La Ville de Drummondville s’impatiente et propose d’ajouter des places en services de garde

Lise Tremblay et Cynthia Martel
La Ville de Drummondville s’impatiente et propose d’ajouter des places en services de garde
(Photo : Depositphoto)

FAMILLE. Alors que les membres du chantier de travail ont déposé le 31 mai dernier leur mémoire sur la problématique du manque de places en service de garde, le maire Alain Carrier s’impatiente, propose d’ajouter des places, d’y «investir personnellement» et espère que le conseil municipal l’appuiera dans ses démarches.

Le mémoire, qui a mobilisé de nombreuses personnes au sein de la région, a été déposé à la Ville de Drummondville, durant un atelier de travail le lundi 31 mai dernier, mais n’a toujours pas été entériné par les membres du conseil municipal.

Selon ce qui a été possible de savoir, il manquerait au sein de la MRC de Drummond quelque 500 places en service de garde actuellement. D’ailleurs, plusieurs femmes doivent reporter leur projet de reprendre leur travail, faute de ressources pour leurs enfants.

Sachant cela, le maire de Drummondville, Alain Carrier, a fait savoir qu’il est «temps de passer à l’action» rapidement afin de venir à la rescousse de ces nombreuses familles qui sont vainement à la recherche de places en garderie.

Dans un communiqué de presse qu’il a transmis le jeudi 3 juin, il indique qu’il entend requérir auprès du conseil municipal que des sommes suffisantes soient débloquées afin de rendre disponibles plus de 140 places dès septembre prochain. Il ajoute qu’il est même prêt à y «contribuer personnellement, s’il le faut».

Qui plus est, le maire de Drummondville indique qu’il entrera en communication avec le CPE Plumeau Soleil à qui le gouvernement du Québec a autorisé 62 places, de même qu’avec le CPE Au cœur des découvertes qui s’est vu octroyer 80 places, dont 15 pour des poupons. Il compte leur proposer un site temporaire le temps que les bâtiments soient érigés. Ainsi, ledit site temporaire, qui serait conforme aux normes, pourrait être disponible dès l’automne prochain, et ce, tout à fait gratuitement, selon le premier magistrat.

Ce dernier entend parallèlement demander au ministère de la Famille de convertir ces places temporaires en places permanentes, un projet déjà discuté avec le député de Drummond-Bois-Francs Sébastien Schneeberger de même qu’avec un représentant du Cabinet du ministre de la Famille, Mathieu Lacombe.

«Voyons maintenant comment le conseil municipal se positionnera face à ma proposition», lance-t-il.

Le mémoire présenté aujourd’hui au ministère

Se disant heureuse de voir que les conclusions du chantier de la Ville de Drummondville et de la MRC de Drummond aient été entendues, Stéphanie Lacoste, la conseillère municipale qui a présidé le chantier de travail, a indiqué qu’elle allait présenter un état de situation au ministère de la Famille ce vendredi.

Stéphanie Lacoste.
(Photo d’archives – Ghyslain Bergeron)

«Aujourd’hui, à 13h30, je vais présenter le mémoire au ministère de la Famille, qui a entrepris une grande conversation avec le Québec. Je vais lui expliquer la réalité de la MRC de Drummond», a-t-elle informé.

Elle poursuit : «Le ministère de la Famille est très conscient qu’il n’arrivera pas à donner le nombre de places requis pour régler la situation en très peu de temps. Construire un CPE, ça prend un certain temps. Cependant, il a permis un allégement dans le sens où si on arrive à trouver des locaux qui soient conformes, ils vont permettre que des places temporaires soient créées d’ici à ce que les CPE lèvent de terre. Je vais te donner un exemple, le même que j’ai communiqué à nos services, la halte-garderie qui était située dans le Centre communautaire Saint-Jean-Baptiste avait des locaux conformes. Donc, on pourrait installer là des places temporaires. Ça fait partie des solutions que j’ai exposées aux services municipaux».

Le CPE Plumeau-Soleil attend depuis des mois

De son côté, Stéphanie Fréchette, directrice générale du CPE Plumeau-Soleil, qui a aussi participé à l’élaboration du mémoire, a fait savoir qu’elle attend depuis des mois qu’une résolution soit adoptée au conseil municipal en lien avec le terrain ciblé pour son projet.

«Lorsque les places avaient été autorisées à l’hiver 2020, la Ville m’avait dit qu’elle avait identifié un terrain pour le projet. Il est situé à côté de l’UQTR. Il est en quelque sorte réservé pour nous. Je suis contente de voir que M. Carrier propose des solutions, je suis bien prête à les prendre, mais j’attends toujours après la Ville pour ce terrain qui me permettrait d’aller de l’avant. Mon chargé de projets est prêt, l’ingénieur et l’architecte sont engagés», a-t-elle précisé.

«En ce qui a trait aux places temporaires dont il parle, je n’en ai jamais entendu parler. J’attends donc qu’il m’appelle à ce sujet!» a-t-elle poursuivi, un peu étonnée.

Mentionnons en terminant qu’en plus de la Ville de Drummondville et de la MRC de Drummond, la SDED, la Coalition des services de garde non subventionnés du Québec, l’Association québécoise des centres de la petite enfance et une représentante du bureau du ministre André Lamontagne ont participé à l’élaboration du rapport.

(Avec la collaboration de Cynthia Giguère-Martel)

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