Yvon Bilodeau, l’homme d’expérience derrière la mise en scène d’AO La Légende

Yvon Bilodeau, l’homme d’expérience derrière la mise en scène d’AO La Légende

Force est de constater que le volet scénique de la plus récente prestation concoctée par l’équipe de créateurs des Légendes fantastiques, AO La Légende, est plutôt laborieux. Pour arriver à rassembler quelque 200 artisans et diriger tout ce beau monde dans un sens commun, il faut non seulement avoir une vision, mais aussi une grande expérience. C’est justement ce que le metteur en scène Yvon Bilodeau trimbale dans ses valises, lui qui a joint l’organisme drummondvillois en 2000.

C’est d’abord en tant qu’acteur qu’Yvon Bilodeau a reçu sa formation à l’École nationale de théâtre (1981). Il a commencé en 1987 une carrière parallèle de metteur en scène, qui l’a amené à monter une vingtaine d’œuvres à ce jour, de Shakespeare à Tchekov, en passant par Shaffer, Goldoni et Molière. Il enseigne aux acteurs de l’École supérieure de théâtre de l’UQAM ainsi qu’aux concepteurs de l’École nationale de théâtre du Canada. À partir de 1994, il s’est aussi consacré à la musique. Il est notamment à l’origine du premier disque et du spectacle d’Edgar Bori, ce qui lui a valu le prix Félix du «Metteur en scène de l’année», en 1997. Par la suite, il a œuvré tant à la conception de spectacles qu’en enseignement.

Au printemps 2000, il a joint Les Légendes fantastiques et a œuvré durant cinq années consécutives à titre de metteur en scène, associé à Fernand Rainville (qui est maintenant le metteur en scène du spectacle «Wintuk» du Cirque du soleil). «Cet été, ce sera la troisième année d’existence d’AO La Légende et je peux dire qu’une communauté s’est créée autour de ce spectacle. Lorsque j’ai regardé la dernière représentation avant les premières, je me suis dit : "C’est un ravissement". Même si ça demeure un "work in progress", le spectacle est pas mal abouti. En ce moment, je ne vois pas ce que je pourrais changer ou ajouter. Il n’y a pas une seconde qui est ennuyante», a partagé le sympathique artiste, qui, à une autre époque, a campé le conjoint de Bernie dans la populaire émission «Jamais deux sans toi».

Selon ses dires, le projet d’écriture d’AO La Légende revêtait la forme d’un travail d’écriture à relais, avec collaboration. «Il ne fallait surtout pas que le tout devienne hermétique, a souligné Yvon Bilodeau. Pour cette raison, je dois m’assurer de faire la bonne affaire au bon moment, mais je dois aussi être certain que le spectacle s’adresse aux 7 à 77 ans, qu’il soit divertissant, que le message qu’il véhicule passe bien, etc. À plusieurs reprises, je l’ai regardé en me mettant dans la peau d’un petit gars et, d’autres fois, dans celle d’une personne âgée. Il faut que chacun y trouve son compte sans que cela devienne "quétaine" ou trop facile. Il ne faut surtout pas faire de nivellement par le bas.»

Malgré ce que d’aucuns pourraient croire, le grand nombre de personnes qui s’activent sur scène et tout autour de ce grand «stage» en plein air ne change pas grand-chose au travail que doit accomplir M. Bilodeau. «Le problème ne vient pas vraiment du nombre de personnes, mais davantage de la proximité des gens. Le tout doit prendre appui sur une bonne communication. J’ai toujours dit qu’une excellente idée qui n’est pas bien véhiculée ne vaut plus rien à l’arrivée. De voir 200 personnes ensemble, c’est fort, mais quand elles sont sur un "stage" et qu’elles travaillent dans le même sens, c’est grisant!», a assuré le metteur en scène. «Mon travail, c’est d’être rassembleur. Et ça, n’importe quel metteur en scène vous le dira, à commencer par Robert Lepage. Il faut tendre vers un sens commun. En ce sens, le travail du metteur en scène ressemble beaucoup à celui d’un chef d’orchestre», a-t-il poursuivi.

Depuis 2000, Yvon Bilodeau se retrouve souvent au Festival en chanson de Petite-Vallée, à l’École nationale de la chanson de Granby et dans les coulisses du concours «Ma première Place des arts». L’artiste est également le metteur en scène de l’émission «Dieu Merci!», diffusé sur les ondes du réseau TVA. «À elle seule, l’émission "Dieu merci" me garde vraiment très occupé», a-t-il assuré.

Ces derniers temps, en plus d’AO La Légende, il a planché sur la pièce «Premières de classe», présentée cet été au Théâtre de la Marjolaine, à Eastman, ainsi que sur «2009, Revue et corrigée», qui se veut «une sorte de "Bye-Bye" théâtral» et qui sera à l’affiche du théâtre du Rideau Vert (Montréal), dès le 1er décembre.

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