«Tant mieux pour Lamontagne… tant pis pour la population!»

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Par Jonathan Habashi
«Tant mieux pour Lamontagne… tant pis pour la population!»
Jacques Tétreault s’est dit sidéré, mais il respecte le verdict de la population . (Photo : Jonathan Habashi)

ÉLECTIONS. La débâcle du Parti québécois (PQ) sur la scène nationale s’est fait sentir jusque dans les circonscriptions de Johnson et de Drummond/Bois-Francs lors de l’élection de lundi soir. Les candidats défaits Jacques Tétreault et Diane Roy n’ont pas caché leur dépit à l’égard des électeurs.

Dans Johnson, non seulement le PQ a échoué dans sa tentative de déloger le caquiste André Lamontagne, mais le parti indépendantiste a été relégué au troisième rang derrière la solidaire Sarah Saint-Cyr-Lanoie. Malgré une campagne très active, Jacques Tétreault n’a récolté que 13,11 % des voix. En guise de comparaison, le ministre sortant Yves-François Blanchet avait récolté 31,16 % du suffrage dans la défaite en 2014.

«Je suis très déçu, je ne le cacherai pas, a lancé Jacques Tétreault, qui a passé la soirée avec une quinzaine de militants dans son local électoral de la rue Saint-Jean après avoir sillonné la circonscription toute la journée. Je ne comprends pas que les Québécois viennent d’élire majoritairement un parti qui n’a aucun programme en environnement, qui ne croit pas aux changements climatiques et qui ne voit seulement que des occasions d’affaires. Ça me sidère!»

«Quant au PQ, il va devoir réviser ses positions, mais c’est un parti résilient, a-t-il poursuivi. D’ici quatre ans, les gens vont réaliser qu’ils n’ont pas fait un bon choix. En attendant, ils devront vivre avec.»

Demeurant serein malgré tout, le biologiste de 65 ans a dit accepter le verdict de la population de Johnson. «Je suis un profond démocrate. On a la chance d’exprimer notre voix au Québec et il faut la respecter. Maintenant, je vous dirais que les quatre prochaines années risquent d’être pénibles. Le changement, j’en suis convaincu, on ne le verra pas. S’il y en a un, ça va être pour empirer les choses.»

En fin de soirée, M. Tétreault comptait appeler son homologue caquiste afin de le féliciter. «M. Lamontagne a fait une bonne campagne. Il était présent à tous les débats, même ceux où on a parlé d’environnement et où la salle n’était pas conquise d’avance. Si les gens du comté ont décidé de lui redonner un autre mandat, tant mieux pour lui, mais j’ai presque envie de dire tant pis pour la population! L’avenir nous le dira.»

Le résident de Saint-Dominique-de-Bagot s’est également dit surpris d’avoir été devancé par sa rivale de Québec solidaire. «Personnellement, je le prends dur! J’ai beaucoup plus de bagage et de possibilité de bien représenter une population. En tout respect pour mes adversaires, j’ai fait mes preuves. Les gens en ont décidé autrement. On va vivre avec.»

Quoi qu’il en soit, on pourrait définitivement revoir Jacques Tétreault se présenter à nouveau pour le PQ dans quatre ans. «Je vais me reposer et réfléchir à tout ça, mais je ne lance pas la serviette facilement. Ça fait dix ans que me bats pour éloigner les gaz de schistes de notre région.»

«C’est difficile à prendre»

Diane Roy a gardé le sourire en compagnie de son équipe électorale. (Photo : Jonathan Habashi)

Dans Drummond/Bois-Francs, Diane Roy a été reléguée en quatrième position derrière le caquiste Sébastien Schneeberger ainsi que ses adversaires solidaire et libéral. La femme d’affaires de Saint-Jean-sur-Richelieu a récolté seulement 12,49 % du suffrage, ce qui représente une nette baisse par rapport au résultat de 26,29 % obtenu par le péquiste Daniel Lebel il y a quatre ans.

«Au Québec, on est mous! Je suis déçue que les gens n’aient pas compris. Avant de penser à un autre parti, il faudrait qu’ils révisent leur histoire. Le PQ a fait des avancées pour le Québec. C’est difficile à prendre. C’est une vague, mais les promesses de la CAQ ne sont pas réalisables en quatre ans. Nos promesses l’étaient», a-t-elle déclaré lorsque rencontrée dans son local de la rue Heriot, où elle était entourée d’une trentaine de sympathisants, dont l’ex-député bloquiste Roger Pomerleau.

«Je suis déçue pour tous ces gens qui ont travaillé si fort. Notre équipe était très soudée.»

Appelée en renfort à la dernière minute à la suite du renvoi du candidat Pierre Marcotte, Diane Roy n’a pas écarté la possibilité de se présenter à nouveau dans la région. «C’est une belle première expérience. J’ai la piqûre de la politique depuis longtemps, mais j’hésitais à me lancer. Ce n’est pas un milieu qui est toujours sain, mais je serais prête à recommencer.»

En terminant, Diane Roy s’est dite convaincue que le PQ réussira à traverser ce creux de vague historique. «Dans quatre ans, les gens auront compris que les promesses de la CAQ n’auront pas été réalisées. On aura aussi perdu nos sièges sociaux. D’ici là, on va faire de l’éducation auprès aux gens. Ils doivent comprendre ce que le PQ peut faire pour le Québec», a conclu la candidate défaite.

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