L’histoire de Drummondville derrière la lentille de Henri Desaulniers

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Par Erika Aubin
L’histoire de Drummondville derrière la lentille de Henri Desaulniers
Henri Desaulniers devant l’espace permanent qui porte son nom au Musée national de la photographie. (Photo : Erika Aubin)

PHOTOGRAPHIE. Pendant de nombreuses années, Henri Desaulniers a travaillé comme photographe de presse pour La Parole et le journal L’Express. Le Musée national de la photographie (MNP) a dédié son premier espace permanent en l’honneur de celui qui a longtemps fait partie du portrait de l’actualité drummondvilloise.

La diffusion historique est un élément important pour les gestionnaires du MNP, tellement qu’ils ont décidé de créer des espaces permanents qui seront dédiés à d’anciens photographes. Le premier espace, situé au sous-sol de la bâtisse, à être inauguré est celui de Henri Desaulniers.

«Plusieurs studios ont disparu et ils sont rapidement tombés dans l’ombre. J’ai ici une chance de laisser en héritage ma contribution à la Ville de Drummondville. Ça me fait chaud au cœur de voir que mon travail est reconnu par mes pairs», raconte Henri Desaulniers, qui a vu pour la toute première fois le 27 juin dernier l’espace permanent qui porte son nom.

Du même coup, M. Desaulniers a légué au MNP plusieurs appareils, des lentilles, des clichés et d’autres équipements de sa collection personnelle.

Une drôle de carrière

Henri Desaulniers a obtenu un diplôme en 1969 en photographie à l’École technique de Trois-Rivières. Après quelque temps à travailler à la finition de photos dans une chambre noire, il a été employé par le notoire photojournaliste Pierre Dozois.

Peu de temps après, M. Desaulniers a ouvert son propre studio. «J’en voulais plus, j’avais envie de voler de mes propres ailes», fait-il savoir. Il a immortalisé de nombreux mariages grâce à ses photos.

De fil en aiguille, le photographe a décroché des contrats pour La Parole, un hebdomadaire qui était distribué à Drummondville jusqu’en 2006, puis pour le journal L’Express. «Je prenais des photos des conférences de presse et des faits divers. Quand un feu éclatait, que ce soit en pleine journée ou à 3 h du matin, j’y allais», rapporte le photojournaliste.

Il se souvient d’une tornade, survenue dans les années 1970 à Saint-Bonaventure, qui a causé plusieurs décès. «Je me souviendrai toujours que c’était un jeudi, car on était en heure de tombée au journal et ça avait tout bouleversé. J’étais en début de carrière et les policiers ne voulaient pas me laisser passer sur la scène; ils ne me connaissaient pas à cette époque. Tout qu’un baptême pour ma carrière!», se remémore Henri Desaulniers.

Un an après la création de L’Express, M. Desaulniers, avec trois partenaires d’affaires, en a fait l’acquisition. Il a finalement pris sa retraite en 2007. «J’ai vraiment eu une drôle de carrière», évoque-t-il en faisant référence à tout ce qu’il a accompli d’un point de vue professionnel.

Derrière sa lentille, l’artiste s’est retrouvé à devoir faire face à de nombreux changements à travers les années. C’est que les appareils photo ont beaucoup évolué depuis ses débuts. «Je n’ai pas honte de le dire, mais j’ai trouvé cela difficile de passer de l’argentique, une ancienne technique de développement de l’image, au numérique. Les réglages des appareils sont bien différents maintenant», a-t-il fait savoir. Il se souvient encore de l’époque où une fois un film terminé, il devait aller le développer dans son studio avant de finalement remettre les photos à qui de droit.

Même s’il est retraité, Henri Desaulniers n’a toutefois jamais délaissé son appareil photo. Sa nouvelle passion : photographier les animaux, et plus particulièrement les oiseaux.

«Au début de ma carrière, je voulais travailler dans le bois, mais je n’aurais jamais été à la maison et pour moi la famille était plus importante que tout. Donc, aujourd’hui je reprends une vieille passion», souligne-t-il. D’ailleurs, sa femme et lui reviennent tout juste d’un voyage en Afrique du Sud où ils ont pu s’exercer à tirer des portraits d’animaux plus exotiques les uns que les autres.

L’espace se situe au sous-sol du Musée national de la photographie.
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