Le Brock ne tient rien pour acquis

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Par Jonathan Habashi
Le Brock ne tient rien pour acquis
Mathieu Audet. (Photo : archives, Ghyslain Bergeron)

BASEBALL. À l’approche de sa troisième campagne dans la Ligue de baseball senior majeur de Québec (LBSMQ), le Brock de Drummondville ne tient rien pour acquis. Pour les champions en titre des dernières séries éliminatoires, tout sera à recommencer à compter de dimanche, alors que la saison régulière prendra son envol au parc Duberger.

Évoluant au sein d’une première division remodelée, le Brock se frottera plus souvent aux équipes de Charlesbourg, Québec, Cap-Rouge/Saint-Augustin, Sainte-Marie et la Beauce. La saison régulière comptera désormais 24 parties, dont 20 matchs intra-division.

«Notre objectif demeure le même, a expliqué le joueur-entraîneur Mathieu Audet. On veut remporter les séries. En saison, on vise le top 3. On donne toujours notre meilleur à chaque match, mais ce n’est pas nécessaire de terminer premier. La saison, surtout les premiers matchs, c’est un moment pour faire des essais et faire rouler le banc.»

Xavier Tremblay. (Photo d’archives, Ghyslain Bergeron)

Au monticule, le Brock peut miser sur le retour du droitier étoile Xavier Tremblay, qui a été dominant lors des dernières séries. Le gaucher Yannick Breton deviendra également un partant régulier de l’équipe. Frédéric Gagnon, Samuel Cournoyer et Hugo Cyrenne complèteront la rotation de lanceurs. En relève, Jonathan Paré sera l’homme de confiance.

«Notre personnel de lanceurs sera particulièrement redoutable, a souligné Audet. Tremblay était sollicité par des équipes du senior élite, mais il a choisi Drummondville. Il connaît l’organisation et il apprécie l’énergie des partisans. En séries, il nous avait littéralement transportés. C’était la première fois que je voyais nos partisans se déplacer en aussi grand nombre pour voir un lanceur à l’œuvre.»

En contrepartie, le Brock doit composer avec le départ de son éternel leader Sylvio Fréchette. Le vétéran de 45 ans a annoncé sa retraite à l’issue de la dernière campagne.

«On va souvent voir Sylvio au stade cet été. Il va rester dans l’entourage de l’équipe, sans toutefois occuper un rôle précis. Sylvio amenait toujours la même énergie sur le terrain. Il avait un dynamisme contagieux et une aura autour de lui. Il va falloir que chaque joueur en fasse un peu plus pour égaler ce que Sylvio amenait à l’équipe», a soulevé Audet, qui sera appuyé dans ses tâches par l’entraîneur-adjoint Pierre-Luc Joly.

De la puissance à revendre

Pour pallier cette lourde perte, le Brock mise notamment sur l’arrivée du puissant cogneur Michael Zgorzelski. L’arrivée de l’Américain de 33 ans à Drummondville a fait grand bruit à travers la LBSMQ. «On a été chanceux dans cette histoire! Michael connaissait déjà Dave St-Jacques, avec qui il a joué chez le Cactus de Victoriaville. Il ne voulait plus jouer dans le senior élite en raison des sacrifices que ça exige.»

Imitant Marco Roy l’été dernier, Dyllan Labonté-Morin fera quant à lui un retour au jeu après une absence de sept ans. «Personne ne peut remplacer Sylvio, mais Labonté-Morin sera un précieux atout. Il avait connu du succès à sa dernière saison avec les Dodgers dans le senior élite. C’est un frappeur qui allie constance et puissance. Dans la chambre, il peut jouer un rôle important», a affirmé Audet.

Marco Roy. (Photo d’archives, Ghyslain Bergeron)

En attaque, Zgorzelski, Roy et Labonté-Morin constitueront le cœur de l’alignement du Brock. Selon Audet, l’offensive drummondvilloise n’a pas affiché autant de puissance au bâton depuis plusieurs années.

«Ce sont trois frappeurs dominants qui vont changer notre visage. Ça va donner un bon spectacle, mais la puissance, ce n’est pas tout au baseball. Si ces gars-là connaissent un mauvais match, notre offensive ne doit pas s’éteindre. Ça prend des coureurs pour atteindre les sentiers, que ce soit en soutirant un but sur balles ou un coup sûr à l’avant-champ. Des gars comme Philippe Thibodeau, Jonathan Paré ou Samuel Guilbert allient justement vitesse, patience et contact avec la balle. D’où l’importance de bien équilibrer notre ordre des frappeurs», a fait valoir Audet, qui misera également sur l’entrée en scène de la prometteuse recrue Tommy Rozon.

Trop fort pour la ligue?

Ayant compilé un dossier de 14 victoires et 6 défaites en 2018, le Brock a terminé la saison au troisième rang du classement. En finale des séries, les Drummondvillois ont vaincu les Jarrets noirs de la Beauce en cinq parties.

Aux yeux de certains observateurs, ce troisième championnat en quatre ans, jumelé à l’entrée en scène de Zgorzelski, aurait dû signifier le retour de l’organisation dans la Ligue de baseball majeur du Québec. Alors… le Brock est-il réellement trop fort pour la LBSMQ?

«J’ai entendu la même chose, mais je ne suis pas d’accord, a rétorqué Audet. Le fait d’avoir deux divisions distinctes va aider à avoir une meilleure parité. Quant à l’arrivée de Michael, tous nos adversaires auraient accepté son offre. De toute façon, notre équipe actuelle ne pourrait pas rivaliser avec les gros lanceurs du senior élite.»

«Mon objectif, c’est de permettre aux gars de la région de jouer au baseball, a ajouté Audet, en rappelant que le Brock a perdu deux parties par dix points en séries et que la demi-finale face à l’équipe de Cap-Rouge/Saint-Augustin s’est décidée en sept matchs. Dans le senior élite, il faudrait aller chercher des joueurs d’ailleurs, ce qui enlèverait des places à des gars d’ici. Je ne ferme pas la porte, mais ce n’est pas la priorité du baseball drummondvillois pour le moment.»

À moins que la pluie s’en mêle, le Brock entamera son calendrier régulier en rendant visite aux Patriotes de Québec, ce dimanche 19 mai, à 16 h. Après un programme double à Charlesbourg, le dimanche 26 mai, l’équipe ouvrira sa saison locale face au B45 de Cap-Rouge/Saint-Augustin le vendredi 31 mai, à 20 h, au stade Jacques-Desautels.

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