Vaste élan de générosité dans les banques alimentaires

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Par Cynthia Martel
Vaste élan de générosité dans les banques alimentaires
Une dizaine d’employés de la Ville de Drummondville viennent pratiquement chaque jour aider l'équipe du Comptoir alimentaire, de même que des préventionnistes du Service de sécurité incendie et sécurité civile de Drummondville. (Photo : Gracieuseté)

CORONAVIRUS. Si les ressources en aide alimentaire de la région bénéficient actuellement d’un généreux élan de solidarité de la part de diverses entreprises, les aidant ainsi à répondre adéquatement à la demande, elles craignent toutefois de ne pas être en mesure de remplir entièrement leur mission à long terme.  

Environ 60 familles de plus ont fait appel au Comptoir alimentaire Drummond durant les deux dernières semaines de mars. L’organisme est venu en aide à 646 ménages au cours de ce mois, lesquels se sont partagé 1417 dépannages.

«Je pense bien que le nombre de nouvelles demandes va doubler en avril, mais c’est difficile à prévoir», fait savoir Nathalie Belletête, directrice générale du Comptoir alimentaire Drummond.

L’organisme a assoupli ces critères de demandes. En fait, toutes les personnes seules et tous les ménages étant en attente de revenus, ayant connu une baisse drastique de leur salaire ou pour lesquels la situation actuelle engendre des frais supplémentaires pour différentes raisons peuvent envoyer une requête au Comptoir alimentaire.

«Il ne faut pas que les gens hésitent à nous téléphoner. Une évaluation sera faite. Nous ne demandons pas de références, comme à l’habitude. On est là pour eux», tient à souligner Mme Belletête.

Pour l’instant, le succès des services de l’organisme passe par la précieuse aide de dizaines de bénévoles et d’employés municipaux et d’entreprises.

«On reçoit énormément d’aide pour le moment. Une dizaine d’employés de la Ville viennent pratiquement chaque jour de même que des préventionnistes. Des employés de l’organisme La Piaule ont également prêté main-forte», indique la directrice générale, précisant que toutes les mesures nécessaires sont suivies à la lettre, dont la distanciation sociale.

«Je sens présentement un grand élan de solidarité, mais il risque de s’essouffler pour différentes raisons. Le long terme m’inquiète. Les sous reçus via le fonds d’urgence de Centraide nous aident à couvrir en grande partie les frais reliés à l’achat de denrées pour les deux prochains mois. D’autres formes de soutien s’en viennent également, mais la réserve d’aliments et de produits que nous avons récoltés lors de la Guignolée baisse aussi», affirme-t-elle.

De nombreux achats de denrées, tels que viande, œufs, lait et légumes frais ont dû être effectués pour pallier le manque d’aliments disponibles face à la hausse des demandes.

«Nos dépannages offerts sont suffisants pour alimenter le ménage durant deux semaines. Habituellement, les gens viennent chaque semaine, mais nous avons changé la façon de faire pour réduire les déplacements», indique Mme Belletête.

Soulignons que l’organisme accepte toujours les dons monétaires par la poste ou en ligne.

Tablée populaire

Tout comme Mme Belletête, la directrice de la Tablée populaire, Rachel Bissonnette, se dit actuellement «confortable» pour assurer les prochaines semaines, mais craint l’impact du long terme.

«Ça se passe quand même bien présentement, mais considérant que certaines activités de financement, dont la principale, la Loto-maison, sont annulées ou en suspens, il faut que je voie comment je peux pallier ça. Par exemple, la Loto-maison est presque finie, est-ce qu’on la reporte à l’automne ou on fait cela en ligne?», se questionne-t-elle.

Depuis la mi-mars, la Tablée populaire fait quotidiennement la distribution de repas, entre 12 h et 13 h. Ce sont 5000 repas par semaine qui y sont préparés. Une partie est distribuée dans des organismes. Tout porte à croire que ce nombre augmentera considérablement dans les prochaines semaines alors que le téléphone continue de sonner.

Depuis lundi, la livraison à domicile est également offerte.

«Des entreprises ont gentiment embarqué avec nous. La Sûreté du Québec va également s’impliquer. Le principe est simple : on cogne et on dépose les repas sur le balcon», laisse entendre Mme Bissonnette, ajoutant qu’elle est en train de voir avec les municipalités les possibilités d’aménager des points de chute pour les repas.

La générosité se traduit également par des dons d’aliments.

«Aliments Trans gras nous fournit des légumes congelés, Saint-Hubert nous ont offert des poulets entiers congelés et la Cabane à sucre Chez Ti-père de la soupe aux pois et des « beans ». Jusqu’à maintenant, il y a tout le temps quelqu’un qui nous appelle et vient nous sauver. La communauté est aussi présente qu’à l’habitude, même si elle est en besoin. On ne peut qu’être reconnaissant», conclut la directrice générale de la Tablée populaire.

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