NYX Bike développe un vélo pouvant rouler à 90 km/h

NYX Bike développe un vélo pouvant rouler à 90 km/h
Éloi Fugère et Guy Moisan veulent développer un nouveau modèle plus urbain dans les prochains mois.

CYCLISME. D’expérimentation un peu précaire à l’élaboration d’un vélo électrique de haute performance, le fabricant drummondvillois NYX Bike débroussaille de nouvelles possibilités dans le monde du cyclisme. En effet, la compagnie drummondvilloise figure parmi les trois entreprises à bâtir ce genre de vélo à l’international.

Il n’y a personne dessus, donc c’est sûr que ça va plus vite, mais actuellement le compteur est à 140 km/h», affirme avec un grand sourire satisfait le partenaire de NYX Bike et propriétaire de l’entreprise Sérico, Guy Moisan, haussant la voix pour couvrir le bruit de la roue qui tourne à toute vitesse. C’est que le modèle X14, qui a été testé sous les yeux de l’auteure de ces lignes, figure parmi les vélos électriques les plus puissants au monde.

Qui aurait cru qu’il y a trois ans à peine, le tout premier prototype était réalisé à partir d’un vélo ordinaire et que sa batterie devait se traîner dans un sac à dos?

«C’est Cédrick [Lévesque-Baker, étudiant en génie mécanique à l’université Concordia] qui a commencé à fabriquer un modèle avec son propre vélo. Une bonne journée, il m’a montré une petite vidéo sur son cellulaire de lui qui roulait à toute vitesse. Je lui ai dit »c’est quoi ça, j’en veux un! Mais ça n’a pas de bon sens, on ne peut pas laisser la batterie dans un sac comme ça…»», se remémore un membre fondateur de NYX Bike, Éloi Fugère.

Guy Moisan a par la suite donné accès aux installations de Sérico afin de pouvoir développer l’idée à moindre coût. Après plusieurs essais-erreurs, un premier cadre en fibre de carbone a été commercialisé. Jusqu’à présent, une quarantaine de ces cadres ont été vendus à travers le monde. Une commande venue de la Suisse est présentement en discussion pour plusieurs de ces structures.

Toutefois, sortir du cadre de mononcle a un prix : il coûte entre 6000 et 14 000 $ pour se procurer un des trois modèles disponibles chez NYX Bike. M. Fugère assure cependant que le prix a été fixé en regard à la qualité des matériaux et des composantes utilisées.

Pas de règles particulières

D’après la Société d’assurance automobile du Québec, aucune restriction particulière ne s’applique aux vélos électriques, si ce n’est le port d’un casque conforme aux normes de sécurité. Toutefois, le cycliste est dans l’obligation de respecter une limite de vitesse.

«Le système électrique d’un vélo ne doit pas permettre à son utilisateur de dépasser 32 km/h. S’il le prend et roule sur la piste cyclable à 90 km/h, il devient responsable. Ça fait trois ans que je roule à Drummondville avec cela, et je ne me suis jamais fait avertir», nuance Éloi Fugère. Atteindre le maximum de la puissance du vélo devra donc se faire dans des circuits hors-route.

 

Des consultants non-officiels

Le cycliste de calibre olympique Hugo Houle a lui-même testé le modèle X14 sur le mode boost, une expérience qu’il a beaucoup apprécié. «Quand on pèse sur le gaz, il faut faire attention parce qu’on peut se ramasser sur le dos assez vite», blague-t-il.

En fait, Hugo Houle agira un peu à titre de consultant non-officiel pour NYX Bike, c’est-à-dire qu’il donnera des conseils aux fabricants afin d’améliorer leur formule. «Je ne fais que m’amuser. J’apporte un regard sur le côté plus urbain qu’ils souhaitent faire dans le futur. Je pense que leur challenge, c’est d’incorporer les batteries dans le cadre et de faire en sorte que le poids soit le mieux réparti possible pour manier le vélo», estime-t-il.

«Avec ses conseils, nous allons nous attaquer à une troisième version du cadre pour optimiser le vélo au niveau de sa géométrie», ajoute Guy Moisan.

Un autre homme, plus expérimenté en descente de montagne, donnera également son avis.

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