René Corbet n’a rien perdu de sa touche magique

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Par Jonathan Habashi
René Corbet n’a rien perdu de sa touche magique

René Corbet a fait vibrer les partisans des Voltigeurs de Drummondville pendant trois saisons, entre 1990 et 1993. Vingt ans plus tard, il n’a rien perdu de sa touche magique. Le nouveau retraité a une fois de plus fait résonner les murs du Centre Marcel-Dionne quand son chandail numéro 25 a été retiré par l’organisation, samedi soir.

Durant une cérémonie à la fois sobre et touchante précédant le match contre les Olympiques de Gatineau, les partisans drummondvillois ont réservé un bel accueil à celui qui a fracassé 18 records de concession. Entouré de sa famille, Corbet a notamment pu revoir les meilleurs moments de sa carrière grâce à un montage vidéo. Une toile de l’artiste Robert Roy lui a également été remise afin de commémorer son impact dans l’histoire de l’équipe.

«Quand les Voltigeurs m’ont contacté il y a déjà quelques années, j’étais à la fois surpris et content. Comme je jouais alors en Europe, c’était impossible de me déplacer à Drummondville. Le jour où j’ai pris ma retraite, j’ai rappelé les Voltigeurs. C’est un beau hasard que le retrait de mon chandail tombe pendant le 30e anniversaire de l’équipe», a raconté René Corbet dans une entrevue accordée au journalexpress.ca.

«C’est un grand honneur, un peu comme la cerise sur le sundae de ma carrière», a poursuivi celui qui est natif de Saint-Hyacinthe.

Plusieurs anciens coéquipiers de Corbet ont assisté à la soirée, dont Guy Lehoux, avec qui il a gardé contact au fil des ans, ainsi qu’Éric Plante, Joseph Napolitano, Martin Charrois et Dave Whittom. Son inséparable compagnon de trio de l’époque, Ian Laperrière, ainsi que Patrick Roy, qu’il a côtoyé au Colorado, lui ont également livré un message via une vidéo diffusée sur les écrans géants.

«Ça m’a rappelé de bons souvenirs. J’ai passé des moments inoubliables à Drummondville. Atteindre le tournoi de la Coupe Memorial dès sa première saison, c’est quelque chose qui ne s’oublie pas. On avait connu de très bonnes séries et un bon tournoi, mais j’avais toutefois vécu une déception en ratant la finale en raison d’une fracture à un pied», s’est souvenu Corbet, qui rejoint Steve Duchesne, Ian Laperrière, Steve Chartrand, Daniel Brière et Denis Gauthier parmi les immortels des Voltigeurs.

Avant le match, Corbet a fait un saut dans le vestiaire des Voltigeurs pour livrer un message aux jeunes protégés de Mario Duhamel.

«Je leur ai conseillé de vivre pleinement l’expérience du hockey junior. Ce sont nos plus belles années de hockey, mais ça passe très vite. Ils doivent aussi travailler fort tous les jours et être fiers de défendre l’uniforme des Voltigeurs», a confié celui qui a récolté 309 points, dont 150 buts, en 164 rencontres en saison régulière dans le chandail drummondvillois.

Même s’il a quitté les Voltigeurs depuis belle lurette, Corbet a gardé le contact avec les membres de sa famille de pension de l’époque, les Drummondvillois Jean-Pierre et Suzanne Blanchet.

«Jean-Pierre et Suzanne sont venus me visiter partout où j’ai joué, de Cornwall à Colorado en passant par l’Allemagne. Ils sont venus au baptême de mes enfants. Ce sont des gens spéciaux qui m’ont transmis de belles valeurs, à commencer par la discipline», a témoigné l’ancien ailier gauche aujourd’hui âgé de 38 ans.

Sans surprise, Corbet identifie sa conquête de la Coupe Stanley, en 1996, dans l’uniforme de l’Avalanche de Colorado, comme étant le plus grand moment de sa carrière. Le jeune attaquant avait alors été rappelé dans la Ligue nationale en décembre, au moment de l’échange impliquant Patrick Roy.

«J’ai saisi ma chance et j’ai fait ma place dans l’équipe. J’ai appris que pour gagner un championnat, il faut que chaque joueur accepte son rôle. Le mien, c’était d’amener de l’énergie, même si j’étais parfois utilisé seulement deux fois par période», a exposé Corbet.

«C’est un choix que j’ai dû faire quand j’ai été repêché par les Nordiques. Je me suis rendu compte que si je voulais percer cette équipe bourrée de premiers choix, je devrais accepter de faire des sacrifices. Je suis devenu celui qui accomplit les petits détails en défensive. C’est ce qui m’a permis de connaître une belle carrière chez les professionnels», a ajouté celui qui a été réclamé en deuxième ronde par les défunts Nordiques en 1991.

Après avoir traîné son baluchon à Calgary, puis à Pittsburgh, Corbet a fait le saut en Europe en 2001. Le spectaculaire attaquant a alors disputé huit saisons avec les Eagles de Mannheim, dans la première division allemande, où il a été nommé capitaine de son équipe. Il a ensuite évolué avec les Tigers de Frisk-Asker, en Norvège, durant deux ans avant d’accrocher ses patins.

«À l’époque, j’avais participé au camp des Capitals de Washington, mais ils m’avaient offert un contrat des ligues mineures. Au même moment, j’ai reçu une offre de l’Allemagne et j’ai décidé de tenter l’aventure. J’ai passé huit belles années là-bas. Notre équipe était toujours très compétitive. On a d’ailleurs atteint la finale trois fois et gagné un championnat des séries éliminatoires», a raconté Corbet.

Selon ce dernier, le calibre de jeu en Allemagne est très relevé, se situant quelque part entre celui de la Ligue américaine et de la Ligue nationale.

«Contrairement à ce que certains pensent, ce n’est pas facile de jouer en Europe. J’ai dû travailler fort chaque jour pour connaître du succès. Ce fut aussi une belle expérience de vie pour toute ma famille. Mes enfants parlent anglais et français, mais ils ont aussi des notions d’allemand et de norvégien», a-t-il partagé.

Ayant mis fin à sa carrière de hockeyeur professionnel à l’issue de la dernière saison, Corbet habite aujourd’hui à Calgary en compagnie de sa femme, Lindsay, et de leurs trois enfants, Matt, Nate et Kade. Depuis six mois, il a entrepris une deuxième carrière dans le domaine des ventes au sein d’une compagnie pétrolière.

«Je fais aussi partie du groupe des anciens joueurs des Flames. On s’implique dans la communauté de différentes façons», a-t-il précisé en terminant.

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