Les Voltigeurs en demi-finale : «J’ai aimé notre sang-froid»

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Par Jonathan Habashi
Les Voltigeurs en demi-finale : «J’ai aimé notre sang-froid»
Maxime Comtois a eu de bons mots à l'endroit de Samuel Poulin après que les Voltigeurs soient venus à bout du Phoenix, vendredi soir, au Centre Marcel-Dionne. (Photo : Frédéric Marcoux)

HOCKEY. Il y a des scénarios complètement fous qu’on ne croirait voir que dans les films! Après s’être fait refuser non pas un, mais bien deux buts en début de prolongation, les Voltigeurs ont rebondi pour éliminer le tenace Phoenix et ainsi accéder au carré d’as des séries éliminatoires de la LHJMQ pour la première fois depuis 2010.

En arrachant une victoire de 3-2 en deuxième période de prolongation, vendredi soir, devant des gradins bondés de bruyants partisans au Centre Marcel-Dionne, les Drummondvillois ont remporté cette série quatre-de-sept en cinq matchs. En demi-finale, la troupe de l’entraîneur-chef Steve Hartley affrontera les hôtes du prochain tournoi de la coupe Memorial, les Mooseheads de Halifax.

En début de prolongation, Gregor MacLeod croyait bien avoir donné la victoire aux Voltigeurs, mais ce but a ensuite été refusé puisqu’il y avait un hors-jeu sur la séquence. Quelques minutes plus tard, l’histoire s’est répétée lorsque Nicolas Guay a marqué sur un retour de lancer : une fois de plus, le jeu a été rappelé, cette fois-ci en raison d’une obstruction sur le gardien. Chaque fois, les joueurs des Rouges festoyaient sur la patinoire pendant que ceux du Phoenix croyaient leur saison terminée… mais à la stupeur générale, le jeu a dû reprendre son cours.

Pour la troisième fois en prolongation, Anthony Morrone est allé rejoindre ses coéquipiers après le but tant attendu. (Photo : Frédéric Marcoux)

«C’est la première fois que je vois ça, a lancé Steve Hartley au sujet des deux buts refusés en prolongation. Ce que j’ai aimé là-dedans, c’est notre sang-froid. On n’a pas perdu notre focus. C’est une situation qui aurait pu être frustrante pour des jeunes de 16 à 20 ans, mais ils n’ont pas été impatients. On est resté concentré et ça a fini par payer.»

En deuxième période supplémentaire, c’est un but de Maxime Comtois marqué à la huitième minute de jeu qui a finalement éliminé le Phoenix. Alors que Ryan DaSilva était étendu sur la patinoire, l’espoir des Ducks d’Anaheim a battu le gardien Dakota Lund-Cornish sur le 72e tir dirigé vers lui.

«La dernière fois que mon équipe a gagné 5-2 en prolongation, c’était probablement dans un rêve, a rigolé Comtois à sa sortie du vestiaire. La première fois que le but a été refusé, c’était frustrant, mais la deuxième fois, c’était quand même drôle. On est resté focus et patient, on a continué de travailler fort et ça a porté fruit.»

À partir de la deuxième période, Comtois et Veleno ont été jumelés au sein d’un même trio. Les deux joueurs étoiles ont uni leurs efforts pour s’extirper de leur passage à vide. «Ce n’est pas qu’on était à plat, mais il manquait quelque chose dans notre jeu, a expliqué Hartley. On recherchait une étincelle. Max et Joe ont été excellents à partir de ce moment. J’ai aimé la chimie entre les deux. On va garder ça dans notre manche pour plus tard, mais pour l’instant, j’aime la façon dont nos quatre lignes sont bâties. On va revenir à ça pour commencer la demi-finale.»

Julien : «Les gars y croyaient»

Contrôlant de larges pans du match, les Drummondvillois ont dominé outrageusement 72-23 au chapitre des tirs, mais Lund-Cornish a tenu le fort devant la cage du Phoenix. Les prouesses du gardien néo-écossais ont permis à ses coéquipiers de résister, puis de créer l’égalité 2-2 avec seulement 2 minutes et 30 secondes à écouler en troisième période. À la suite d’une mise en jeu gagnée par Taro Jentzsch en territoire drummondvillois, Olivier Crête-Belzile a touché la cible avec un tir de la pointe.

