Le Centre-du-Québec, région vulnérable aux tiques

Par Cynthia Martel
Le Centre-du-Québec, région vulnérable aux tiques
(Photo archives) (Photo : Depositphotos)

SANTÉ. Le Centre-du-Québec, incluant Drummondville, est l’une des quatre régions de la province où le risque de contracter la maladie de Lyme est plus élevé.

Le nombre de personnes atteintes de cette maladie pouvant entraîner de graves conséquences ne cesse d’augmenter au Québec. Selon l’Institut national de santé publique du Québec, 179 cas ont été rapportés en 2016, comparativement à 160 en 2015.

La tique qui transmet la maladie de Lyme est connue sous le nom de tique à pattes noires. Elle vit plus particulièrement dans les forêts, les boisés et les herbes hautes. Comme les populations de tiques s’étendent, il est toutefois possible de se faire piquer ailleurs que dans ces lieux.

Pour quelles raisons observe-t-on une présence accrue de populations de tiques infectées par le Borrelia burgdorferile au Centre-du-Québec? Le Dr Nicholas H. Ogden, vétérinaire spécialisé en écologie des maladies infectieuses, particulièrement la maladie de Lyme, explique pourquoi.

«La maladie de Lyme a émergé vers 1978 dans la ville de Lyme au Connecticut, aux États-Unis, après qu’on ait observé plusieurs cas d’arthrite chez les enfants. Depuis ce temps, l’étendue géographique de la tique est de plus en plus importante. (…) Étant donné que le Centre-du-Québec est limitrophe avec l’Estrie et la Montérégie, d’autres zones à risque et se situant sur les frontières américaines, les tiques sont plus nombreuses», indique celui qui parle au nom de l’Agence de la santé publique du Canada.

«Les tiques aiment les régions plus chaudes, donc le réchauffement climatique au Québec a contribué à leur prolifération. Le sud du Canada est devenu un environnement propice à la reproduction de la tique. Aussi, de plus en plus d’oiseaux migrateurs en transportent.»

Au dire de M. Ogden, la tique à pattes noires n’a pas fini de gagner du terrain.

«Son cycle de vie est entre trois et cinq ans et elles se reproduisent beaucoup.»

De graves conséquences sur la santé

En cas de morsure sur une personne, la tique reste accrochée à la peau. Si l’insecte n’est pas retiré dans les 24 à 36 heures, le risque d’infection s’accroit, d’après le vétérinaire.

«Dans la plupart des cas, on parvient à prévenir l’infection. C’est que la bactérie, qui se retrouve dans l’estomac de la tique, prend une certaine période à se rendre aux glandes salivaires de l’insecte, généralement, au-delà de 36 heures», précise-t-il, en rappelant qu’il faut utiliser des pinces pour retirer la tique et prendre soin de ne pas l’écraser.

En ce qui a trait aux symptômes, les premiers apparaissent habituellement entre 3 à 30 jours après la piqûre. Le symptôme le plus courant est une rougeur sur la peau, à l’endroit de la piqûre, qui peut parfois être accompagné de fièvre, fatigue, maux de tête, raideur à la nuque ou douleurs musculaires. La maladie de Lyme, fait savoir M. Ogden, se traite avec des antibiotiques prescrits par un médecin. Si elle n’est pas traitée, elle peut atteindre d’autres organes ou parties du corps.

«Des problèmes d’ordre neurologique surviennent et peuvent entraîner, par exemple, la méningite. Des nerfs peuvent aussi paralyser. D’autres personnes peuvent souffrir de problèmes cardiaques ou de douleurs articulaires, comme l’arthrite. Ceci dit, il est très rare qu’on va en mourir», souligne-t-il.

Notons qu’il est préférable de préserver la tique, une fois retirée, pour analyse. Lors de la consultation, le professionnel de la santé demandera quelle partie du corps a été touchée, quand et où cela s’est produit.

 

Comment se protéger?

Voici quelques trucs pour diminuer le risque d’être piqué par une tique à pattes noires :

  • Appliquer un chasse-moustique contenant du DEET;
  • Porter des vêtements longs de couleurs claires et des souliers fermés;
  • Marcher, si possible, dans les sentiers dégagés;
  • Au retour d’une activité extérieure, vérifier la peau;
  • Traiter les animaux domestiques allant à l’extérieur avec des acaricides oraux ou topiques (comme recommandé par le vétérinaire).
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