De la farine sous le nez : le juge n’y a pas cru

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Par Frederic Marcoux
De la farine sous le nez : le juge n’y a pas cru
De la cocaïne dans un sac. (Photo : Photo : Depositphoto)

JUSTICE. De la farine sous le nez, au moment de son arrestation, et non de la cocaïne. Le juge Gilles Lafrenière de la Cour du Québec n’a pas cru la défense d’un Drummondvillois, mardi, au Palais de justice de Drummondville.

Le 29 janvier 2017, Jeffrey Auger est intercepté par un policier de la Sûreté du Québec (SQ), alors qu’il conduit son véhicule à 155 km/h sur la route 143. Le Drummondvillois de 24 ans ne s’arrête pas immédiatement et il finit par tourner subitement dans une entrée privée. Le policier de la SQ, au moment de discuter avec Auger, réalise que ce dernier est agité, qu’il se frotte constamment les mains et qu’il a la bouche sèche. Au moment de remplir le constat d’infraction, le policier voit le conducteur sortir de son véhicule qui se penche et se relève rapidement. Il remarque également de la poudre blanche sous le nez du conducteur.

À l’arrivée de l’agent évaluateur de la SQ, les forces de l’ordre ont procédé à l’arrestation de l’individu et à la saisie de son véhicule. Un test d’urine a plus tard révélé la présence d’amphétamine, de cannabis et de cocaïne dans le corps de Jeffrey Augey qui avait également un pouls élevé. Le jeune homme prétendait avoir consommé plusieurs heures avant de prendre le volant. L’argument soulevé par Jeffrey Auger qui justifiait la poudre sur son nez en prétextant avoir cuisiné avec sa conjointe le matin de l’événement n’a pas convaincu le magistrat.

«Son affirmation ne cadre pas avec le fait qu’il a de la poudre sous le nez au moment de l’interception du policier, a lu le juge Gilles Lafrenière, tout juste  avant de rendre sa décision. Le tribunal n’adhère absolument pas à son hypothèse voulant que cette poudre provienne de la farine de muffin qu’il a préparé le matin; une conjoncture farfelue qu’il a lui-même soulevée sans aucune conviction.»

Le calme affiché par l’accusé au palais de justice a aussi été considéré par le magistrat.

«Enfin, il n’est guère plus crédible lorsqu’il justifie son agitation, où il ne cesse de se frotter les mains, de s’accroupir et de se relever rapidement, par le stress de son interception, poursuit-il. Alors que la cour, où il se dit encore stressé, il ne présente aucun de ces symptômes.»

«J’ai encore 4000 $ à payer pour mes tickets», a mentionné Auger, avant que son avocat demande un délai de 12 mois pour payer l’amende imposée par le juge.

Le Drummondvillois, qui n’avait pas d’antécédent judiciaire, devra payer une contravention de 1000 $ pour son geste. Il lui sera interdit de conduire son véhicule, lors de la prochaine année.

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