Un vent de fraîcheur souffle sur la compagnie de danse Mackinaw

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Par Emmanuelle LeBlond
Un vent de fraîcheur souffle sur la compagnie de danse Mackinaw
Cet été, Mackinaw a fait des spectacles extérieurs sous le nom de Gigue de rue. (Photo : gracieuseté)

CULTURE. Dès janvier, la compagnie de danse Mackinaw débutera sa première réflexion stratégique afin d’assurer la pérennité de l’organisme, tout en réfléchissant à de nouveaux projets mariant l’innovation et la modernité.

«On ne se cachera pas que Mackinaw va bientôt fêter ses 50 ans. Il y a des défis énormes qui viennent avec ça. Pendant 35 ans, Mackinaw a travaillé avec un événement à Drummondville qui s’appelait le Mondial des cultures. La disparition de cet événement a eu des impacts importants sur notre organisme», soutient le fondateur René Fréchette.

Rappelons que le Mondial des cultures de Drummondville était un festival qui permettait au public de découvrir les différentes facettes de la danse folklorique. Plusieurs artistes de renom, des danseurs, des chanteurs et des musiciens venus du monde entier participaient à cet événement. La dernière édition du festival remonte à 2017.

La disparition du Mondial des cultures a entraîné un problème de visibilité et de recrutement pour Mackinaw. Dans le cadre de la réflexion stratégique, la compagnie de danse souhaite mettre en place de nouveaux projets. «Après plusieurs années d’existence, on a encore des choses à dire. On a encore des choses à montrer et des projets à créer. On réfléchit à différentes initiatives qui pourraient être mises en place pour stimuler une interaction avec le public», mentionne M. Fréchette.

«On voit la réflexion stratégique de manière très large en termes de collaboration et de participation. On veut aller puiser dans la tête des gens le maximum d’idées pour ne pas reproduire des choses qui existent déjà. On veut être fidèle à notre capacité d’innovation», renchérit-il.

L’organisme culturel souhaite créer un nouvel événement, différent de celui du Mondial des cultures. «Le festival a été un gros deuil. Mackinaw était un des instigateurs de l’événement. Est-ce qu’on a l’intention de le ramener? Je ne crois pas. Personnellement, je crois beaucoup en l’avenir.»

Le processus se déroulera du mois de janvier au mois de juin. «On ne veut pas précipiter les choses. On veut prendre le temps de soupeser nos idées et de les valider, amène M. Fréchette. On veut s’interroger collectivement pour voir où on veut aller dans l’avenir.»

En juin dernier, un remaniement du conseil d’administration a été réalisé afin de poser les bases du chantier de réflexion. Entre autres, Steve Durepos a été nommé directeur intérimaire et René Fréchette est revenu à la charge en tant que président.

Des productions à venir

D’ici là, Steve Durepos ne compte pas se tourner les pouces. De nouvelles productions sont actuellement en chantier. «Dans les projets de la Compagnie qui sont en développement, on a le projet En route. On va se promener dans différentes régions de la province. On va découvrir la danse traditionnelle du Québec sous un nouveau regard, une approche plus actualisée», explique Steve Durepos, qui revêt aussi le chapeau de directeur artistique.

Steve Durepos est dans le milieu de la danse depuis 25 ans. (Photo: gracieuseté)

Selon l’évolution de la pandémie, le spectacle devrait être disponible en 2021 ou 2022. «Le contexte est tellement particulier que le jour où les danseurs pourront se retrouver ensemble, il va avoir une grande explosion de bonheur», s’exclame M. Fréchette.

Une seconde production est aussi en cours, sous le nom de Machine. «Ce projet est destiné aux jeunes. On va proposer une image et une vision contemporaine de la danse traditionnelle, avec un apport pédagogique et ludique. Dans ce spectacle-là, on veut utiliser les technologies et s’inspirer de l’environnement», annonce M. Durepos.

Aussi, Mackinaw souhaite à moyen terme organiser une tournée à l’international. «C’est un projet que nos artistes veulent réaliser. Il y a beaucoup de motivation à partir à l’étranger pour nos interprètes. C’est l’expérience ultime», poursuit le directeur intérimaire.

Un désir de modernité

Dans tous les cas, la compagnie de danse souhaite évoluer au fil des années. «Même si on a été créé en 1974, on ne veut pas rester figé dans le temps. On veut que Mackinaw soit témoin de son époque, sans oublier ses racines», indique M. Fréchette.

Que ce soit avec le changement de logo, une scénographie repensée et l’actualisation de la pratique, la présence de Steve Durepos est un vent de fraîcheur. «Je n’aime pas faire les choses comme les autres. J’ai une tête de visionnaire. J’aime faire les choses différemment et me poser des questions. Je n’aime pas faire du copier-coller», soutient celui qui possède 25 ans d’expérience dans le milieu de la danse.

Soulignons que l’école de danse continue ses activités malgré la pandémie. De l’enseignement en ligne et des capsules d’apprentissage sont à la disposition des élèves.

Pour les intéressés, Mackinaw tient une campagne de financement avec The Unscented Compagny , jusqu’au 7 décembre.

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