André Ruel dans la cour des grands

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Par Jonathan Habashi
André Ruel dans la cour des grands
Au sein de l’équipe de Pat Brisson

André Ruel a raison de sourire. Le Drummondvillois vient de se joindre à l’équipe de Pat Brisson, où il occupera un poste de consultant auprès des jeunes hockeyeurs professionnels.

Ruel, dont le nom est associé de près ou de loin aux Voltigeurs de Drummondville depuis leur entrée dans la LHJMQ, se joint ainsi à l’équipe de l’un des agents de joueurs les plus influents dans le monde du sport professionnel. À la tête de la division hockey de la prestigieuse Creative Artists Agency, dont les bureaux sont basés à Los Angeles, Pat Brisson compte plusieurs vedettes de la Ligue nationale de hockey (LNH) parmi ses clients. Son écurie représente notamment les intérêts de Sidney Crosby, Evgeni Malkin, Daniel Brière, Daniel Alfredsson, Dany Heatley, Anze Kopitar, ainsi que les frères Daniel et Henrik Sedin, pour ne nommer que ceux-là.

Au sein de cette organisation, André Ruel jouera un rôle qui n’existait pas jusqu’à maintenant : celui de guider les jeunes joueurs professionnels qui en sont à leurs débuts dans la LNH. Les attaquants Guillaume Latendresse, du Canadien de Montréal, John Tavares, choisi au premier rang au total par les Islanders de New York au dernier repêchage, de même que les étoiles montantes Patrick Kane et Jonathan Toews, des Blackhawks de Chicago, figurent parmi les athlètes à qui l’homme de hockey prodiguera ses conseils. Le prometteur Tyler Myers, défenseur vedette des Rockets de Kelowna, pourrait également se joindre aux «élèves» de Ruel s’il perce l’alignement des Sabres de Buffalo cet automne. «Mon rôle consistera à travailler avec ces jeunes joueurs pour les épauler dans leur cheminement professionnel. Je suivrai leurs performances en regardant régulièrement des matches de la LNH à la télévision ou en me déplaçant dans les arénas à Montréal, à Ottawa et à Toronto. Je resterai en contact avec eux que ce soit par téléphone, par Internet ou encore en personne», a expliqué André Ruel, qui a déjà dirigé Pat Brisson durant son passage dans l’organisation des Voltigeurs, dans les années 1980.

Les trois forces de Latendresse

En raison de la proximité de Montréal, André Ruel aura l’occasion de suivre Guillaume Latendresse de très près. Grâce à une méthode de travail particulière, il tentera d’aider le gros ailier du Tricolore à redevenir le joueur qu’il était dans les rangs juniors, quand il faisait la pluie et le beau temps avec les Voltigeurs.

«C’est un système que j’ai mis en place avec Daniel Brière quand il jouait à Drummondville et que j’ai ensuite utilisé avec Derick Brassard et Guillaume Latendresse quelques années plus tard, puis avec Mike Hoffman et Samson Mahbod la saison dernière, a expliqué Ruel. Ça consiste à suivre le joueur sur de courtes séquences de quatre ou cinq matches durant lesquelles on lui demande d’utiliser ses trois principales forces. Quand un joueur se concentre sur ses forces, il pense positivement, il joue en confiance et il se montre sous son meilleur jour. Ce n’est qu’ensuite qu’il pourra commencer à travailler sur ses faiblesses.» «Dans le cas de Guillaume, ses trois forces consistent à utiliser son physique, à se découvrir pour créer une ligne de passe dans l’enclave et à lancer au filet, a-t-il poursuivi. C’est grâce à ça qu’il s’est rendu chez les pros. Il doit continuer de miser là-dessus. Comme il ne possède pas le meilleur coup de patin, il ne doit pas tenter de transporter la rondelle lui-même. Il doit plutôt la passer à ses coéquipiers, qui la transporteront jusqu’en zone offensive, là où il pourra exploiter ses forces. C’est d’ailleurs ce qu’il faisait quand il jouait à Drummondville avec Derick Brassard. Je l’ai vu répéter ça cet été au tournoi À bout de souffle de Magog, quand il jouait avec Daniel Brière, Jason Pominville et Claude Giroux.»

Reste maintenant à voir si Latendresse aura enfin l’occasion d’évoluer régulièrement sur un trio offensif avec le Canadien. «Si c’est le cas, je m’attends à ce qu’il atteigne le plateau des 25 buts cette saison, a lancé Ruel. Il a mis beaucoup de sérieux dans son entraînement cet été. Comme il a signé un contrat d’une seule année assorti d’une diminution de salaire, il est conscient que la prochaine saison sera déterminante pour son avenir. Pour lui, ça passe ou ça casse.»

Pour cette raison, Ruel juge que Latendresse devra tenter d’éviter les distractions au cours des prochains mois. On sait que les récents changements dans la vie amoureuse du numéro 84 ont retenu l’attention de certains médias cet été. «C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il s’est rendu à Ottawa pour s’entraîner cet été. Il voulait se tenir loin de tout ça. Quand j’ai abordé ce sujet avec lui, il m’a assuré qu’il sera capable de se concentrer sur le hockey quand la saison va commencer», a précisé Ruel.

Les cas Tavares et Kane

En ce qui a trait à John Tavares, André Ruel veillera principalement à ce que le jeune phénomène de 19 ans évite de s’imposer une pression inutile sur les épaules à ses premiers coups de patin dans le circuit Bettman. «On a pu voir que les partisans des Islanders fondent beaucoup d’espoir sur lui. Ils le voient comme un sauveur, mais John doit être conscient qu’il ne sera pas une super-vedette en partant. Il devra y aller étape par étape et penser en fonction de sa contribution aux succès de l’équipe», a confié André Ruel. Le cas de Patrick Kane est particulier. Le premier choix au total lors de la séance de sélection en 2007 est déjà un joueur établi dans la LNH, mais il a récemment eu des démêlées avec la justice américaine en raison d’une altercation avec un chauffeur de taxi. «Je vais lui apporter un soutien psychologique pour l’aider à rester concentré sur sa tâche de joueur de hockey. Il devra commencer la saison du bon pied, sinon les journalistes et les partisans vont rapidement lui remettre cette histoire sous le nez», a affirmé André Ruel. Soulignons en terminant qu’André Ruel est toujours à l’emploi des Voltigeurs. Comme il sera moins souvent dans l’entourage de l’équipe, l’homme de hockey occupera désormais un poste de consultant plutôt que d’adjoint au directeur général. «Je vais continuer de gérer le dossier du repêchage européen. En faisant partie de l’équipe de Pat Brisson, je vais même avoir davantage de contacts dans ces pays», a fait savoir André Ruel, qui conserve également son poste d’entraîneur-adjoint au sein du programme hockey du Collège Saint-Bernard.

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