Le Phoenix veut «challenger» les Voltigeurs

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Par Jonathan Habashi
Le Phoenix veut «challenger» les Voltigeurs
Stéphane Julien. (Photo : archives, Ghyslain Bergeron)

HOCKEY. Le défi s’annonce de taille, mais le Phoenix est bien déterminé à y faire face. Conscient que son équipe part largement négligée dans la série quart de finale l’opposant aux Voltigeurs, l’entraîneur-chef Stéphane Julien n’a pas cherché à se défiler à l’approche du premier duel qui aura lieu vendredi soir.

«Je suis justement en train de regarder des vidéos des matchs des Voltigeurs… J’ai mal à la tête tellement ça tourne vite!», a lancé Julien d’entrée de jeu lorsque joint par le journaliste de L’Express.

Preuve de l’écart qui existe entre les deux rivaux de l’autoroute 55, pas moins de 16 victoires et 30 points ont séparé Sherbrooke et Drummondville au classement général en saison régulière. «À part le Centre Marcel-Dionne, les Voltigeurs n’ont pas beaucoup de défauts! Je regarde leur équipe sur papier et c’est la meilleure de la ligue, même si Rouyn-Noranda a fini devant au classement. Ils sont bons partout. N’importe lequel de leurs six défenseurs serait le premier chez nous. Leurs quatre lignes seraient un trio dominant n’importe où ailleurs dans la ligue», a fait valoir celui qui en est à sa quatrième saison à la barre du Phoenix.

Samuel Poulin devant Rémy Anglehart. (Photo d’archives, Ghyslain Bergeron)

«De notre côté, on est très jeune en défensive. Certains soirs, c’est plus difficile que d’autres, mais nos jeunes ont beaucoup progressé. En attaque, on a beaucoup de vitesse. On a bien performé offensivement cette saison, mais si on ne patine pas, on devient une équipe comme les autres», a ajouté Julien, qui mise sur l’ex-Voltigeur Ryan DaSilva afin de jouer un rôle de grand frère à la ligne bleue de l’équipe.

Considéré comme la bête noire des Voltigeurs il n’y a pas si longtemps, le Phoenix n’a pas connu autant de succès dans la bataille de l’autoroute 55 cette saison. En six matchs, les Sherbrookois (36-27-2-3) ont été incapables de savourer une seule victoire face aux Drummondvillois (52-13-2-1). Quatre de ces défaites ont d’ailleurs été encaissées par la marge de quatre buts ou plus.

«C’est la seule équipe qui nous a donné autant de difficultés cette saison. Malgré tout, on a livré de solides performances dans le premier et le dernier match. Dans les autres parties, on a connu un très mauvais départ. Ça s’est joué dès la première période. Quand tu tires de l’arrière par trois buts contre les Voltigeurs, c’est difficile de jouer du hockey de rattrapage. On doit donc bâtir sur le dernier match qu’on a joué contre eux», a expliqué Julien.

«Un défi qu’on s’est lancé»

Malgré l’adversité qui se dresse devant eux, les joueurs du Phoenix affichent calme et confiance à l’approche de cette série, la première dans la courte histoire entre les deux organisations. «Les gars sont motivés, a affirmé Stéphane Julien. On veut donner un challenge aux Voltigeurs. C’est un défi qu’on s’est lancé, mais avec tout le talent qu’il y a de l’autre bord, c’est clair que nos 20 joueurs vont devoir jouer au-dessus de leurs performances habituelles. En premier lieu, il faudra éviter les revirements et être responsables défensivement. Sinon, des gars comme (Joseph) Veleno et (Maxime) Comtois vont nous faire mal.»

«On est une équipe qui travaille fort, a poursuivi l’homme de hockey de 44 ans. On doit continuer de miser là-dessus si on veut compétitionner contre les Voltigeurs. On doit aussi y aller un  match et une journée à la fois. C’est avec cette mentalité qu’on a passé à travers la première ronde. On va garder le même focus. On se prépare d’abord pour le premier match et on verra ensuite.»

Stéphane Julien lors d’une pratique précédant la Classique hivernale de Drummondville, en février 2018. (Photo d’archives, Ghyslain Bergeron)

Profitant de l’avantage de la patinoire en première ronde des séries éliminatoires, le Phoenix a éliminé l’Armada de Blainville-Boisbriand en cinq rencontres. Après avoir échappé la première joute, la formation estrienne a rebondi avec quatre victoires convaincantes.

«Notre premier match a été difficile. Il avait de la nervosité dans l’air pour commencer les séries. Par la suite, Samuel Poulin, Félix Robert et Alex-Olivier Voyer ont pris les choses en main en attaque. Ils ont connu toute une première ronde et c’est ce qui a fait la différence. Mais en deuxième ronde, on ne pourra pas se fier seulement sur ces trois gars-là. Nos autres vétérans en attaque devront assurément en donner plus», a fait valoir Julien.

En pleines séries, le Phoenix a causé une certaine surprise en suspendant le gardien Thommy Monette pour une durée indéterminée. L’organisation a évoqué des motifs internes. Le jeune William Desmarais secondera donc le vétéran Dakota Lund-Cornish face aux Voltigeurs. «C’est un mauvais timing, mais il n’y a pas juste le hockey dans la vie. Monette est un bon kid. Il a simplement besoin de prendre un peu de recul. On essaie de l’aider de notre mieux», a expliqué Julien, en assurant que la situation n’affecte pas ses joueurs.

En tant que joueur, Stéphane Julien a déjà disputé quelques matchs éliminatoires sur la glace du Centre Marcel-Dionne durant sa prolifique carrière junior. En 1991, les défunts Draveurs de Trois-Rivières avaient été éliminés en six matchs par les Drummondvillois, qui amorçaient alors leur route vers une participation au tournoi de la coupe Memorial.

«Le Centre Marcel-Dionne a toujours été un building bruyant. L’an dernier, nos joueurs ont vécu le même genre d’ambiance dans le match numéro sept à Rouyn-Noranda, qu’on avait remporté. Ça fait donc partie de notre bagage d’expérience. Nos vétérans devront en tirer profit», a conclu l’ancien défenseur originaire de Shawinigan, qui a également porté les couleurs des Faucons de Sherbrooke avant de connaître une longue carrière professionnelle en Europe.

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