L’école Jean-Raimbault fait un pas de plus vers la vérité et la réconciliation

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Par Emmanuelle LeBlond
L’école Jean-Raimbault fait un pas de plus vers la vérité et la réconciliation
Les élèves et les membres du personnel ont été accueillis à l’école au son des tambours. (Photo : Ghyslain Bergeron)

ÉDUCATION. L’école secondaire Jean-Raimbault a souligné vendredi la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Plusieurs activités étaient organisées pour sensibiliser les élèves aux réalités vécues par les Autochtones, tout en encourageant la diversité et l’inclusion.

Ce n’était pas un matin comme les autres à l’école Jean-Raimbault, alors que les élèves et les membres du personnel ont été accueillis au son des tambours. Une quinzaine de jeunes du programme en musique étaient rassemblés à la place centrale, accompagnés de leur enseignant Jean-François Dubois, afin de souligner le début de la Journée de la vérité et de la réconciliation.

Des rubans oranges ont été distribués par les élèves. (Photo: Ghyslain Bergeron)

Un peu plus loin, il y avait un kiosque où les élèves distribuaient des bandes de tissus orange. «On est une dizaine à avoir participé à la préparation de la journée. Par exemple, j’ai aidé à découper les rubans. On les distribue pour ceux qui n’ont pas de chandail orange», a expliqué Lithicia Gagné, une élève de deuxième secondaire.

Les adolescents se sont mobilisés pour démontrer leur soutien face aux Premières Nations. Pour l’occasion, les élèves de troisième secondaire ont confectionné des banderoles en rédigeant des messages à la fois encourageants et inspirants. Choisir d’agir ensemble, leurs différences les rendent uniques, soyons ouverts d’esprit pour les Autochtones, chaque enfant compte, respectons chaque humain également : voici ce qu’ils avaient envie de partager à la communauté.

Récemment, les groupes d’élèves ont eu la visite de Jacinthe Lebel, animatrice de vie spirituelle et d’engagement communautaire à Jean-Raimbault. «Je leur ai parlé des pensionnats autochtones. On a discuté du côté sombre de l’histoire du Canada avec ce qu’on a fait vivre aux Autochtones. Il y a eu beaucoup de préjugés et d’actes non respectueux envers les Premières Nations. C’est important de connaître l’histoire de ces gens. Dans le cadre de la Journée de la vérité et de la réconciliation, on veut entamer une réflexion sur l’empathie, la compassion, tout en créant des ponts avec diverses communautés», a soutenu l’instigatrice de l’événement.

Des banderoles ont été accrochées dans l’école. (Photo: Ghyslain Bergeron)

À titre informatif, il y a eu 140 pensionnats à travers le Canada, dont dix au Québec. Ils ont été en fonction de 1831 à 1998. Le but de ces institutions était d’éduquer les jeunes autochtones, de les convertir au christianisme et de les assimiler à la société canadienne.

Un partage de culture

Jacques Watso est arrivé à l’école secondaire sous le coup de 9 h. Le propriétaire de l’entreprise Sagamité Watso a concocté pas moins de 1500 pains banniques qui ont été distribués aux élèves et aux membres du personnel.

Ce dernier a profité de son passage pour s’entretenir avec les élèves. «Le bannique est le pain traditionnel des Premières Nations. Chaque nation a sa version et il y a différentes techniques pour faire du pain bannique. Avant la colonisation, on utilisait de la farine qui était faite avec des bouts de plante qu’on séchait et broyait», explique l’Abénakis.

Jacques Watso a également partagé quelques faits sur l’histoire de son peuple. «C’est important de savoir qu’il y a 11 nations autochtones au Québec parce qu’on se voisine depuis plus de 400 ans. Ça fait 400 ans qu’on accueille les nouveaux arrivants et il faut continuer à les accueillir. C’est une terre qui appartient aux Premières Nations. C’est une terre d’accueil et il y a de la place en masse pour tout le monde. On peut s’épanouir pleinement dans chacune de nos cultures.»

Jacques Watso a rencontré quelques élèves lors de son passage à l’école Jean-Raimbault. (Photo: Ghyslain Bergeron)

Avant son départ, il a salué l’implication des adolescents dans le cadre de la Journée de la vérité et de la réconciliation. «Je suis sorti de l’école secondaire en 1990. Cette année-là, il y avait la crise d’Oka. J’ai fait face au racisme. Il y avait deux Autochtones à mon école, raconte-t-il. En voyant ces jeunes, ça me donne espoir en l’avenir. Au-delà des races et des cultures, nous sommes des êtres humains. L’expérience humaine vaut la peine d’être vécue, que tu sois un Autochtone ou un Canadien français», a-t-il conclu.

Poème

Du haut de ses 14 ans, Viviane Caron a profité de la Journée de la vérité et de la réconciliation pour rédiger un poème. Elle a accepté de partager sa création spontanée.

«Un peuple ravagé, par le chagrin, à qui on a oublié, le passé commun/ À ceux à qui on a enlevé, des parcelles de beauté, à ceux à qui on a enlevé, leur culture bien-aimée/ Je m’excuse, au nom de ma nation, qui dit être pacifique, sans en avoir le nom/ Je m’excuse, avec un cœur, qui aime la différence, et qui rejette la violence/ Aux familles brisées, à qui on a enlevé, des enfants aimés»

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