurer conscient du pouvoir de l’argent et de l’appât du gain. Les pressions seront fortes sur les autorités concernées pour agrandir ou copier le projet en cours. La population augmente rapidement et le terrain est tout près de l’autoroute, des centres d’achat et du club de golf. Il y a donc urgence qu’une certification de réserve naturelle soit obtenue pour préserver durablement ce qui reste.

La création de cette réserve serait cohérente avec l’orientation stratégique de la Ville de Protéger et mettre en valeur les milieux naturels, humides et aquatiques de son territoire. La réserve pourrait aussi :

  • s’intégrer à la Forêt Drummond et au futur Parc naturel régional;
  • s’inscrire dans le Chantier de mise en valeur et de développement du corridor de la Saint-François;
  • comporter un tronçon de la Route verte;
  • permettre a Hydro-Québec de prouver qu’elle ne pense pas qu’à l’argent;
  • montrer au reste du Québec que Capitale du développement ne va pas toujours de pair avec Capitale du déboisement.

Un développement inquiétant deviendrait ainsi une entreprise profitable pour toute la population.

François Nichols, Drummondville

 

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