Des entrepreneurs imaginatifs survivent à la pandémie

Des entrepreneurs imaginatifs survivent à la pandémie
Gilles Gagnon, propriétaire de Créations id. (Photo : Ghyslain Bergeron)

AFFAIRES. En raison de la crise sanitaire et de la fermeture de plusieurs commerces et industries, de plus petites PME ont eu à user d’imagination et de créativité afin de pouvoir survivre aux périodes d’incertitudes causées par le manque de travail et de contrats dans le carnet de commandes. Avec la deuxième vague qui ralenti de nouveau l’économie, Créations I.D. et la Cantine Le Marathon, deux entreprises bien différentes, n’ont qu’un seul but : survivre à la pandémie.

Créations I.D. se spécialisait, au départ, dans la fabrication de trophées originaux de tous genres. Fondée en 2008, l’entreprise drummondvilloise s’est réinventée au fil des ans, mais a dû modifier sa production dans les derniers mois pour pallier le manque de travail.

«Avec l’annulation des galas scolaires, les tournois de différents sports estivaux et, entre autres, le Grand Prix de Trois-Rivières qui est un bon client, mes revenus ont chuté de 80 % dans le trophée», a mentionné le président de Créations I.D., Gilles Gagnon.

L’entrepreneur fait des plaques d’identification gravées pour des entreprises de la région, des ensembles numériques et du matériel de cinéma. «Je fais des «claps» pour les tournages. Lentement, ce sont des contrats qui reprennent, mais ce n’est pas encore assez, alors j’ai développé d’autres projets», a ajouté M. Gagnon.

Gilles Gagnon et sa fille Stéphanie travaillent ensemble dans l’entreprise familiale.

Sa fidèle clientèle a aussi sollicité Créations I.D. pour la découpe de nouveaux produits. Ainsi, il a pu garder la tête en dehors de l’eau malgré le ralentissement économique.

«J’agis comme sous-traitant la majeure partie du temps. J’ai des tables de découpage au laser. Je peux couper du tissu avec, alors ça m’a permis de travailler avec des clients réguliers comme Mr.Vrac qui a commencé à vendre des masques. Quant à Lettrage Marc Lambert, je lui découpe des écrans de protection dans le plastique. Il faut l’avouer, si ça n’avait pas été de ce virage commercial, je n’existerais plus, a exprimé M. Gagnon. On a hâte que le marché reprenne, car ma fille Stéphanie veut prendre les rênes. Ce n’est pas l’idéal lui passer l’entreprise en ce moment, il y a trop d’incertitudes. On va attendre en début d’année prochaine et ensuite on verra», a-t-il mentionné.

Se réorganiser pour survivre

Dans un tout autre ordre d’idée, la cantine Le Marathon de Saint-Cyrille a su adopter une ligne de pensée d’entraide afin de surmonter la crise commerciale qui touche les restaurants.

«On venait de se sortir de l’hiver et là, le 17 mars, tout s’est arrêté.

Mr. Puffs a attiré les foules.

On a perdu le printemps qui pour nous est une belle période, car les clients reviennent nous voir. Pour tout avouer, on a fermé les yeux et on a espéré, car nous n’avions pas un gros coussin financier», a expliqué Marie-Noëlle Carpentier, copropriétaire de la cantine depuis 2015.

C’est finalement le 7 mai que le restaurant a pu rouvrir ses portes, mais dans le contexte sanitaire que l’on connaît et en contractant le prêt de 40 000 $ du programme gouvernemental offert aux entreprises.

«Les gens avaient hâte qu’on ouvre et ils nous l’ont bien rendu. Mais, nous n’étions pas sortis d’affaires pour autant. C’est alors que nous avons eu l’idée d’offrir une partie de notre stationnement pour des petits commerçants complémentaires à notre offre. La réponse a été extrêmement positive», a ajouté Mélanie Parent, copropriétaire.

Le succès de cette collaboration a été instantané. Si bien que déjà des ententes sont déjà conclues pour la saison estivale de 2021.

«On a accueilli un kiosque de barbe à papa, les Queues de castor, les Beignes du cœur, Mr.Puffs et Lemon Heaven. Mr. Puffs est même revenu! Un des commerçants nous a avoué qu’il a fait plus d’argent ici que lors de son passage au Grand Prix de Montréal.

Je pense que les gens avaient besoin de s’offrir des douceurs en temps de pandémie», a décrit Mme Carpentier.

Les Queues de castor ont été très populaires.

L’engouement envers cette initiative a dépassé les attentes des deux femmes d’affaires. Elles ont dû s’ajuster afin de répondre à la demande, si bien que des commerçants voisins ont accepté de prêter leur stationnement aux clients, car certains devaient s’arrêter sur la Route 122, ce qui n’était pas sécuritaire.

«On a un nouveau stationnement de 20 places. On n’avait pas le choix. L’idée dans tous ça était de dynamiser le restaurant et ç’a fonctionné. Les réseaux sociaux ont fait le travail et avec le service de livraison de la cantine, on offrait d’inclure les douceurs de notre visiteur. Ç’a été un succès. Il y a eu des bénéfices collatéraux à cette idée. Nous avons consolidé les emplois en plus d’en créer. Ce n’est pas rien. Sans cette idée, on n’aurait pas survécu et on ne s’arrêtera pas là, ça bouillonne dans nos cerveaux», a conclu Mme Carpentier.

Lemon Heaven.
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