Le projet de loi C-21 pourrait nuire à l’industrie du jeu de rôle

Le projet de loi C-21 pourrait nuire à l’industrie du jeu de rôle
Michel Auger, propriétaire du commerce BX Paintball de la rue des Forges. (Photo : Ghyslain Bergeron)

AFFAIRES. Le projet de loi C-21 visant à resserrer le contrôle des armes à feu pourrait faire mal à l’industrie du jeu de rôle de type militaire. Le gouvernement interdirait ainsi l’importation, l’exportation ou la vente de fusils à air comprimé (air soft), ce qui inquiète quelque peu Michel Auger, propriétaire de BX Paintball sur la rue des Forges, à Drummondville.

Bien que le projet de loi n’en soit seulement qu’à la première étape du processus législatif, le marché est déjà secoué. Les fournisseurs ont mis leurs commandes sur pause afin d’éviter une mauvaise surprise et éviter des achats qui seraient coûteux.

Michel Auger œuvre dans le domaine du «paintball» depuis 1989 et suit le développement du dossier. «Le projet de loi visait au début les armes d’assaut, mais là, ils veulent englober les répliques. Ça veut dire que les armes «air soft» que j’ai en magasin ne seraient plus légales. Bien pire, des jouets pour les enfants ne pourraient même plus être vendus dans des magasins. Si le gouvernement s’enligne sur la loi telle qu’elle est présentement, c’est trop large et je pense que l’on pourrait s’ajuster», a-t-il exprimé.

Déjà, plusieurs têtes d’affiche ont milité en faveur d’une réglementation plus serrée, mais pas de là à interdire l’achat et l’utilisation.

«On comprend, mais je peux jurer que les joueurs de «air soft» sont prêts à faire des concessions. Aux États-Unis, il y a des armes qui sont flanquées de bannières fluo pour bien les identifier comme «jouet», parce que c’est ce que c’est, un jouet», a ajouté M. Auger.

La réplique de l’arme utilisée dans le film John Wick 3 est disponible pour le jeu de  »air soft ».

Ian McLeod, porte-parole du ministère de la Justice, dans un article publié par Radio-Canada affirmait «qu’à l’heure actuelle, seuls les fusils qui ne peuvent pas causer de blessures corporelles ou tuer une personne, dont la vitesse de tir est inférieure à environ 366 pieds par seconde, et qui ressemblent exactement à une arme à feu conventionnelle réglementée, ne peuvent être importés, exportés, transférés ou vendus.» Il ajoute que «des fusils à air comprimé [de type airsoft] non réglementés qui déversent des projectiles à une vitesse d’environ 366 à 500 pieds par seconde et qui ressemblent exactement à une arme à feu conventionnelle réglementée ne sont pas interdits.»

Michel Auger se dit tout de même chanceux d’avoir su diversifier son offre avec les années. «Je n’ai jamais mis tous mes œufs dans le même panier. J’ai beaucoup de vêtements de camouflage, du surplus d’armée, des accessoires. Je devrais m’en sortir si c’est adopté. Mais quand je pense à des collègues de Montréal ou Toronto qui ne font que vendre de l’équipement «air soft»… je souhaite que la loi puisse s’assouplir, sinon ils devront malheureusement mettre la clef dans la porte», a confié le propriétaire de la boutique.

Ce que la loi prévoit, entre autres

  • Mettre à jour le Code criminel pour s’assurer que tout dispositif, y compris une arme à air comprimé non réglementée qui ressemble exactement à une arme à feu conventionnelle réglementée (c’est-à-dire une arme à feu dont la vitesse est de plus de 500 pieds par seconde), est interdit aux fins de l’importation, de l’exportation, de la vente et du transfert.
  • Les propriétaires actuels peuvent conserver leurs «répliques», mais ne peuvent les transférer à d’autres personnes.
  • Aucune autre réplique d’arme à feu ne peut être importée, vendue ou transférée au Canada.
  • Cet amendement n’a aucune incidence sur d’autres types d’armes à air comprimé qui ne sont pas des répliques exactes d’armes à feu conventionnelles réglementées.
Partager cet article