Plan Nord, coup de folie ou coup de génie?

Il aura fallu plusieurs conférences de presse du gouvernement pour révéler qu’il y aurait éventuellement une annonce concernant le plan Nord. Il était temps ! Cependant, l’annonce de la semaine dernière renferme plusieurs volets. Après avoir épluché le plan (150 pages), voici donc mes observations.

Du côté investissement

Il est clair qu’Hydro-Québec jouera un rôle prépondérant dans les investissements du nord. Pour développer, les compagnies ont besoin d’énergie et Hydro-Québec, avec son expertise en milieu froid, saura répondre à la demande. Autre point, plusieurs projets miniers sont déjà en marche ou près d’être réalisés. Donc, plan ou pas plan, les projets devaient se réaliser.

Développement des infrastructures

En tant qu’investisseurs, les compagnies qui développent les ressources minérales du nord doivent compter sur un transport ferroviaire et maritime fiable ainsi que sur des routes et des aéroports étendus à l’ensemble du territoire convoité. Même chose du côté des infrastructures de communication. Qui paiera la note ? Dans son plan, le gouvernement mentionne clairement que la facture doit être partagée à parts égales entre les compagnies et le secteur public. Permettez-moi d’avoir un doute là-dessus puisque, dans de nombreux autres endroits de développement minier dans le monde, les infrastructures sont fournies par les gouvernements en place.

Protection de l’environnement

L’environnement pourrait être l’un des gros facteurs de retard pour la mise en place de projets, d’autant plus que, sitôt le plan annoncé, plusieurs groupes autochtones dénonçaient que des projets seraient planifiés sur leurs terres. Les négociations sont encore en cours avec les autochtones de l’aveu même du gouvernement. C’est pourquoi en annonçant l’intention d’aller de l’avant avec le plan Nord, le gouvernement met de la pression. Par contre, les demandes monétaires et de compensation des autochtones seront un facteur déterminant.

Cadre financier du plan Nord

La seule variable connue est le montant annoncé par le gouvernement, soit de 2,1 milliards $. Les autres montants qui devront être investis sont presque totalement inconnus à cause des facteurs variables comme : l’ampleur du projet, la compagnie qui pilote le projet, le prix des métaux et des ressources au moment du lancement du projet. C’est pourquoi de ce côté, le gouvernement s’embarque dans de l’inconnu qui risque de coûter cher.

Conclusion

Malgré des lacunes et des failles évidentes, le Plan Nord est une bonne chose. Nous devons mettre de côté le manque de crédibilité des Libéraux et regarder vers l’avenir. Le Nord pourrait devenir un pôle de développement économique et scientifique intéressant. De plus, en commençant l’organisation économique de la région avant les autres pays (huit en tout) qui ont un accès direct au territoire nordique, le Québec se place comme chef de file. L’aspect « attraction touristique » me plaît également beaucoup. Le Plan Nord : un bon coup du gouvernement ! Continuez votre lecture sur : www.votreargent.ca

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