Le temps des curés est révolu (Tribune libre)

Le temps des curés est révolu (Tribune libre)
Lettre aux lecteurs (Photo : Illustration, L'Express)

TRIBUNE LIBRE. Yves Grondin, maire adjoint et conseiller municipal à la Ville de Drummondville nous a fait part récemment de sa réflexion publique sur «la suite des choses» comme il aime bien le préciser, faisant référence à la possible vacance du poste de maire à Drummondville à compter du 31 janvier prochain.

Je me suis rappelé, le temps de le lire et de l’écouter sur NousTV, cette époque révolue où les curés, à la veille d’une élection, nous disaient comment agir, quoi penser et pour qui voter.

Heureusement, les temps ont changé et en 2019, la population a accès à tellement d’information qu’on n’a plus besoin de «curés» pour tenter de nous influencer. Un des doux effets de la laïcité de notre société.

Ceci étant dit, je relève deux aspects dans son intervention. Le premier concerne la période d’intérim à la mairie, si jamais le maire actuel devait quitter. Il est clair que la personne qui devra assumer cet intérim devra faire preuve d’une impartialité et d’un devoir de réserve afin qu’il puisse se consacrer à sa tâche principale : administrer la ville le temps d’élire un nouveau maire ou une nouvelle mairesse, tout en assurant le travail de contrôle et de surveillance des orientations qui ont été donnés à l’appareil municipal qui doit être, lui aussi, impartial et sans reproche pendant cette période.

Cela signifie donc que cette personne ne devrait pas se présenter à la mairie lors de l’élection partielle : une évidence. C’est une question de saine gouvernance, d’éthique et même de morale politique. Il y a 12 personnes autour de la table du conseil municipal. Quelqu’un doit sûrement correspondre à ces critères qui relèvent du gros bon sens. La population s’attend à cela : intégrité et transparence. Pas de jeux de coulisse ni d’entourloupettes.

La deuxième partie de son intervention touche à l’élection partielle à la mairie, à proprement parler, si jamais elle devait avoir lieu. S’il y a bien un moment où la population pourra connaître le pourquoi et le comment d’une candidature officielle, c’est assurément celle-là. Il est tout à fait compréhensible de savoir minimalement pourquoi une personne souhaite vouloir se présenter à la mairie de Drummondville. La politique québécoise nous a récemment démontré qu’annoncer sa candidature à une fonction de leader sans être capable d’en justifier la raison peut être fortement dommageable pour l’image et l’estime de soi.

Laissons donc les gens qui songent à vouloir se présenter à la mairie réfléchir et faire les sondages qu’ils veulent, pourvu que les règles éthiques de base soient respectées. Et, bien entendu que celles contenues dans le code d’éthique des employés et élus de la ville sont également scrupuleusement respectées. Le moment venu, ils pourront, j’en suis certain, justifier le pourquoi et le comment. Mais surtout, ultimement, la population seule pourra juger, car c’est bien connu, les électeurs ne se trompent jamais. Ils peuvent toutefois être trompés par des discours aux apparences attrayantes, mais qui cachent leurs véritables intentions.  Changement, continuité, mélange des deux, c’est la population qui tranchera. Personne d’autre. Peu importe le contexte. Peu importe les enjeux.

Bonne réflexion à tous ceux qui envisagent la possibilité d’aller à la mairie de Drummondville. Nul besoin de directives, de carcan.  Laissons la démocratie jouer son rôle et débattons ensemble, comme une société se doit de le faire. Entre temps, laissons le maire actuel poursuivre son travail pour lequel il a été élu et profitons de la période des fêtes en famille et entre amis en ayant une pensée pour ceux que la vie n’a pas choyés.

André Y. Komlosy, citoyen engagé de Drummondville

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