La Feuille Verte veut créer le Dom Pérignon du cannabis

Par Jean-Pierre Boisvert
La Feuille Verte veut créer le Dom Pérignon du cannabis
Sur la terrasse, Dany Lefebvre examine la qualité des variétés qui sont cultivées. (Photo : Ghyslain Bergeron)

Le cannabis et ses nombreux produits dérivés ont déjà commencé à occuper l’énorme complexe de l’ancien site de Colbex, à Saint-Cyrille-de-Wendover, que l’entreprise La Feuille Verte est à convertir à des fins de production et de commercialisation. Regard sur une nouvelle industrie en émergence!

Lors du passage de L’Express cette semaine, plusieurs ouvriers s’activaient aux quatre coins du bâtiment où jadis étaient abattues près de 900 bêtes chaque jour. La nouvelle vocation sera moins sanguinaire!

Dany Lefebvre et Marie-Ève Parenteau, couple marié dans la vie et propriétaires de la Feuille Verte, ont acheté de la Municipalité de Saint-Cyrille la propriété de ce qui fut l’abattoir Levinoff-Colbex, d’une superficie de 220 âcres, pour la somme d’un million de dollars, une cagnotte qu’ils avaient récoltée à la suite de la vente de Vert Médical à Canopy Growth.

«C’est un projet tout à fait emballant», s’exclame Dany Lefebvre en servant de guide dans les dédales de l’édifice qui couvre 60 000 pieds carrés. «Nous allons pouvoir intégrer ici toutes les opérations liées à la production de nos principaux produits que sont le Chanv (soins corporels), Crocx (nourriture pour animaux) et Kombuchanv (breuvage santé) et celles qui ont trait à la commercialisation ainsi qu’à la recherche et développement. Car il y a encore beaucoup à découvrir dans le monde du chanvre. Nous faisons de la recherche dans le cannabis sans THC afin de sélectionner les meilleures plantes et les meilleurs parfums. Nous discutons présentement avec des universités pour que des chercheurs puissent venir ici et profiter de nos laboratoires. Notre objectif est de mettre au point la meilleure qualité possible, le Dom Pérignon du cannabis», image-t-il.

Il est important de souligner que La Feuille Verte ne considère pas comme une priorité, pour le moment, la production de cannabis contenant du THC qui a un effet psychotrope. «On n’en est pas là pour le moment. On peut bien sûr en produire, ce qui sera fait à l’intérieur et non pas à l’extérieur. Il faut bien comprendre que la Loi C-45 qui entrera en vigueur le 17 octobre, comme l’a annoncé le gouvernement de Justin Trudeau, ne concerne pas seulement le cannabis qui se fume. Il touche toutes les autres facettes de la plante. Les documents qui accompagnent notre demande pour obtenir les permis d’exploitation sont exhaustifs et doivent être très détaillés. Notre demande de certification suit actuellement son cours», précise l’entrepreneur qui soutient que le cannabis servira entre autres à atténuer des maladies et deviendra la Tylenol du 21e siècle. «Ce n’est que depuis une centaine d’années que le cannabis est interdit. Avant cela, l’humain en faisait une utilisation régulière pour toutes sortes de raisons différentes», argue-t-il.

Cultiver la collaboration

Il est à prévoir qu’une compétition féroce fera son œuvre et Dany Lefebvre n’est pas sans le savoir. «Les grosses compagnies pharmaceutiques vont finir par embarquer dans le cannabis. Elles ont l’argent, les ressources et les réseaux de distribution. Nous, on va plutôt développer la collaboration, notamment avec les micro-cultivateurs qui pourront fournir différentes variétés, et ce en conformité avec les neuf types de licence définis dans la Loi C-45».

Chose certaine, La Feuille Verte aura tout pour s’envoler rapidement avec ses nouvelles installations. Avec un réseau électrique de 6000 ampères, des entrées d’eau exceptionnelles, la fibre optique, les espaces nombreux et vastes, le méga-séchoir et la future maison d’herbes, tout est en place pour que l’entreprise se distingue avantageusement. Dans la cave, il est même prévu un espace où on pourra faire vieillir le cannabis durant 10 ou 20 ans, un peu comme le porto!

«Nous allons créer des emplois qui vont s’ajouter à notre vingtaine d’employés actuels. Nous pouvons profiter d’un complexe solide qui n’aurait pas été possible d’acquérir à l’état neuf».

Parmi les partenaires du couple Lefebvre-Parenteau, on trouve l’ancien policier Louis Raîche, qui sera en charge de la sécurité et de la conformité, ainsi que Claude Lafleur, ex-président de la Coop fédérée, qui agira comme président du conseil d’administration composé de trois membres, dont les deux fondateurs.

Les gens intéressés pourront participer à une visite lundi le 3 septembre.

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