Le pénitencier l’attend, après avoir transpercé la joue de sa victime

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Par Frederic Marcoux
Le pénitencier l’attend, après avoir transpercé la joue de sa victime
Le Palais de justice de Drummondville. (Photo : (Photo : archives L'Express))

JUSTICE. Après avoir transpercé la joue de sa victime le 11 juin dernier, Fannie Desaulniers n’a éprouvé aucun regret, vendredi, au Palais de justice de Drummondville. Elle devra purger une peine de deux ans au pénitencier.

La procureure de la Couronne, Me Vicky Smith, a expliqué à la juge Marie-Josée Ménard qu’un triangle amoureux est à l’origine de l’agression. Alors que Fannie Desaulniers s’est retrouvée au même endroit que son ex-petit ami, une chicane a éclaté entre eux à l’extérieur de la résidence en question située dans la MRC de Drummond. Voyant ce qui se tramait, la nouvelle flamme de l’homme s’est présentée près de la porte pour s’enquérir de la situation.

À ce moment, Fannie Desaulniers a foncé sur elle. L’assaillante âgée de 27 ans a lacéré le bras de sa victime, laquelle a dû recevoir 12 points de suture, en plus de lui «transpercer complètement la joue de bord en bord» avec le couteau, avant de quitter les lieux. Dans les jours qui ont suivi l’agression, Fannie Desaulniers a été interrogée par la Sûreté du Québec (SQ). Elle a d’abord nié toute implication avec cet événement, même si les policiers voyaient du sang sur ses vêtements.

Après avoir plaidé coupable de voies de fait alors qu’elle utilisait une arme, de voies de fait causant des lésions et de bris de probation, Desaulniers a consacré un bon moment à tenter d’expliquer le contexte de l’agression. Constatant la futilité des détails, la magistrate de la Cour du Québec l’a ramené à l’ordre. Son avocat, Me François Lafrenière a signalé que sa cliente avait consommé des métamphétamines «qui n’ont pas aidé à la situation». Il a ajouté que Fannie Desaulniers avait nié les faits à la SQ par «réflexe».

Aucune empathie

Me Lafrenière a également noté que, sur le plan physique, la victime «ne semblait pas avoir de séquelles graves à long terme».

«J’ai communiqué avec la victime, a poursuivi Me Smith. Madame a déménagé pour se réfugier ailleurs, à cause de ses craintes. Elle a perdu une dent et elle est affectée psychologiquement par l’image qu’elle dégage. Heureusement, ses blessures guérissent relativement bien et il n’y a pas d’infection, mais elle va conserver des cicatrices des trous (dans sa joue). Elle ne voulait même pas croiser madame (Desaulniers). Elle préférait que j’explique les conséquences pour elle à la cour. »

Questionnée par la juge à savoir ce qu’elle avait à dire au sujet des conséquences de ses actes, Fannie Desaulniers est restée impassible. Elle s’est contentée de dire que «madame avait déjà des difficultés dans sa vie et qu’elle essayait de beurrer épais».

Avant d’entériner la suggestion commune, la magistrate a mentionné à l’assaillante que «beaucoup de travail» l’attend en détention pour prendre conscience de ses actes.

«Commettre des gestes comme ceux-là de façon gratuite, imprévisible et avec autant de violence, ça nécessite clairement une sentence sévère. Pour une première peine, le message est clair : vous avez besoin d’aide et surtout d’être retiré de la société, en raison du danger que vous manifestez à l’égard des autres.»

Détenue de façon préventive depuis le 14 juin, Fannie Desaulniers devra purger une peine de 24 mois dans un pénitencier fédéral. Il lui sera interdit à vie de posséder une arme et de communiquer avec la victime. En détention, elle aura à sa disposition des services pour l’aider à gérer son impulsivité. Elle pourra aussi être épaulée pour vaincre des problèmes de toxicomanie.

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