La photo et les voyages nourrissent Michel Doyon

Par Cynthia Martel
La photo et les voyages nourrissent Michel Doyon
Michel Doyon se décrit comme un photographe globe-trotter. (Photo : Photo gracieuseté)

CULTURE. Si la majorité des gens planifient leur voyage en fonction des attraits touristiques, Michel Doyon, lui, fait le tour du globe pour saisir les clichés les plus exceptionnels qui soient. Par ses photos, le Drummondvillois se fait de plus en plus remarquer.

Malgré 37 ans de carrière professionnelle dans le réseau de la santé, Michel Doyon a toujours été un artiste dans l’âme. Il s’est intéressé très jeune à la photographie.

«Quand j’ai manipulé mes premiers appareils, je trouvais intéressant d’exprimer mon côté artistique. J’ai pas mal appris par moi-même, mais plus tard, j’ai suivi des formations sur le web ainsi que chez Lozeau et Gosselin Photo», se rappelle-t-il.

Ce n’est que quelques années plus tard que sa passion pour les voyages s’est manifestée. Lui et sa conjointe, avec qui il partage son amour pour la photo et les voyages, ont jusqu’à ce jour mis les pieds sur cinq des six continents. À la retraite depuis sept ans, ils ont maintenant l’occasion de partir plus souvent et plus longtemps.

«Nous avons fait, entre autres, toutes les capitales de l’Europe, quelques pays de l’Asie, l’Ouest américain, la Nouvelle-Zélande et, plus récemment, un safari en pleine autonomie en Afrique. Avant, on ne pouvait pas partir plus de dix jours, maintenant, nos aventures peuvent se prolonger entre six et huit semaines.»

Ce cliché a été pris lors de son voyage en Nouvelle-Zélande. (Photo gracieuseté)

L’itinéraire est réglé au quart de tour : les amoureux identifient, avec l’aide de guides touristiques, tous les endroits offrant un grand potentiel photographique. Mine de rien, un an de préparation est nécessaire pour chaque destination.

«Tous nos voyages sont planifiés en fonction des photos que l’on souhaite prendre. Alors il y a un bon travail d’identification à faire pour trouver les endroits les plus accessibles et les plus beaux spots. Ce qui est plaisant, c’est qu’on se partage les étapes de la préparation. Moi, je m’occupe de la gestion du matériel, c’est-à-dire, combien de cartes mémoire et de <@Ri>backs-ups<@$p> aurons-nous besoin, quels types de trépieds et d’appareils conviennent le mieux, etc. tandis que mon épouse s’occupe de trouver les hébergements et de tracer l’itinéraire», explique le véritable passionné.

Une fois sur place, les complices peuvent ainsi s’abandonner pleinement à la photographie. Et ils ne repartiront pas du lieu tant et aussi longtemps qu’ils ne seront pas satisfaits de leurs clichés, quitte à attendre des heures pour avoir le bon éclairage ou encore, réussir à capter un élément saisissant.

«On dit souvent de la photographie que c’est un sport solitaire. Mais nous, on veut vraiment faire ça ensemble, car nous avons cette passion en commun. Et mon épouse comprend quand ça prend du temps», souligne M. Doyon avec un petit sourire.

Malgré le fait qu’ils consacrent la majeure partie de leur temps aux prises de vue, les deux complices estiment qu’ils profitent néanmoins de l’instant présent, des paysages qui défilent devant eux.

«À travers un objectif, tu ne vois pas le monde de la même manière. Ça permet d’apprécier la vie, la nature. Aussi, on a l’impression d’en apprendre davantage sur l’histoire de chaque endroit que l’on visite, car on ne fait plus un voyage, on le vit en étant directement en contact avec la place», affirme le Drummondvillois qui se considère comme un «photographe globe-trotter».

Une fois revenus à la maison, le plaisir se poursuit. Assis devant leur écran d’ordinateur, M. Doyon et son épouse regardent une à une leurs photos, les classent puis les traitent.

«Pour ma part, je fais énormément de tri. Je choisis seulement les photos qui racontent une histoire. Au final, j’en garde une centaine. Ce n’est pas énorme, si je me fie à la quantité que je peux prendre. Par exemple, je suis revenu de l’Afrique avec 8000 photos. C’est sûr que ça fait mal au cœur de les jeter, mais je ne peux pas tout conserver. En ce moment, mon disque dur contient 95 000 photos prises en un peu moins de huit ans», indique celui qui préfère les photos épurées et minimalistes.

Une poignée de clichés seront ensuite imprimés pour les conserver précieusement dans des albums ou bien les encadrer afin de décorer la maison.

«Si je n’ai pas d’expositions de planifiées, je vais en imprimer 20, tout au plus.»

Parlant d’exposition, quelques-uns de ses sublimes portraits d’animaux croqués sur le vif lors de son safari ornent les murs du Musée national de la photographie depuis sa réouverture le 13 mars. Il était une fois… l’Afrique constitue la première véritable exposition solo de l’artiste, lui qui ne cherche pas la popularité.

«Je suis un photographe assez discret. Si Jonathan (Hugues-Potvin, directeur du Musée) ne m’avait pas harcelé, je serais encore dans l’ombre!» fait-il savoir en rigolant.

Cette exposition se poursuit jusqu’au 8 juillet.

Un homme engagé

M. Doyon ne fait pas juste exposer au Musée de la photo. Il siège également au conseil d’administration depuis deux ans. Il est, de surcroît, membre depuis plus de huit ans du Club de photo Drummond en plus d’occuper le titre de président depuis 2012.

«Je donne aussi régulièrement aux membres diverses formations», indique-t-il.

Dans un autre registre, il assure la vice-présidence de la Société Alzheimer Centre-du-Québec.

Une exposition en duo?

Tous ces voyages lui permettent de s’accomplir tant sur le plan personnel qu’artistique, à ses dires.

«Je ne pourrai pas dire plus tard « J’aurais donc dû! » (…) De plus en plus, les gens me disent qu’ils reconnaissent mon style et ça, c’est le plus beau compliment qu’on peut me faire. Ça veut dire qu’il est en train de se définir.»

À travers ses deux passions, il en a découvert une troisième : la peinture. «Je peins maintenant certaines de mes photos coup de cœur.

L’Ouest canadien attend maintenant les amoureux qui souhaitent un jour réaliser une exposition en duo.

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