De la poutine en France grâce à la fromagerie Saint-Guillaume

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Par Erika Aubin
De la poutine en France grâce à la fromagerie Saint-Guillaume
Grâce à la Fromagerie Saint-Guillaume, la France peut enfin goûter à la vraie poutine. (Photo : Deposit Photo)

POUTINE. On ne sait toujours pas si la poutine a officiellement été inventée dans la région ou à Warwick. Une chose est certaine, c’est la Fromagerie Saint-Guillaume qui a réussi l’exploit de conquérir le Vieux continent, qui rêvait de poutine depuis belle lurette.   

Les cousins français, plus précisément les clients du restaurant P’tite Poutine, situé à Lille, peuvent désormais déguster une poutine avec du vrai fromage en grains. Avant cela, ils ont longtemps essayé d’imiter ce plat typiquement québécois, mais sans réel succès.

La Fromagerie Saint-Guillaume a mis sur pied une équipe à l’interne, composée d’employés, qui s’est attardée à développer une recette pour que le cheddar, même s’il est congelé, puisse garder sa texture qui fait «scouic scouic».

«Ç’a été un travail d’équipe entre des fromagers, des gens qui travaillent à l’assurance qualité et à la production entre autres», explique Nathalie Frenette, directrice générale de la Coop Agrilait. Évidemment, elle n’a pas voulu dévoiler davantage de détails, de peur de se faire voler la recette miracle.

«Tout a commencé, lorsque notre client MS3 Alimentation avait besoin de fromage pour son plat congelé de poutine, qui est vendu dans les épiceries du Québec. À partir du moment où nous avons développé l’expertise, de congeler le fromage pour qu’il garde le même goût, c’est devenu possible pour nous de l’exporter», relate-t-elle.

La Fromagerie Saint-Guillaume travaille depuis «au moins deux ans» sur le projet d’exporter le P’tit frais. «Ce n’est pas simple de se lancer dans l’exportation. Il faut travailler avec L’Agence canadienne d’inspection des aliments et il y a plusieurs étapes à franchir. Nous avons tout de même décidé d’essayer ce marché-là», souligne-t-elle.

La poutine à la conquête du monde?

Depuis la parution de l’article «De la vraie poutine du Québec en France» dans le journal La Presse, Nathalie Frenette reçoit toujours plus d’appels de consommateurs et de restaurateurs provenant de partout dans le monde : l’Ouest canadien, la Suisse, la Belgique, l’Allemagne, le Royaume-Uni… Est-ce que la poutine partira prochainement à la conquête du monde? Tout est possible.

«Pour le moment, nous sommes seulement dans la restauration, mais nous travaillons pour être dans la vente au détail aussi», laisse tomber la directrice générale tout en indiquant que le P’tit frais se retrouvera «prochainement» dans d’autres pays.

Questionnée à savoir comment l’on se sent lorsqu’on écrit ainsi une page de l’histoire, Nathalie Frenette explique, au nom de la fromagerie : «Nous sommes très fiers et heureux pour les producteurs laitiers qui sont propriétaires de la coopérative Agrilait. Il faut dire que les ententes de libre-échange ont eu d’énormes impacts sur eux ces dernières années. Au Québec, il rentre aussi beaucoup de fromages provenant de l’Europe. Pour une fois, ça peut aussi aller dans l’autre sens.»

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