«Je me suis senti ignoré, jugé et même stigmatisé» – Jérémy Fontaine

Photo de Erika Aubin
Par Erika Aubin
«Je me suis senti ignoré, jugé et même stigmatisé» – Jérémy Fontaine
Jérémy Fontaine s’est installé près du balcon d’un dépanneur, à Drummondville.   (Photo : Gracieuseté de Philippe Gagnon-Tessier)

ITINÉRANCE. Trois garçons, des étudiants en techniques d’intervention en délinquance ont aussi participé à l’expérimentation qui consistait à vivre comme un itinérant pour quelques heures. Pendant leur observation, ils ont fait face à beaucoup d’ignorance par la population.

Les trois étudiants du Cégep de Drummondville ont décidé de déguiser un seul membre de leur équipe en itinérant, Jérémy Fontaine. Pendant l’expérience, les deux autres garçons, Philippe Gagnon-Tessier et Philippe Fournier-Parent, agissaient à titre d’observateurs. Ils se sont tenus près de leur collègue et faisaient semblant d’attendre un ami, tout en pratiquant leurs figures de planche à roulettes.

«C’est une expérience troublante, je me suis rendu compte que personne ne souriait ou ne saluait «l’itinérant». À l’inverse, certaines personnes sont venues nous parler, juste pour discuter», raconte M. Gagnon-Tessier. Ils s’étaient installés près d’un dépanneur en espérant que les clients pensent à acheter un petit quelque chose à celui qui jouait le rôle d’un sans-abri.

«Je me suis senti ignoré, jugé et même stigmatisé. Les gens, de par leur non verbal, faisaient tout pour m’ignorer soit en regardant leur cellulaire ou en détournant volontairement leur regard. Certains s’éloignaient même de moi avec dédain», a raconté M. Fontaine qui a joué le rôle de l’itinérant.

Selon Habit-Action, 78 % de leurs résidents sont des hommes et selon un rapport de recherche de l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance, ce sont aussi des hommes qui se retrouvent le plus souvent sans logement pendant une période indéterminée. Puis, d’après les observations faites par les étudiants en techniques d’intervention en délinquance, ce sont les femmes itinérantes qui ont été mieux accueillies par la population drummondvilloise. Lors de l’expérience, qui avait lieu entre 19 h et 22 h, Jérémy Fontaine, dans son rôle de sans-abri, s’est fait aigrement ignorer par les passants. Est-ce que les femmes qui vivent une situation d’itinérance attirent plus la sympathie de la société?

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