Gabriel Bachand : l’émancipation par les vêtements

Photo de Erika Aubin
Par Erika Aubin
Gabriel Bachand : l’émancipation par les vêtements
Gabriel Bachand et Henri Boissonneault, propriétaires de KATA. (Photo : gracieuseté)

JEUNES ENTREPRENEURS. Pour le jeune entrepreneur Gabriel Bachand, les vêtements ont une signification bien particulière : en plus de constituer une partie prenante de son travail, il s’agit pour lui d’une façon de s’exprimer, d’affirmer sa créativité et de rejeter les cadres de la société.

À peine âgé de 17 ans, le Drummondvillois Gabriel Bachand a décidé de lancer sa compagnie de vêtements KATA. «J’ai un souvenir de moi qui faisais mes premiers designs avec le logiciel Paint. On est vraiment rendu ailleurs», s’est-il remémoré lors d’une entrevue avec L’Express.

KATA provient du mot «catastrophe». «Pour moi qui observais ça de ma petite ville, le milieu de la mode, c’était un genre de catastrophe. Les modes partent et reviennent», a lancé Gabriel Bachand qui est en affaire avec un ami de longue date.

«Une chance que mon partenaire, Henri Boissoneault, est là pour encadrer et gérer l’aspect financier de la compagnie. Moi, je suis l’esprit créatif. On est comme le yin et le yang», a fait savoir celui qui détient un baccalauréat en communications de l’Université du Québec à Montréal et qui termine actuellement une maîtrise en commerce électronique au département des Hautes études commerciales (HEC).

Aujourd’hui, KATA possède un boutique en ligne et la marque est nouvellement distribuée au magasin Qlassic, situé dans la capitale nationale. Il est également en pourparlers avec une boutique de Montréal. En plus de gérer l’expansion de son entreprise, le jeune entrepreneur occupe un poste de gestionnaire de compte chez Stylepool, toujours dans le domaine de la mode.

Briser le moule de la société

Alors qu’il habitait encore à Drummondville, Gabriel Bachand s’est lancé en affaires en vendant des bracelets qu’il fabriquait lui-même. Puis, lorsqu’il est déménagé à Montréal pour les études, son entreprise a réellement pris son envol. «J’ai toujours senti que j’étais trop extravagant pour les gens ici. Il y a ma famille qui est aussi très conservatrice. Les vêtements ont été une façon pour moi de m’émanciper. Ils sont une extension de ma personnalité. D’une certaine façon, “Montréal made me”», a exprimé celui qui a aujourd’hui 23 ans.

Pour la création de ses collections, Gabriel Bachand s’inspire beaucoup du style punk et de ses expériences personnelles. «Par exemple la collection Unlovable – incapable d’être aimé en français – est le reflet de mon vécu, de mon côté anticonformiste», a-t-il expliqué.

Au départ, beaucoup de gens ne croyaient pas en son projet, bien souvent à cause de son jeune âge. «C’est sûr que je suis conduit par la motivation de leur prouver que je suis capable de réussir, a mentionné Gabriel Bachand visiblement stimulé par les défis d’affaires. Quand on était jeune, on avait tous de grands rêves. Ce qui me peine, c’est de voir des gens mettre leurs rêves de côté pour tomber dans le moule de la société et du travail de 9 à 5 pour pouvoir se payer une maison et une belle voiture. Moi, je veux pouvoir me dire : «Je l’ai réalisé mon rêve, même si personne n’y croyait.»

Partager cet article