Gestionnaires en CHSLD : «Les bras n’étaient pas au rendez-vous»

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Par Cynthia Martel
Gestionnaires en CHSLD : «Les bras n’étaient pas au rendez-vous»
Le Centre Frederick-George-Heriot (Photo : Archives Ghyslain Bergeron)

SANTÉ. Les préposés aux bénéficiaires en CHSLD devraient avoir de l’aide de leurs gestionnaires ce week-end, contrairement à la semaine dernière, selon le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec.

Il y a deux semaines, à la demande du syndicat, le CIUSSS a déployé «une mesure exceptionnelle» en envoyant des gestionnaires dans les 27 CHSLD de la région pour prêter main-forte aux travailleurs à bout de souffle devant composer avec des taux d’absence critique.

Ainsi, le week-end dernier, comme prévu, des gestionnaires se sont rendus sur le terrain. Un bilan de la situation a été fait en début de semaine permettant d’identifier que la situation était plus critique du côté des préposés aux bénéficiaires (PAB) par manque de soutien.

«L’ensemble de nos membres était unanime : les bras n’étaient pas au rendez-vous pour les soins (…) Pourtant, il y a beaucoup de cadres cliniques, donc je ne verrais pas pourquoi on n’aurait pas une aide acceptable», fait valoir Pascal Bastarache, président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers du CIUSSS MCQ.

Le CIUSSS reconnaît que l’accent doit être davantage mis sur les PAB.

«Lors de la rencontre de suivi, on s’est rendu compte finalement que les gens sur le plancher n’ont pas nécessairement besoin de l’aide des gestionnaires pour la planification de travail, mais plutôt plus de bras pour soigner les usagers», indique Julie Michaud, agente d’information au CIUSSS MCQ.

«Au niveau de la gestion du travail, on a noté que certains CHSLD ont besoin d’aide tandis que d’autres s’organisent bien. On a décidé que pour ce week-end, certains gestionnaires seront disponibles, au besoin, pour soutenir les coordonnateurs», ajoute-t-elle.

M. Bastarache affirme être très satisfait de la mesure déployée par le CIUSSS et que les PAB seront la priorité ce week-end, mais juge néanmoins qu’il reste encore beaucoup d’ajustements et d’efforts à faire. Il souhaite également que certaines pistes de solution déjà proposées soient réévaluées par la direction.

«À Drummondville, par exemple, c’est commun que les employés travaillent en double ou en triple à cause du manque de personnel. On avait alors suggéré que l’employeur donne l’équivalent du temps double aux salariés de fin de semaine lorsqu’on se retrouve en pénurie, mais le CIUSSS n’a pas accepté. La raison c’est que ça coûterait trop cher et que le ministère n’autorise pas ce genre de mesure. D’abord, lorsque des employés n’entrent pas, ils n’ont pas de salaire, donc le CIUSSS pourrait récupérer ces sous. Deuxièmement, on a su que ça se fait ailleurs. On est en train de faire des vérifications. Cette mesure n’est pas la solution à la pénurie de main-d’œuvre, mais une simple reconnaissance comme celle-ci fait du bien aux employés qui continuent, malgré la situation, à donner leur 200 %», précise-t-il.

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