Les alternatives à l’urgence

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Par Cynthia Martel
Les alternatives à l’urgence
L'urgence de l'hôpital Sainte-Croix. (Photo d'archives, Ghyslain Bergeron) (Photo : L'Express- Archives)

SANTÉ. Comme chaque année, l’urgence de l’Hôpital Sainte-Croix débordera en raison de la transmission de virus hivernaux, une réalité à laquelle on n’échappe pas. Plusieurs personnes ont encore le réflexe de s’y rendre pour une infection mineure et, pourtant, il existe bien d’autres alternatives de consultation, souligne le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec.

En moyenne, 60 % des visites à l’urgence concernent des problèmes non urgents ou semi-urgents, alors que les patients auraient pu consulter ailleurs.

«L’urgence est un réflexe bien ancré chez les gens», laisse entendre Nathalie Boisvert, directrice des services ambulatoires et des soins critiques.

Celle-ci explique brièvement les raisons pour lesquelles nous faisons face aux phénomènes chroniques d’engorgement dans les urgences.

«L’hôpital, c’est des vases communicants qui se rejoignent. En période hivernale, les gens restent plus longtemps et on doit en isoler beaucoup, donc ça a des impacts sur la désinfection des lits qui prend plus de temps à faire. Pendant ce temps, le nombre de patients couchés sur civière augmente, car les lits ne sont pas prêts, l’attente est plus longue et ainsi de suite, la boule de neige grossit. Ce n’est pas un dysfonctionnement de l’urgence, c’est plutôt le réseau qui a de la difficulté à faire face à cette période difficile», précise-t-elle.

«D’où l’importance d’informer les gens de consulter au bon moment dans leur épisode de virus et au bon endroit, surtout. Mais en revanche, il ne faut pas attendre trop longtemps au point d’être tellement malade que la seule option qui reste, c’est l’urgence», conseille-t-elle.

Pour éviter l’attente à l’urgence, la principale solution est le médecin de famille. Actuellement, 91 % des citoyens de la MRC de Drummond ont accès à un omnipraticien.

La plupart des cliniques médicales sont ouvertes la fin de semaine et certains soirs en semaine.

«Un truc que je peux donner, c’est que si la mini-urgence est pleine lorsque vous téléphonez à votre clinique, tentez de rappeler durant la journée et demandez les disponibilités à très court terme de votre médecin. De plus en plus, les omnipraticiens s’organisent pour être davantage disponibles dans les 24 h à 48 h après l’appel du patient. Aussi, si votre cas n’est pas urgent et que vous pouvez attendre vers la fin de la semaine, c’est encore mieux. J’ai remarqué que l’horaire des médecins se remplit moins les jeudis et vendredis», fait savoir Mathieu Larrivée, médecin de famille à Drummondville.

«Aussi, je tiens à préciser que ce n’est pas vrai que les patients recevront plus vite leurs résultats de tests à l’urgence. Les médecins de famille ont accès aux mêmes plateaux techniques».

Soulignons que pour la période hivernale, soit jusqu’au 31 mars, la majorité des cliniques médicales ont augmenté les plages de rendez-vous de dernière minute.

Par ailleurs, pour les patients orphelins, indique M. Larrivée, ils peuvent se référer en tout temps à la Clinique médicale ambulatoire de Drummondville, ouverte sept jours sur sept.

D’autres ressources

Deux autres ressources s’offrent également aux citoyens : la ligne Info-santé au 811 et le pharmacien.

Téléphoner à Info-santé permet de rejoindre un professionnel en cas de problème non urgent, 24 heures par jour, 7 jours par semaine. Selon les données du CIUSSS, moins d’une personne sur cinq qui compose le 811 est référée vers l’urgence et dans près de 50 % des appels, les conseils fournis permettent de se soigner à la maison sans avoir consulté.

Par ailleurs, les gens ne devraient pas hésiter à consulter un pharmacien, celui-ci étant très accessible et pouvant faire épargner beaucoup de temps d’attente.

En plus de conseiller sur la prise de médicament, ce professionnel est aussi en mesure de prolonger une ordonnance; prescrire un médicament lorsqu’aucun diagnostic n’est requis; ajuster une ordonnance et administrer un médicament afin d’en démontrer l’usage approprié, pour ne nommer que ces actes.

«Il peut aussi prendre la tension artérielle. Les gens sous-estiment ce que les pharmaciens sont capables de faire. Depuis l’entrée en vigueur de la Loi 41 en juin 2015, on a plus de latitude et ces actes seront élargis avec la prochaine Loi 31», laisse entendre Martin Rajotte, pharmacien hospitalier et président du comité régional sur les services pharmaceutiques.

Selon une étude sur l’impact des consultations en pharmacie au Québec réalisée par des chercheurs du CIRANO et du CRCHUM, sur 12 millions de consultations, 77% du temps, les conseils prodigués ont évité l’utilisation d’une autre ressource du système et 93 % des gens étaient satisfaits.

Enfin, à l’aube de la période des Fêtes, le CIUSSS MCQ souhaite faire connaître la page web maladeenhiver.ca afin de bien outiller la population face aux virus d’hiver.

«Bref, l’urgence ne devrait pas être la porte d’entrée systématique pour tous les cas, mais plutôt celle pour les cas urgents», soutient le Dr Larrivée.

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