Des professeurs sans diplôme à la CSDC

Des professeurs sans diplôme à la CSDC
À la CSDC, plus d’une dizaine de professeurs n’ont pas de diplôme en enseignement. (Photo : Unsplash)

ÉDUCATION. La Commission scolaire des Chênes (CSDC) a offert une dizaine de tâches contractuelles à des professeurs qui n’ont pas de formation en enseignement. Même si cette pratique n’est pas nouvelle, on compte davantage de professeurs avec ce statut particulier cette année.

«Dans certains domaines où la pénurie d’enseignants est plus importante, on fait appel à des personnes qui, grâce à leur expérience professionnelle ou leur scolarité, sont en mesure d’enseigner», explique Daniel Dumaine, directeur du service des ressources humaines.

Il peut s’agir des futurs enseignants, donc d’étudiants universitaires, ou de personnes qui ont des formations dans un domaine particulier. «Par exemple, un professeur de musique peut avoir un bac en interprétation musicale ou encore un prof en science peut avoir un diplôme en biologie. On a aussi des bacheliers en histoire qui enseigne cette matière», souligne M. Dumaine.

La CSDC soutient que ces enseignants sont légalement qualifiés pour le travail. «On demande au ministère de l’Éducation des tolérances d’engagement, ce qui nous permet de les embaucher», ajoute le directeur du service des ressources humaines.

Du soutien professionnel

La CSDC s’assure de soutenir avec une attention particulière les professeurs qui n’ont pas de diplôme en enseignement. «Les conseillers pédagogiques travaillent avec eux pour l’aspect pédagogie. Également, les directions des écoles ainsi que les collègues peuvent agir comme mentor pour s’assurer que ces gens ne sont pas laissés à eux-mêmes», fait savoir Daniel Dumaine.

Jusqu’à présent, la CSDC est satisfaite des résultats. «Si on avait un nombre suffisant de bacheliers en enseignement, c’est clair qu’on privilégierait ces gens. Malgré tout, notre façon de procéder donne des résultats positifs», est d’avis M. Dumaine.

Les matières comme l’anglais, la musique ainsi que le français au niveau secondaire sont celles où l’on retrouve le plus d’enseignants sans diplôme.

Le syndicat de l’enseignement en accord

Selon le Syndicat de l’enseignement de la région de Drummondville (SERD), cette mesure prise par la CSDC est nécessaire. «On vit une pénurie de personnel et ça prend quelqu’un dans la classe», laisse tomber Guy Veillette, président.

«Lorsqu’une personne sans diplôme obtient un contrat d’enseignement, on surveille afin qu’il n’y ait pas un professeur qualifié et disponible sur la liste d’attente», assure le président du SERD.

Guy Veillette considère que de donner des contrats à des professeurs sans diplôme est une mesure de «dernier recours», dans le contexte actuel de pénurie de main d’œuvre.

D’après lui, la CSDC devrait se concentrer sur deux choses afin d’améliorer la pénurie de main d’œuvre: de meilleurs salaires et de bonnes conditions de travail. «Les jeunes vont de moins en moins en enseignement à l’université. Et c’est normal en sachant qu’ils n’auront pas un salaire intéressant ni de bonnes conditions de travail en sortant de l’école», conclut-il.

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