Sans commission scolaire, «on s’en va à la dérive»

Sans commission scolaire, «on s’en va à la dérive»
Jean-François Houle, président de la Commission scolaire des Chênes. (Photo : Archives Ghyslain Bergeron)

ÉDUCATION. Le président de la Commission scolaire des Chênes, Jean-François Houle, croit «qu’on s’en va à la dérive» si la Coalition avenir Québec (CAQ) parvient à abolir les commissions scolaires au Québec.

«Je pense que l’abolition de la gouvernance scolaire va avoir un impact très négatif sur les écoles. Ça va faire en sorte de centraliser davantage les pouvoirs entre les mains du Ministère de l’Éducation. Ça va nécessairement éloigner l’école du pouvoir central. Les écoles vont devenir une goutte d’eau face au ministère», argue Jean-François Houle.

À ses yeux, les écoles des régions du Québec sont en mesure d’avoir un plus grand pouvoir des orientations du système d’éducation, si elles se rallient au sein d’une commission scolaire.

«Il faut que le système d’éducation soit géré par la population, insiste-t-il. L’éducation est un bien public. Ce n’est pas un bien de consommation. Le citoyen n’est pas que client, il est partie prenante et la meilleure façon de s’assurer qu’il est partie prenante est en maintenant une démocratie scolaire.»

«Le gouvernement libéral a limité le pouvoir»

Jean-François Houle souhaiterait voir un taux de participation plus élevé, lors des élections scolaires. En 2014, au Québec, le taux de participation était inférieur à 5%. Il juge essentiel que la population puisse continuer de choisir les administrateurs d’un budget annuel de 165M$ pour la Commission scolaire des Chênes. Celui qui travaille également comme avocat mentionne que la situation n’était pas parfaite pour autant pour les commissions scolaires avec les libéraux qui étaient au pouvoir.

«Le gouvernement libéral a quand même posé des gestes pour en limiter les pouvoirs. Ça fait en sorte que le Ministère de l’Éducation envoie des directives directement aux écoles, sans que les commissions scolaires disent quoi que ce soit. Les libéraux n’ont pas aboli la gouvernance scolaire, même si c’était prévu avec le projet de loi 86, ils ont diminué pouvoirs des commissions scolaires.»

Le projet de loi 86 avait été vu par certains parents et plusieurs membres des commissions scolaires au Québec comme une volonté des libéraux de centraliser les pouvoirs. Le projet de loi ne s’était toutefois pas concrétisé. Jean-François Houle s’oppose à cette vision centralisatrice en éducation.

«C’est possible que les directives du Ministère de l’Éducation ne s’appliquent pas bien à tous les milieux. Le mur à mur, ce n’est pas vrai que c’est bon dans toutes les écoles partout au Québec».

En entrevue avec L’Express, au début de la campagne électorale, le député sortant de la CAQ dans Drummond—Bois-Francs, Sébastien Schneeberger, se demandait si «le système en vaut encore la peine».

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