Leurre informatique : le cri du cœur d’une mère

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Par Frederic Marcoux
Leurre informatique : le cri du cœur d’une mère
Pascal Veilleux est accusé de crimes sexuels.Il a des antécédents en la matière. (Photo : Ghyslain Bergeron)

JUSTICE. Pascal Veilleux a comparu, vendredi, au Palais de justice de Drummondville en lien avec des accusations de leurre informatique et de crimes sexuels à l’endroit de mineurs. La mère d’une présumée victime a lancé un cri du cœur à L’Express pour sensibiliser la population.

Le Drummondvillois Pascal Veilleux, qui fêtera son 44e anniversaire de naissance le 28 mai prochain  est accusé d’avoir commis un leurre informatique qui visait la perpétration d’une infraction à caractère sexuel, entre le 1er septembre et le 13 octobre 2018. Une autre présumée victime s’est toutefois ajoutée, vendredi. L’homme est aussi accusé de contacts sexuels et d’agression sexuelle à l’endroit d’un mineur. La mère d’une présumée victime a approché l’auteur de ces lignes au palais de justice pour marteler son message.

«J’ai découvert ce qui se passait sur l’application Messenger, après avoir eu une altercation avec mon enfant. Il m’a dit : “Je vais demander à Pascal, il va m’acheter ce que je veux”. Il lui aurait donné des cadeaux en échange de photos de son pénis», s’attriste la mère de famille.

«Si je pouvais lancer un message aux parents, ce serait de surveiller les médias sociaux, conseille-t-elle. Quand ce n’est pas Messenger, c’est l’application Snapchat. Il faut prévenir et en parler avec les jeunes. Mon enfant ne réalise pas encore l’ampleur des événements. Quand il voit le visage de Pascal Veilleux sur internet, il trouve qu’il (l’accusé) fait pitié. Mon enfant a de la sympathie pour ce gars-là. Nos jeunes sont tellement influençables, je n’aurais jamais pensé que ça pourrait m’arriver.»

En parler avec les jeunes

La mère de famille tenait à être présente pour voir Pascal Veilleux au palais de justice. Même si elle encaisse difficilement le choc, elle a sentiment d’être intervenue au bon moment.

«Ça nous rentre dedans, mais on a évité le pire. Si je n’étais pas intervenue en prenant le cellulaire de mon enfant, il aurait peut-être pu se passer quelque chose de pire encore. C’est ce que la Sûreté du Québec (SQ) m’a dit. Ç’a commencé avec Messenger et c’était même rendu sur sa console de jeux vidéo Xbox. Mon enfant joue en ligne avec ses amis. Il (l’accusé) s’était incrusté dans sa vie. Il jouait avec eux en ligne. C’est rendu difficile surveiller tout ça. C’est important de s’assoir avec les jeunes et de les sensibiliser.»

La principale intéressée a le sentiment que la société doit se pencher davantage sur la question. Selon elle, les jeunes n’ont jamais été aussi à risque de devenir la proie d’un prédateur sexuel qu’ils ne le sont en 2019, avec la facilité et l’accessibilité des différents de moyens de communication sur internet.

«Il pourrait y avoir plus de sensibilisation à l’école. Ce serait une première chose à faire. Il y a plusieurs personnes qui peuvent vivre la même chose. Quand mon enfant va réaliser ce qui se passe, ça risque de le shaker pour toute la vie», avance la mère.

Pascal Veilleux a écopé d’une peine de huit mois de prison en 2006 pour une histoire de pornographie juvénile. Il a aussi reçu une sentence de 15 mois de prison en 2007 pour une agression sexuelle. Ces antécédents avec la justice sont loin de rassurer la maman, si l’accusé est déclaré coupable.

«Les sentences sont bonbons pour des crimes sexuels. Même s’il écope d’une peine de plus de deux ans, ça ne sera pas assez à mon goût», tranche-t-elle.

Les deux dossiers de Pascal Veilleux ont été remis au 14 mai. Il demeure détenu pour le moment, puisque la Couronne s’est opposée à sa remise en liberté.

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