Les méthodes d’identification des empreintes «manquaient de rigueur et de transparence»

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Par Erika Aubin
Les méthodes d’identification des empreintes «manquaient de rigueur et de transparence»
Frank Crispino, professeur de criminalistique à l’UQTR (Photo : Erika Aubin)

PROCÈS. Félix Pagé a poursuivi la présentation de sa preuve aujourd’hui en appelant le professeur de criminalistique Frank Crispino. Ce dernier a remis en doute certaines démarches des enquêteurs.

Reconnu comme témoin expert, Frank Crispino a avoué devant le jury que les méthodes d’identification des empreintes digitales des enquêteurs «manquaient de rigueur et de transparence».

«Mon mandat était d’évaluer la valeur probante de l’opinion des identifications faites par Christian Cantin. Je ne conteste pas les identifications. En revanche, je me suis interrogé sur les démarches scientifiques», a expliqué le professeur de criminalistique à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Il a soulevé le fait qu’en 2004, le FBI a procédé à une fausse identification de Brandon Mayfield dans une histoire d’attentat à Madrid. Depuis, il y a plusieurs remises en question de la part du monde scientifique dans le domaine dactyloscopique.

«Au moment de faire l’identification d’une empreinte, c’est le devoir de l’expert d’expliquer sa méthode et de tout remettre en contexte. Si je me fie aux documents reçus de la part de Me Marion Burrelle à l’époque, je suis resté sur ma faim», a-t-il ajouté.

Aucune empreinte sur les armes du crime

En fin de journée, Félix Pagé a rappelé au tribunal Roxane Létourneau qui avait déjà témoigné pour la Couronne en début de procès. La technicienne en laboratoire a procédé à des expertises afin de repérer des empreintes digitales sur différents objets. Devant le jury, celle-ci a indiqué qu’aucune empreinte digitale n’a été retrouvée sur la scie égoïne et sur le bâton de baseball, les armes du crime.

Rappelons que cette dernière avait révélé, en contrepartie, des empreintes digitales sur un verre d’eau et sur une perceuse à batterie. Elles ont été identifiées à Félix Pagé par l’agent Christian Cantin.

Des habitudes de travail exposées au jury

Marc-André Dubé, un ancien collègue de travail, a aussi témoigné lundi devant le jury. En entrant dans la salle de cour, MM. Dubé et Pagé se sont échangé un grand sourire et un signe de tête. Pendant près de deux ans, les jeunes hommes ont travaillé ensemble dans le domaine de la démolition.

«Est-ce qu’il m’arrivait de tasser des débris en donnant de petits coups de pieds ?», a questionné M. Pagé, qui se représente toujours sans avocat.

«Oui! Moi-même je le fais pour mettre des débris ensemble avec mes pieds», a répondu M. Dubé sans hésiter.

Rappelons que l’ADN de Roland Baker apparaissait sur les bottes de construction de l’accusé à cause d’une tache de sang sur celles-ci. C’est d’ailleurs le seul objet appartenant à Félix Pagé qui contient une trace de l’ADN de la victime.

Ce mardi 29 janvier, Félix Pagé livrera son témoignage. Pour connaître les détails, rendez-vous au www.journalexpress.ca.

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