Stéphane Julien a salué le caractère de ses joueurs. (Photo : Frédéric Marcoux)

«Dakota a été vraiment solide. Il nous a tenus dans le match. C’est exactement ce qu’on lui demandait», a souligné Stéphane Julien.

Le pilote des Sherbrookois n’a pas manqué de saluer le caractère de ses protégés. «Ce soir, c’était un match cendrillon. On a eu nos chances en prolongation. Les gars se sont battus jusqu’à la fin. Ils n’ont jamais abandonné. Pendant toute la série, ils y croyaient. Si on avait été plus opportunistes dans le quatrième match, l’histoire aurait été différente», a affirmé Julien, qui a dû se débrouiller sans les services de l’attaquant Félix Robert, blessé au coude en première période.

Pour sa part, Maxime Comtois a lancé des fleurs au jeune capitaine du Phoenix, Samuel Poulin. «Il a été le meilleur joueur de l’autre bord. C’est un attaquant de puissance qui a de bonnes mains. On a vu que c’est un leader. La saison prochaine, il va être exceller dans cette ligue. Sherbrooke aura une excellente équipe, surtout avec l’expérience qu’ils viennent d’acquérir.»

Les Mooseheads débarquent

En demi-finale, Hartley se retrouvera donc face à l’équipe avec qui il a remporté les coupes du Président et Memorial à ses débuts dans le métier d’entraîneur. «Je serai toujours reconnaissant envers Bobby Smith de m’avoir donné ma chance là-bas. Mais une fois rendu en demi-finale, tout devient spécial, peu importe l’adversaire. Non seulement les Mooseheads forment une très bonne équipe, mais ils jouent bien dernièrement. J’aime les challenges et ils représentent un beau challenge.»

Anthony Morrone a félicité son vis-à-vis Dakota Lund-Cornish. (Photo : Frédéric Marcoux)

De son côté, Comtois croisera le fer avec son grand ami Antoine Morand pour une deuxième année consécutive en demi-finale. «Pour nous, ce sera une prise deux. Antoine est un leader pour cette équipe et je sais qu’il va être prêt. Je m’attends à une excellente série. Je n’ai pas joué contre les Mooseheads cette saison, mais ils ont beaucoup de talent. Ce sera important de rester à l’intérieur de nos forces.»

En ce qui concerne Olivier Rodrigue, qui n’a pas vu d’action depuis bientôt six semaines en raison d’une blessure à l’aine, sa situation demeure on ne peut plus incertaine. «On l’évalue toujours au jour le jour, a précisé Hartley. Il a encore une semaine pour récupérer complètement. Je n’ai pas de boule de cristal, mais il ne faut pas oublier que c’est Morrone qui nous a amenés jusqu’ici. Encore ce soir, il a été solide quand on a donné quelques chances de qualité.»

Par ailleurs, ce match s’est déroulé sous les yeux de l’ex-chef d’orchestre des Voltigeurs et actuel entraîneur-adjoint des Canadiens, Dominique Ducharme. «C’est toujours plaisant de revoir Dominique, a commenté Hartley. Non seulement j’ai travaillé avec lui pendant sept ans, mais je le connais depuis que j’ai trois ans. Il était le garçon d’honneur à mon mariage. S’il veut nous prêter main-forte dans un rôle quelconque, je vais être heureux de pouvoir compter sur ses conseils.»

Bloc-notes…

Joseph Veleno et Dakota Lund-Cornish lors de la traditionnelle poignée de main.

Tenu en échec depuis le début de cette série, Joseph Veleno a brisé l’égalité de 1-1 avec un tir vif et précis en fin de deuxième période…  En début d’engagement, Julien Anctil a profité d’un revirement derrière le filet pour créer l’égalité 1-1… Les Voltigeurs avaient ouvert le pointage au premier vingt, quand Dawson Mercer a habilement repéré Pavel Koltygin…  Anthony Morrone en était à son 15e départ consécutif … Rémy Anglehart et Cédric Desruisseaux ont réintégré l’alignement, prenant la place de Nicholas Girouard et Charles-Édouard Drouin… La foule de 3261 spectateurs était la meilleure au Centre Marcel-Dionne depuis le début des séries… Les deux premiers matchs de la demi-finale auront lieu vendredi (19 h 30) et samedi (19 h), au Centre Marcel-Dionne. Les billets seront en vente à compter de lundi, à 9 h… L’autre demi-finale opposera les Huskies de Rouyn-Noranda à l’Océanic de Rimouski…

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