Au départ, un projet «flyé»

Au départ, un projet «flyé»

Laval Carrier et André Béliveau

CYCLISME. Dix ans après son inauguration officielle, la Route verte ne cesse d’évoluer afin de faire face aux nouveaux défis qui s’offrent à elle.  

Si elle a été inaugurée officiellement en 2007, le tronçon de la Route verte passant par la MRC de Drummond, entre Wickham et Saint-Pie-de-Guire, est accessible aux cyclistes depuis 2001. Pas moins de 58 km sont offerts aux amateurs, et cela ne cesse de se développer.

André Béliveau, actuel président de Réseaux plein air et de Parc Aventure Drummond, ainsi que son équipe de bénévoles se sont impliqués dès les années 1990 pour que la Route verte passe par Drummondville. «Dans ce temps-là, le vélo n’était pas populaire comme aujourd’hui. Ça n’a pas été long que je me suis rendu compte que la Route verte ne disait rien à personne», se remémore-t-il avec un petit rire. Rappelons qu’au départ, le tronçon reliant Waterloo à Trois-Rivières (en passant par Drummondville) n’était pas prévu dans le plan. 

Et les défis qui se sont imposés au cours de l’élaboration du projet ? «As-tu beaucoup de temps ?», sourit M.Béliveau, avant d’enchaîner : «Ici, dans Drummondville, c’était de faire en sorte que les gens se rendent compte qu’investir de l’argent pour faire du bicycle, ça en valait la chandelle. On était considérés comme des rêveurs, des  »flyés », à l’époque.» Un autre aspect moins évident était de trouver quelqu’un de connu qui accepte de se lier à la Route verte, afin de donner de la crédibilité et, par la bande, d’inciter les commanditaires à donner des fonds. Le premier partenaire majeur a été la Denim Swift, qui a accepté de financer la piste cyclable à hauteur de 30 000 $.

Et André Béliveau en a vu de toutes les couleurs, avec son équipe de bénévoles. Il se souvient entre autres qu’à la veille du début des travaux afin d’aménager le corridor reliant Wickham à Drummondville, un des propriétaires terriens l’a contacté parce qu’il ne souhaitait plus signer de droits de passage. «Ça faisait quatre ou cinq mois qu’on travaillait là-dessus…» Ils ont donc dû faire des détours au sein de la municipalité. Tout récemment, ils ont réussi à bâtir le tronçon qu’ils avaient imaginé il y a vingt ans, et la piste cyclable qui avait servi jusque-là à la Route verte est passée aux mains du village.

Des hauts et des bas

Le budget total demandé par l’équipe de bénévoles pour tous les circuits cyclables au sein de la MRC de Drummond était de 6,5 millions $. «Tout le monde est tombé à terre, ça a pris une bonne demi-heure pour les réanimer», lance à la blague André Béliveau. Celui alloué uniquement à la Route verte se chiffrait plutôt entre un et deux millions.

Par année, la Route verte drummondvilloise coûte environ 250 000$ à entretenir. Sauf qu’en 2014, peu de temps après l’élection du gouvernement Couillard, les choses ont failli mal tourner pour la piste cyclable… «Le programme d’entretien de la Route verte a été aboli à l’automne 2014. Ça a été un des plus gros défis qu’on a eu à affronter depuis la création de Réseaux plein air. 50 000 $ de moins d’un coup, ça paraît… », se souvient le directeur général de Réseaux plein air et de Parc Aventure Drummond, Laval Carrier, en précisant qu’une pétition réunissant pas moins de 48 000 noms a été déposée à l’Assemblée nationale le printemps suivant, permettant de récupérer les fonds. Et en attendant la remise sur pied de ce programme, c’est la MRC de Drummond qui a offert une subvention ponctuelle afin de pallier au manque de fonds.

«On l’a souvent tenu à bout de bras, ce projet-là.»