Classes modulaires : «C’est inacceptable!», réagit Cusson

Photo de Jonathan Habashi
Par Jonathan Habashi
Classes modulaires : «C’est inacceptable!», réagit Cusson
Alexandre Cusson (Photo : Jonathan Habashi, archives)

ÉDUCATION. Alexandre Cusson a profité du passage de Laurent Duvernay-Tardif à Drummondville, mardi, pour lancer un message clair au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec.

Réagissant à la nouvelle annoncée la veille, selon laquelle la Commission scolaire des Chênes sera contrainte de recourir à des classes modulaires dans plusieurs écoles dès la rentrée 2019, le maire de Drummondville et président de l’Union des municipalités du Québec s’est fait cinglant dans ses propos.

«Ce n’est pas un hasard. En pleine semaine de la persévérance scolaire, dans notre milieu, ici même à Drummondville, on nous dit que nos enfants, qui sont si importants dans notre système d’éducation, vont aller à l’école dans des roulottes. Je sais que la Commission scolaire des Chênes a fait son travail : elle le dit depuis des années qu’il y a des besoins. Ces besoins-là sont documentés, on le savait. Il n’y a aucune excuse pour envoyer des enfants dans des roulottes! Ça n’a aucun sens», a exprimé Alexandre Cusson sur un ton indigné.

Pour illustrer son propos, le maire a abordé la question de la pénurie de main-d’œuvre. «C’est bien d’aller vendre un milieu, de se promener au Québec ou à l’étranger, pour vanter notre qualité de vie. Vos enfants pourront même aller à l’école dans des modulaires! Ailleurs, vous ne trouverez pas ça, a-t-il lancé avec ironie. C’est inacceptable! C’est un laxisme qu’on doit dénoncer.»

«On se retrouve aujourd’hui face à une situation qui était prévue, a-t-il continué. Et on se retrouve aussi à se demander quel sera notre niveau de taxe scolaire l’année prochaine et ce qu’on devrait faire avec les surplus budgétaires. Ce n’est pas compliqué : bâtissons des écoles et payons-les comptant! On dit toujours que les surplus ne sont pas nécessairement récurrents, alors allons-y avec des dépenses non récurrentes. Investissons dans le futur pour nos jeunes.»

Assurant la Commission scolaire des Chênes de son appui dans ce dossier, l’ancien directeur général du collège Saint-Bernard a rappelé que le problème ne s’arrête pas là. «Je vous fais une prédiction : ces enfants-là vont aller au primaire, au secondaire, puis au Cégep. Alors pourrait-on commencer à se dire qu’il faudra des roulottes au Cégep dans quelques années?»

Établies depuis maintenant 14 ans, les Journées de la persévérance scolaire sont célébrées chaque année au Québec durant la troisième semaine du mois de février. «Ma seule déception, c’est que ces journées ont une date. Ça devrait être à l’année, à l’infini. J’ai l’impression que lorsqu’on se concentre sur une thématique pendant une semaine, ça nous excuse de l’oublier le reste de l’année. Il faut que l’éducation et la persévérance scolaire deviennent l’enjeu, la priorité de notre société», a conclu Alexandre Cusson, en invitant les décideurs politiques du Québec à militer pour la persévérance scolaire chaque jour de l’année.

À lire également :

Duvernay-Tardif : «Créer un écosystème pour que nos jeunes s’épanouissent à l’école»

Partager cet article