L’itinérance en région, un phénomène bien réel

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Par Erika Aubin
L’itinérance en région, un phénomène bien réel
L’organisme Habit-Action est situé sur la rue Lindsay, à Drummondville. (Photo : Archives - Erika Aubin)

ITINÉRANCE. À Drummondville, de nombreux organismes communautaires agissent auprès de personnes vivant des situations d’itinérance et ce, malgré la populaire pensée qu’il n’y a pas beaucoup de gens sans domicile fixe dans la région.

«En région, les gens ont tendance à penser qu’il n’y a pas d’itinérants et pourtant, c’est faux. Il est vrai que l’itinérance se vit différemment et qu’elle est moins visible que dans les grandes villes», explique Josiane Despins, directrice à l’Auberge du cœur Habit-Action.

Habit-Action est un organisme qui accueille des jeunes de 17 à 30 ans ayant besoin d’un coup de pouce pour réintégrer socialement et économiquement la société. «Nous offrons des services d’hébergement et nous accompagnons les résidents selon leurs besoins. Chaque cas est différent», expose Mme Despins.

Selon les statistiques d’Habit-Action, en 2017-2018, ce sont 171 jeunes, âgés en moyenne de 22 ans, qui ont été hébergés ou qui ont reçu du soutien post-hébergement. La durée moyenne d’un séjour est de 29 jours et 78% des jeunes hébergés sont des garçons.

«Beaucoup de résidents chez Habit-Action se retrouvent dans une telle situation à cause de problèmes familiaux. Par exemple, plusieurs jeunes arrivent de familles d’accueil où à 18 ans, ils se sont retrouvés seuls et sans ressources. S’ajoutent à cela les problèmes de consommation et de santé mentale. Notre grand défi est de s’adapter à toutes les situations et de vivre toujours dans le «ici et maintenant», explique la directrice.

S’adapter aux nouvelles réalités

Les organismes communautaires se soutiennent entre eux pour tenter de répondre à tous les besoins de leur clientèle. «On héberge des jeunes de 17 à 30 ans et parfois on doit recommander des gens à d’autres organismes. On travaille aussi de pair avec le CIUSSS et l’Hôpital Sainte-Croix, surtout pour les cas de santé mentale», raconte Mme Despins.

Selon elle, le plus gros défi au quotidien est de toujours connaître les nouvelles réalités de la rue. «Dernièrement, nous avons dû composer avec une drogue qui pouvait être rapidement mortelle, le fentanyl. Nous devions apprendre comment utiliser le naloxone, l’antidote qui annule les effets de l’opioïde. Bref, nous sommes des spécialistes de zones grises», décrit Mme Despins.

La directrice souligne aussi le fait que les organismes communautaires dépendent des ressources et du financement que leur offre le gouvernement. «C’est important, en tant que société, de se sensibiliser face à cette problématique qu’est l’itinérance. On travaille sans cesse à développer l’empathie de la communauté, pour une meilleure acceptabilité. La Nuit des sans-abri, qui avait lieu le 19 octobre dernier, a d’ailleurs cette mission», conclut-elle.

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