Le combat de Mady-Sun

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Par Marilyne Demers
Le combat de Mady-Sun
Mady-Sun Cardin-Courchesne garde le moral, malgré la maladie. (Photo : Ghyslain Bergeron)

RÉSILIENCE. À 10 ans, Mady-Sun Cardin-Courchesne est confrontée à une réalité que peu d’enfants de son âge connaîtront. La Drummondvilloise est atteinte d’un cancer des os, le sarcome d’Ewing.

Le diagnostic est tombé en juillet dernier. «Mady-Sun avait très mal aux jambes. Plus ça allait, plus elle avait mal. On a consulté et ils lui ont découvert un cancer, indique sa mère, Sophie Cardin. Elle a une métastase à la hanche droite, à ses deux genoux, à une vertèbre et une tache sur un poumon. Tu tombes malade du jour au lendemain, ta vie change totalement.»

Pendant que ses camarades reprenaient les classes, Mady-Sun débutait ses traitements de chimiothérapie d’une durée d’environ neuf mois. Elle ne pourrait pas retourner sur les bancs d’école, avec ses amis, pour poursuivre sa quatrième année.

«Quand elle allait à l’école, avant d’être malade, elle me demandait souvent pour rester avec moi à la maison parce qu’elle ne voulait pas y aller», se souvient la mère. «Finalement, c’est mieux aller à l’école qu’à l’hôpital», rétorque aussitôt Mady-Sun.

La jeune fille fait l’école à la maison, à travers ses nombreux traitements de chimiothérapie. Avec sa mère, elle fait la route entre Drummondville et Montréal au moins une fois par semaine. «C’est beaucoup de voyagement. Elle reçoit ses traitements de chimiothérapie à l’hôpital Sainte-Justine. Elle a aussi eu de la radiologie au CHUM pour sa plus grosse masse, dans la hanche. Les traitements sont vraiment prenants. Ça la jette à terre», fait savoir Sophie.

Celle-ci a d’ailleurs mis sa carrière de coiffeuse sur pause pour consacrer tout son temps à sa fille. «Je ne travaille plus. Je ne peux plus travailler. On court toujours ici et là, aux rendez-vous. La vie est concentrée sur les traitements et guérir Mady-Sun», soutient la mère monoparentale, qui reçoit actuellement des prestations de l’assurance-emploi.

Fragile
Même si les traitements de chimiothérapie sont difficiles à supporter, ce sont eux qui doivent détruire les cellules cancéreuses dans le corps de Mady-Sun. En plus d’ingérer plusieurs médicaments par jour, elle reçoit aussi des injections pour augmenter le nombre de globules blancs dans son sang, qui aideront son corps à combattre la maladie.

Comme son système immunitaire est grandement affaibli, elle ne peut prendre la chance de se blesser. «J’aime nager et jouer au soccer. J’aime aller au parc en vélo avec mes amis», énumère Mady-Sun, qui, comme son nom l’indique, rayonne comme le soleil.

Toutefois, pour la durée des traitements, la jeune fille doit faire un trait sur ses loisirs. Pour éviter tout contact avec des bactéries, elle doit également porter un masque lorsqu’elle se trouve dans des endroits publics.

Avec les effets secondaires de la chimiothérapie, Mady-Sun a perdu ses longs cheveux châtains, tout comme les mèches bleues qui descendaient le long de son visage. La maladie n’a toutefois pas réussi à lui enlever son sens de l’humour et son énergie contagieuse.

«Mady-Sun est super positive. Elle a une grande force. Ensemble, on se concentre sur une journée à la fois. Si une journée c’est trop, alors c’est une minute à la fois», souligne la mère.

Rêves
Celle qui fait preuve de résilience doit terminer ses traitements de chimiothérapie en juillet, avant de possiblement débuter la radiothérapie. «Les médecins ne disent pas de pronostics. Ils disent que c’est du cas par cas», affirme Sophie.

Si tout se passe bien, Mady-Sun pourra retourner à l’école Saint-Majorique cet automne. «J’en mets des efforts», commente-t-elle. Ce n’est toutefois qu’en décembre, soit six mois après la fin de ses traitements, qu’elle recevra son véritable cadeau, celui de pouvoir retourner à la piscine publique.

«Nager, c’est ce qui me manque le plus. En ce moment, je ne peux pas à cause des bactéries dans l’eau, indique celle qui est comme un poisson dans l’eau. Mon rêve d’enfant, ça serait d’avoir un spa à la maison parce qu’on pourrait se baigner toute l’année.»

Mady-Sun, qui aimerait devenir une youtubeuse comme celles qu’elle voit dans les magazines, allonge sa liste de rêves en attendant de retrouver la santé. Parmi ses souhaits, elle désire entre autres voir Marie-Mai en spectacle, faire du camping avec sa mère et surtout – le plus simplement du monde – aller s’amuser dans les glissades d’eau.


Pour soutenir Mady-Sun et sa mère dans cette épreuve, une amie de la famille a créé une campagne GoFundMe. Les sommes recueillies permettront de couvrir les frais additionnels, notamment pour le transport et l’hébergement à l’hôpital.

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