À la découverte des petits fruits de la région

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Par Erika Aubin
À la découverte des petits fruits de la région
L’autocueillette est une activité agréable à faire en famille, pendant la saison estivale. (Photo : gracieuseté)

FRUITS. La MRC Drummond regorge de champs fruitiers où il est possible de faire l’autocueillette. Que ce soit pour les bienfaits des petits fruits, par souci d’économies ou encore pour un goût frais, nombreuses sont les raisons pour s’adonner à cette activité estivale.

«La mode est beaucoup aux achats locaux. Les gens ont un souci de bien manger et ils veulent savoir ce qui se retrouve dans leur assiette. En ce sens, l’autocueillette est une valeur sûre», a fait savoir Valérie Jutras, directrice des opérations aux Cultures de chez nous, une agro-industrie située à Sainte-Brigitte-des-Saults et à Saint-Cyrille-de-Wendover.

Même si les températures froides ressenties au début de la saison estivale retarderont de quelques semaines les récoltes, l’agricultrice invite les gens de la région à se laisser guider par le chaud parfum des fruits muris au soleil.

«Nos fruits sont goûteux et juteux. Et bien évidemment, cela revient moins cher de cueillir soi-même ses fraises, framboises ou bleuets que de les acheter à l’épicerie», a-t-elle expliqué.

«L’autocueillette est très populaire auprès des personnes âgées. Il s’agit pour eux d’une occasion de sortir jaser avec des gens. On remarque qu’il y a de plus en plus de familles qui viennent nous visiter l’été. Les gens ont envie de faire des sorties familiales et l’autocueillette en est une agréable, surtout lors de journées ensoleillées», a exprimé Mme Jutras.

De nouvelles saveurs

D’autre part, une productrice de Saint-Edmond-de-Grantham ouvre ses portes à l’autocueillette d’un fruit que l’on connait encore très peu: l’argousier.

Lorsque Mylène Corriveau, propriétaire de Les baies de l’amour, s’est lancée dans la production d’argousiers, elle est immédiatement tombée en amour avec les bienfaits de ce fruit qui est malheureusement méconnu en Amérique.

«On retrouve trente fois plus de vitamine C dans l’argousier que dans une orange. C’est un boosteur d’énergie et il peut servir comme anti-inflammatoire», a lancé Mylène Corriveau. Il ne suffit que d’une petite recherche sur les valeurs nutritives de ce fruit pour savoir qu’il présente beaucoup de côtés positifs.

Il peut être consommé seul, comme on mange une fraise, ou en produit transformé, tel qu’en sauce, en vinaigrette ou même sous forme de crème pour le corps. Les possibilités sont infinies. D’ailleurs, la petite boutique de Mme Corriveau offre de nombreux produits transformés, tous fabriqués au Québec, à base d’argousier. Il est aussi possible d’acheter des petits fruits congelés ou d’en faire l’autocueillette, lorsque le soleil se montre le bout du nez.

«La cueillette débute la dernière semaine de juillet et ce, jusqu’à la mi-août. Malheureusement, l’argousier est victime d’une mauvaise presse; les gens pensent que c’est très épineux, donc difficile à récolter. Sauf que cela dépend de la sorte des plants et les miens ne le sont pas. Personne ne s’est jamais plaint en faisant l’autocueillette et j’ai même reçu bon nombre d’enfants», a tenu à expliquer Mme Corriveau.

Selon elle, encourager les producteurs locaux est un enjeu important et cela va bien au-delà du simple fait d’acheter.

«Acheter local, ça donne un côté plus humain à l’industrie. Par exemple, quand les gens se déplacent à la ferme, j’échange avec eux. Je peux les renseigner sur le fruit et même leur donner des idées de recettes. Si l’on n’achète pas localement, il n’y aura plus de producteurs et les fruits vont tous arriver d’ailleurs, enduits de produits nocifs», a souligné la fruiticultrice.

D’après les dires de Mme Corriveau, le Québec a le souci de produire des fruits «authentiques».

«On est tous des producteurs à grand cœur. Ce que l’on veut vraiment, c’est de donner le meilleur produit possible. On travaille avec passion et ça goûte dans nos fruits», a-t-elle souligné.

Même si Les baies de l’amour n’est pas une entreprise dite biologique, car la certification est hors de prix selon l’agricultrice, Mylène Corriveau travaille comme si elle l’était. Pour elle, comme pour bon nombre de producteurs rencontrés par L’Express Magazine, les dangers des pesticides sur l’environnement et la santé sont considérables.

Les enjeux du bio

Toutefois, rares sont les fermes dans la MRC Drummond qui se lancent dans la production biologique. Tous ont donné le même argument : le prix exorbitant du bio.

Dany Bourque et Audrey Gosselin ont osé le faire. Résidents de la Rive-Sud de Montréal, ils cherchaient à reconnecter avec la nature et ils ont donc fait l’acquisition d’une bleuetière biologique il y a quatre ans, la seule en région. Ils passent désormais leurs fins de semaine à Lefebvre à exploiter leurs champs.

Le seul hic, c’est qu’ils doivent vendre leurs fruits sur la Rive-Sud, car peu de clients de la région veulent payer plus cher pour des fruits biologiques. C’est après plusieurs tentatives auprès des commerçants du Centre-du-Québec, que le couple a décidé de vendre leurs précieuses baies dans les environs de Montréal.

«C’est comme si les gens là-bas — sur la Rive-Sud — recherchent un contact avec la nature et l’alimentation est une de leur option. Donc ils sont prêts à payer pour «le goût de la terre», a fait savoir Audrey Gosselin.

Le couple est honnête, s’il avait su que c’était autant de travail une bleuetière biologique, il ne l’aurait probablement pas acheté il y a quatre ans.

«Quand on finit de désherber, il faut déjà recommencer! Les plants sont entourés de mauvaises herbes. Il faut vraiment accepter l’imperfection quand on fait dans le bio», a avoué Dany Bourque.

Malgré les difficultés, M. Bourque et sa conjointe sont contents d’avoir trouvé un lopin de terre qui leur permet de «travailler de leurs mains» et de s’éloigner des brouhahas de la grande ville. À long terme, ces derniers rêvent d’être autosuffisants grâce à leur bleuetière.

L’autocueillette de fruits dans la région

Plusieurs fermes de la région ouvrent leurs portes aux visiteurs souhaitant eux-même cueillir leur fruits. Selon la plus récente édition de la brochure Saveurs locales de la MRC Drummond, voici les endroits où il est possible de faire l’autocueillette :

  • Bleutière Ferme paysan  – Bleuets
  • Archiferme – Fruits et légumes de saison
  • Bleuetière Jacques Lamothe – Bleuets
  • Bleuetière Maurice Houle – Bleuets
  • Les Cultures Duhaime – Pommes et produits du terroir
  • Ferme Duvalmon – Bleuets
  • Ferme Mario Lecavalier – Fraises
  • La Ferme fruit bleu – Bleuets et miel
  • Les Baies de l’amour – Argousiers, camerises
  • Les Cultures de chez nous – Bleuets, fraises, framboises et légumes
  • Les délices Danico – Camerise et bleuets
  • Les Jardins VMO – Bleuets et canneberges
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