Des Chênes en attente du rapport de la spécialiste Nathalie Poirier

Des Chênes en attente du rapport de la spécialiste Nathalie Poirier

Christiane Desbiens indique que le rapport de la spécialiste Nathalie Poirier est attend à la fin de ce mois.(Photo d'archives TC Media Ghyslain Bergeron)

DRUMMOND. La Commission scolaire des Chênes (CSDC) n’a pas attendu le dépôt, cette semaine, d’une pétition bénéficiant de l’appui de la Fédération québécoise de l’autisme (FQA) pour tenter de se faire une tête avec la mesure utilisée l’an passé dans l’une de ses écoles (Duvernay) demandant à l’élève pris en défaut de comportement de se rendre dans un local dédié à l’adaptation scolaire sur l’heure du midi pour y effectuer un travail de réflexion en présence du groupe de jeunes atteints d’un trouble envahissant du développement (TED).

Cette mesure, on s’en souviendra, avait suscité l’ire de l’organisme Autisme Centre-du-Québec qui avait vivement dénoncé cette façon de faire, la qualifiant de pratique socialement inacceptable.

Alimentée par les médias, la controverse a pris des proportions à l’échelle du Québec et même à l’extérieur, si bien qu’une pétition comportant quelque 1840 signatures vient d’être acheminée à la commission scolaire, au ministre de l’Éducation et au premier ministre du Québec.

Dans le libellé de la pétition, on peut y lire, entre autres, ce qui suit: «La pratique de l’école Duvernay d’envoyer les enfants ayant des comportements inadéquats "réfléchir" sur l’heure du dîner avec les élèves ayant des besoins particuliers contrevient directement au Programme de formation de l’école québécoise. Nous demandons votre intervention dans les plus brefs délais afin de s’assurer que les élèves puissent vivre l’expérience éducative telle que prévue dans la Loi sur l’instruction publique. Nous demandons que cette pratique de l’école Duvernay soit immédiatement retirée et qu’à la rentrée de septembre 2014, une nouvelle pratique respectant les valeurs et énoncés du Programme de formation de l’école québécoise soit mise en place. De plus, nous demandons que le message soit clairement réitéré auprès des élèves que les valeurs d’ouverture, de respect et d’égalité sont importantes pour la communauté et la société québécoise.»

Évaluation demandée

Comme mentionné, la CSDC n’avait pas attendu cette prise de position pour agir, si bien qu’après deux ou trois rencontres avec les représentants d’Autisme Centre du Québec, elle a donné à la docteure Nathalie Poirier, Ph.D. le mandat de procéder à l’évaluation de la mesure mise en place à l’école Duvernay.

Ce faisant, la commission scolaire a pris la décision d’interrompre la mise en application de ladite mesure jusqu’à nouvel ordre, soit dans l’attente du rapport de Mme Poirier qui, selon Christiane Desbiens, directrice générale de la CSDC, pourrait être livré d’ici la fin de ce mois.

Mme Desbiens reconnaît que des perceptions bien différentes ont découlé de la mise en application de cette mesure.

Elle plaide néanmoins la bonne foi des tenants de la mesure qui voyaient dans le local dédié aux enfants présentant des troubles du spectre de l’autisme (TSA) rien d’autre qu’un endroit adéquat dans les circonstances, en raison de l’encadrement et de la supervision que l’on y retrouvait.

Selon la CSDC, Nathalie Poirier est la personne toute désignée pour faire la lumière.

Psychologue, professeure et chercheuse au département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal, elle s’intéresse aux enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme et à leur famille.

Mme Poirier, assure la directrice générale de la CSDC, a toute la latitude voulue pour effectuer le travail qui lui est confié.

«Nous souhaitons ainsi obtenir de sa part un avis éclairé qui nous permettra, le cas échéant, d’établir des balises claires en lien avec notre pratique. Elle peut rencontrer toutes les personnes ou intervenants qu’elle juge utiles à la réalisation de son mandat. C’est un geste que nous posons en toute bonne foi et transparence», fait part la porte-parole de la CSDC.

Christiane Desbiens est d’avis que l’intervention de Mme Poirier a permis d’entamer l’année scolaire dans un climat positif, tant pour les élèves, leurs parents et les membres du personnel.

«Cela dit, je me dois de réitérer qu’à nos yeux, et depuis nombre d’années, l’école Duvernay a toujours été un établissement où les élèves TSA sont partie intégrante de la vie qui règne dans ce milieu. Ces enfants côtoient tous les élèves de l’école, toutes clientèles confondues. Les uns aident les autres, dans un climat d’intégration et de collaboration. Nous voulons continuer d’agir en ce sens, d’où le mandat qui vient d’être confié à Nathalie Poirier», de mettre en perspective Christiane Desbiens.

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