Sir Steward : le robot qui va de l’avant

Sir Steward : le robot qui va de l’avant
Jonathan Auger, directeur général, avec Sir Steward à l’hôtel Imperia de Boucherville. (Photo : Ghyslain Bergeron)

MAGAZINE. Non, ce n’est pas le robot d’une nouvelle méga production hollywoodienne. Il n’a pas de super pouvoirs, sauf celui de vous intriguer et vous faire sourire! C’est Sir Steward, un robot-valet unique au Canada fabriqué à Drummondville. En fonction depuis seulement quelques mois dans un hôtel de Boucherville, il fait déjà tourner bien des têtes.

Sir Steward est âgé d’à peine deux ans. Ses créateurs, Jonathan Auger (DG) et Sylvain Duchesneau (directeur technique), n’ont pas chômé dans leur usine de la rue Bergeron afin de mettre sur roues le tout premier robot du genre. «Ça fait plusieurs années que je suis dans les affaires, mais cette histoire a débuté avec les kiosques de commandes libre-service comme l’on retrouve dans les restaurants. Par la suite, on a eu beaucoup de demandes pour ce produit et les caisses autonomes comme dans les épiceries. Le robot est la suite logique du développement de nos affaires», a expliqué M. Auger.

L’Express Magazine a assisté à une démonstration de Sir Steward à l’hôtel Imperia de Boucherville. M. Auger a simulé qu’un client de l’établissement, qui se trouvait dans la chambre 512, avait une petite fringale.

«On active le robot avec une application vraiment simple. Il se présente à la réception de l’hôtel et je dépose les articles dans le compartiment qui va se verrouiller par lui-même. Ensuite, j’appuie sur la touche «go» et il se met en marche», a-t-il expliqué.

Le robot possède trois compartiments qui se verrouillent.

Lentement, en vérifiant son entourage à l’aide de détecteurs de mouvements, Sir Steward se dirige vers l’ascenseur, qu’il appelle par Wi-Fi et il monte ainsi à l’étage. Et si un client se dresse devant lui, il attend, tout simplement. Si c’est trop long, il le contourne!

Quand le robot arrive au 5e étage là où il est attendu, il prend une pause afin d’analyser les plans de l’édifice et se rend devant la chambre 512. À défaut de pouvoir frapper à la porte, il envoie un message ou il appelle le client par le téléphone, qui reçoit par la suite un code pour pouvoir déverrouiller la boîte du robot. Quand les produits sont récupérés, une simple activation du bouton «terminé» renvoie Sir Steward sur son socle de recharge, à la réception.

«Ce robot a trois espaces pour y mettre des produits. Alors, après sa première mission, il peut se rendre vers une autre chambre. Dans de plus gros établissements, nous pouvons programmer un robot maître quand il y a au moins trois Sir Steward en action. Ça permet de gérer lequel sera le plus efficace», a précisé M. Auger.

Une utilisation diversifiée

Dans un contexte de manque de main d’œuvre, le robot drummondvillois se veut tout désigné pour combler des postes dans toutes les sphères de travail. «Ce n’est pas un voleur de job. Il bonifie l’offre au client. Par exemple, je suis en discussion avec une compagnie aux États-Unis pour créer un robot qui va pouvoir livrer le courrier à l’interne. Dans un autre cas, le robot va entrer dans une chambre d’hôpital et, à l’aide de rayons U.V., il va stériliser les lieux en quelques minutes en plus d’enrayer 99,9 % des bactéries, a ajouté M. Auger. Mais, nos produits sont aussi accessibles à monsieur et madame Tout-le-Monde.

Sir Steward se déplace seul dans l’hôtel.

Nous avons créé une borne libre-service pour Le Carré de terre de Notre-Dame-du-Bon-Conseil, une petite entreprise de fruits et légumes.»

Finaliste au Gala Le Manufacturier 2019 avec 20 autres entreprises, Sir Steward mise sur le développement des produits afin de toucher un marché diversifié.

«Les statistiques montrent qu’il y a environ 400 000 emplois à combler au Canada. Automatiser des tâches deviendra un outil pour pallier le manque de main d’œuvre. C’est un investissement rentable quand tu penses que le robot n’est jamais malade, qu’il ne se blesse pas et qu’il est toujours au poste. De plus, mon équipe et moi travaillons sur un bras six axes qui pourrait, entre autres, assembler une pizza. Le marché démontre déjà de l’intérêt.»

La création de Sir Steward

Le robot est, à la base, un module fabriqué au Japon par la compagnie Omron qui possède des infrastructures au Canada, ce qui facilite la collaboration. «Leurs produits sont tellement sécuritaires. C’est primordial dans ce domaine. La proximité de leurs bureaux a motivé notre choix. Le gros avantage avec nous, c’est que nous pouvons personnaliser les produits. Si le client veut le robot en forme de coq, on va lui faire. On aime se casser la tête pour développer des produits différents», a commenté Jonathan Auger.

Le caisson est fait de plastique recyclé et plusieurs composantes sont taillées et assemblées à Drummondville. L’ordinateur et la programmation sont aussi des produits locaux. L’intrigant robot a été aperçu à quelques reprises lors d’événements locaux à offrir du café aux visiteurs et exposants.

Des clients importants

  • Ameublement Tanguay
  • Le Groupe MTY (Thaï Express, Thaï Zone)
  • Raptors de Toronto (NBA)
  • Les Caisses Desjardins
  • Moneris
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