Hartley : «On méritait un meilleur sort»

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Par Jonathan Habashi
Hartley : «On méritait un meilleur sort»
Steve Hartley. (Photo : archives, Ghyslain Bergeron)

HOCKEY. C’est sans contredit l’une des plus amères déceptions dans l’histoire des Voltigeurs, qui avaient joué le tout pour le tout dans l’espoir de remporter une seconde coupe du Président ce printemps. Les Mooseheads ont mis fin aux séries éliminatoires de la troisième puissance à travers la Ligue canadienne, dimanche, devant 7681 spectateurs réunis au Centre Banque Scotia de Halifax.

C’est un but de Xavier Parent marqué dès le début de la première période de prolongation qui a procuré une victoire de 2-1 aux Mooseheads dans le sixième affrontement. Oublié dans l’enclave, le petit attaquant de 17 ans a complété une passe du vétéran Joel Bishop depuis l’arrière du filet. En remportant cette demi-finale 4-2, les hôtes du prochain tournoi de la coupe Memorial accèdent ainsi à la finale de la LHJMQ, où ils croiseront le fer avec les Huskies de Rouyn-Noranda dès jeudi soir.

Joint au moment d’embarquer dans l’avion nolisé ramenant l’équipe vers Montréal, Steve Hartley a réagi avec son calme habituel malgré l’amertume de la défaite. «J’ai aimé notre match. À mes yeux, on a été la meilleure équipe sur la glace aujourd’hui. On méritait mieux, mais rendu dans le carré d’as, la ligne est mince entre une victoire et une défaite. On a eu nos chances de gagner, mais les choses n’ont pas viré de notre bord. On a raté quelques occasions de marquer tôt dans le match, ce qui aurait pu changer le reste de l’histoire», a analysé l’entraîneur-chef des Voltigeurs, qui a vu ses joueurs n’offrir qu’un seul avantage numérique à l’adversaire.

Ayant repoussé 33 des 34 tirs dirigés vers lui, Alexis Gravel a été proclamé la première étoile du match pour la troisième fois dans cette série. Auteur de 27 arrêts devant la cage drummondvilloise, Anthony Morrone a mérité la deuxième étoile. «Les deux gardiens ont été excellents. En prolongation, ça s’est joué sur un seul détail. Sur ce jeu, on est revenu dans notre zone, mais au lieu de s’arrêter dans l’enclave, on s’est trop replié en défensive», a fait observer Hartley.

Des difficultés sur la route

Au-delà du manque de discipline et du rendement des unités spéciales en début de série, le pilote des Voltigeurs a identifié le revers de 5-4 en prolongation dans le deuxième match comme le moment décisif dans cette demi-finale. «Ça a changé la donne. On avait pris les devants et on était à une minute et demie de mener 2-0 dans la série. Puisque chaque équipe a gagné ses matchs à domicile par la suite, ça a pesé dans la balance.»

Maxime Comtois et Jared McIsaac. (Photo d’archives, Ghyslain Bergeron)

Incapables de s’imposer en trois parties sur la patinoire des Mooseheads, où ils ont été limités à quatre petits buts, les Voltigeurs auront subi cinq défaites en sept matchs sur la route en séries. Visiblement plus confortable devant ses partisans, la grosse machine rouge a signé huit victoires en neuf sorties au Centre Marcel-Dionne. Certains observateurs y ont vu un manque de caractère de la part des leaders du club, un argument qu’Hartley a rejeté du revers de la main.

«Au contraire, on s’est battus jusqu’à la toute fin. Encore aujourd’hui, on s’est donné une chance de gagner. Notre mission était de revenir devant nos partisans mardi. J’ai senti que tout le monde y croyait. Je suis extrêmement fier de ce groupe de joueurs.»

Une offensive timide

Montrant de loin la meilleure offensive du circuit Courteau en saison régulière, les Voltigeurs n’ont pas démontré la même force de frappe en demi-finale. Face aux Mooseheads, le vétéran Félix Lauzon a sonné la charge avec huit points (1-7) en six matchs. Ses compagnons de trio Dawson Mercer (2-4) et Pavel Koltygin (3-2) ont également mis l’épaule à la roue, mais de gros canons offensifs tels que Maxime Comtois (3-1), Joseph Veleno (2-3) et Nicolas Beaudin (0-1) ne sont pas parvenus à livrer la marchandise dans des moments-clés. Des vétérans tels que Gregor MacLeod (1-3), Nicolas Guay (0-3) et Brandon Skubel (0-0) se sont aussi faits discrets sur la feuille de pointage.

«Je ne suis pas prêt à mettre le blâme sur un seul individu. On a gagné en équipe pendant toute la saison, alors on perd aussi en équipe. Ce n’est pas l’histoire d’un seul joueur. Personne ne voulait perdre dans cette série. C’est sûr qu’on est déçus. Ce n’est pas le résultat qu’on voulait, mais au hockey, il n’y a qu’une seule équipe qui gagne le gros trophée à la fin de la saison», a fait valoir Hartley, en assurant que ses joueurs ne souffraient d’aucune blessure digne de mention.

Cette élimination risque néanmoins de laisser des traces chez les Voltigeurs. Au cours des derniers mois, l’organisation a sacrifié plusieurs hauts choix au repêchage pour mettre le grappin sur des joueurs étoiles via le marché des transactions, de Joseph Veleno à Pierre-Olivier Joseph en passant par Maxime Comtois. «On a fait ces échanges pour se donner de meilleures chances de gagner la coupe, mais dans le sport, il n’y a aucune garantie», a rappelé Steve Hartley en terminant.

Bloc-notes…

Au premier engagement, Arnaud Durandeau avait donné les devants aux Mooseheads en faisant dévier un tir de Benoît-Olivier Groulx sur une séquence à quatre contre quatre… Le Néo-Écossais Gregor MacLeod a créé l’égalité au deuxième tiers, en complétant une habile manœuvre de Joseph Veleno à la suite d’une mise en jeu en territoire ennemi… Pour plusieurs joueurs des Rouges, il s’agissait d’un dernier match dans les rangs juniors. Outre les joueurs de 20 ans MacLeod, Lauzon et Duquette, les vétérans Comtois, Veleno, Koltygin, Beaudin et Joseph sont tous susceptibles de faire le saut chez les professionnels lors de la prochaine campagne… Au lieu de disputer un septième match devant leurs partisans, mardi soir, les Voltigeurs tiendront leur gala de fin de saison à l’auditorium de l’école secondaire La Poudrière…

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