Francis Charette : «Je veux retrouver le plaisir de jouer au hockey»

Photo de Jonathan Habashi
Par Jonathan Habashi
Francis Charette : «Je veux retrouver le plaisir de jouer au hockey»
Francis Charette bataillant pour une rondelle dans l’uniforme des Voltigeurs : une image que les partisans ne reverront probablement pas de sitôt. (Photo d’archives : Ghyslain Bergeron)

L’attaquant Francis Charette a vraisemblablement disputé son dernier match dans l’uniforme des Voltigeurs de Drummondville.

Joint par L’Express au domicile de ses parents, à Saint-Hubert, le talentueux hockeyeur de 19 ans a confirmé qu’il avait de la difficulté à suivre le rythme du hockey junior majeur et qu’il souhaitait poursuivre sa carrière dans la Ligue de hockey junior AAA du Québec. Il attend d’ailleurs sa libération des Voltigeurs afin de pouvoir se joindre au Collège Français de Longueuil, une équipe qui trône au sommet de sa division cette saison. «Ma décision est prise et elle ne changera pas. Je quitte la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). J’y pensais déjà depuis longtemps. Depuis près d’un an, j’ai été victime de pas mal de blessures et j’ai aussi eu des problèmes de santé. Les longs voyages et les nombreuses pratiques m’affectaient physiquement et mentalement. Je n’avais plus de plaisir à jouer au hockey. Tout ce que je veux à présent, c’est de retrouver le plaisir de jouer au hockey. En jouant dans le junior AAA, il y aura moins de voyages et je vais me rapprocher de ma famille et de mes amis», a indiqué Francis Charette, qui se dit «complètement rétabli» des problèmes de glande thyroïde qui l’ont affecté l’hiver dernier.

Questionné à savoir si l’affreux début de saison des Voltigeurs et l’absence de Guillaume Latendresse et de Derick Brassard ont pesé lourd dans la balance lorsqu’est venu le temps de prendre sa décision, Charette a tenu les propos suivants : «Je quitte la LHJMQ, pas les Voltigeurs. D’ailleurs, je n’ai pas demandé à être échangé à une autre équipe. De toute façon, ce n’est pas mon genre de quitter un club seulement parce qu’il perd. Je me plaisais à Drummondville, où je laisse une belle bande de gars.»

Une décision éclairée?

Présentement, les Voltigeurs n’entendent pas libérer Francis Charette afin qu’il poursuive sa carrière dans les rangs juniors AAA, même si l’équipe de Longueuil ne se gêne pas pour leur mettre de la pression dans ce dossier. Par ailleurs, au cours des derniers jours, les Voltigeurs ont tenu à ce que le petit attaquant passe des tests sanguins afin de vérifier le bon fonctionnement de sa glande thyroïde. Les dirigeants de l’organisation soupçonnent qu’un mauvais dosage dans la médication du jeune homme pourrait être à l’origine de sa décision.

«Présentement, Francis ne va pas bien. On pense qu’en raison de ses problèmes de glande thyroïde, il n’est peut-être pas apte à prendre une décision éclairée, a soutenu le directeur général du club, Dominic Ricard. Il ne faut pas oublier que certaines personnes qui sont atteintes de cette maladie ont de la misère à se lever de leur lit le matin. C’est pourquoi on attend les résultats des prises de sang. Par la suite, si la médication de Francis change, peut-être que le brouillard va se dissiper. Peut-être que sa décision ne sera plus la même.» «Nous, on pense que ça n’a pas d’allure que Francis joue dans le junior AAA, a ajouté le dg. Avec la nouvelle réglementation dans le hockey d’aujourd’hui, ce gars-là pourrait gagner sa vie au hockey professionnel, par exemple en jouant en Europe. Il y a même deux équipes de la Ligue nationale qui nous ont parlé d’inviter Francis à leur camp d’entraînement s’il connaissait une grosse saison cette année.»

Avant d’être blessé à un genou et de subir une commotion cérébrale lors de son retour au jeu, le 1er novembre, Charette avait amassé 17 points, dont 10 buts, en 14 rencontres. «Pour Francis, ces 17 points ne voulaient rien dire. Il savait qu’il aurait pu en amasser 30 ou 40. Il savait aussi qu’il avait le talent pour être invité au Défi Canada-Russie, mais en raison de son manque d’énergie, il n’était pas capable de le démontrer. Il n’était pas capable de jouer la pédale dans le plancher. À cause de tout ça, il vivait de la frustration», a expliqué Dominic Ricard.

Contre Fortier et Garnier

Une chose est sûre, si Charette a réellement disputé son dernier match avec les Voltigeurs, la direction du club n’a pas fini d’entendre parler de l’échange qui a envoyé les jeunes Olivier Fortier et Philippe Garnier à Rimouski, en janvier dernier, en retour du petit numéro 72. Jusqu’à présent cette saison, les deux joueurs de 17 ans ont respectivement amassé 26 points et 15 points en 25 rencontres. Fortier occupe d’ailleurs le troisième rang du classement des pointeurs de l’Océanic, tandis que Garnier trône au premier rang chez les défenseurs rimouskois.

«Après coup, c’est facile de critiquer un échange, s’est défendu Dominic Ricard. Crois-tu vraiment qu’on aurait été cherché Charette si on avait su qu’il tomberait malade en février? On ne pouvait pas le savoir, pas plus qu’on pouvait savoir que Brassard se blesserait et que Latendresse ferait le club à Montréal.» «Nous, on croyait que 2006-2007 serait notre grosse année, a poursuivi l’homme de hockey. C’est pourquoi on est allé chercher Charette et c’est aussi pourquoi on a obtenu Olivier Magnan, sans savoir qu’il allait se faire repêcher par une équipe de la Ligue nationale un peu plus tard. On ne pouvait pas le prévoir. Malgré tout ça, on ne vit pas dans le passé. Si on tombe là-dedans, on n’avancera pas.»

Partager cet article