Polémique au conseil municipal de Saint-Lucien

Par Jean-Pierre Boisvert
Polémique au conseil municipal de Saint-Lucien
La mairesse Diane Bourgeois (Photo : Ghyslain Bergeron archives)

Une lettre envoyée par la Municipalité de Saint-Lucien à plusieurs propriétaires de roulottes, les intimant de quitter dans les 10 jours sous peine d’amende pouvant atteindre 1000 dollars, a déclenché une polémique chez les membres du conseil municipal qui n’étaient pas au courant de cette démarche «étonnante et irrespectueuse», entreprise par l’administration de la mairesse Diane Bourgeois.

Selon ce que L’Express a pu apprendre, après avoir contacté trois des six personnes élues au conseil municipal, la lettre est parvenue à au moins 17 propriétaires de roulottes, installées dans des domaines depuis de nombreuses années dans certains cas, qui ont été pris par surprise.

«Ces citoyens se font dire là, en plein été, qu’ils ont 10 jours pour quitter parce que, tout à coup, un règlement municipal, datant de 1992, est mis en force», a affirmé la conseillère Maryse Joyal. «Les citoyens sont surpris et nous, les conseillers et conseillères de la Municipalité, le sommes tout autant car nous n’avons pas été mis au courant que cette lettre allait être envoyée. Nous n’avons pas eu droit de parole dans cette affaire. Certains des citoyens visés sont établis depuis plusieurs années à Saint-Lucien, ils consomment ici et ont développé des amitiés. Ce n’est pas agréable pour eux et ça démontre aucun respect à leur égard», a ajouté Mme Joyal.

Même son de cloche chez la conseillère Louise Cusson. «Ce règlement municipal n’a jamais été mis en vigueur depuis 1992. C’est très étonnant. Un avis juridique pourra nous éclairer là-dessus. De plus, les terrains où sont situées ces roulottes sont en zone inondable. Il n’y a rien à faire avec ça. Mais je crois que la mairesse veut que la Municipalité prenne éventuellement possession de ces terrains pour en faire une plage», a avancé Mme Cusson.

Un autre conseiller, qui a toutefois requis l’anonymat, a reconnu qu’il y a un problème à régler avec cette lettre. «Il n’est pas anormal qu’une Municipalité fasse appliquer ses règlements. C’est la manière qui est discutable ici et nous allons en parler lundi prochain alors que nous aurons une plénière avant la séance du conseil municipal. Il est vrai que cette façon de faire a choqué les conseillers, mais ce n’est pas si épouvantable que ça. C’est un règlement qui a été appliqué. Nous allons en discuter lundi», a-t-il mentionné.

Jointe à son bureau, la mairesse Diane Bourgeois a dit vouloir mettre les pendules à l’heure. «L’administration municipale, après une visite d’un inspecteur sur les lieux, a mis en vigueur le règlement en question. Le conseil municipal donne des orientations mais les conseillers et les conseillères n’ont pas toujours à être au courant des actions de l’administration. Des citoyens sont venus à l’hôtel de ville et ont demandé des arrangements. Oui ça dérange et c’est une affaire délicate. Ça touche des amitiés. Notre règlement est toutefois moins limitatif que celui de la MRC», a fait valoir la mairesse en faisant remarquer que la lettre ne concernait pas toutes les installations.

Chose certaine, la discussion promet d’être vive au conseil municipal de lundi. Plusieurs citoyens mécontents seront présents.

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