Le Défi mondial attire les éloges, mais pas les foules

Le Défi mondial attire les éloges, mais pas les foules
Le directeur général des Tigres de Victoriaville

Tous les projecteurs ont été tournés vers Victoriaville et Drummondville avec le Défi mondial des moins de 17 ans. De l’avis de Jérôme Mésonéro, le comité organisateur s’est attiré les éloges lors de cette compétition internationale, mais n’a pas su transformer cet engouement aux amateurs de hockey de la région.

Le directeur général des Tigres de Victoriaville s’était fixé comme objectif de réunir 35 000 personnes au Colisée Desjardins et au Centre Marcel-Dionne de Drummondville. Il s’attend, lors du bilan final qu’il obtiendra d’ici deux semaines, à avoir accueilli tout au plus 27 000 spectateurs. À titre de comparaison, Timmins, qui avait tenu l’évènement en 2010 en Ontario, avait sensiblement le même nombre de billets vendus, pour une population de 40 000 personnes.

«Je pensais sans exagérer que c’était possible. Je crois que le tournant a été le parcours inattendu d’Équipe Québec. Ça a changé le déroulement, puisqu’elle a disputé quatre matchs à Drummondville. J’aurais aimé qu’elle revienne à Victoriaville, ça aurait probablement aidé sur l’achalandage», a-t-il dit.

Malgré tout, son but principal était de faire vivre à la Ville un tournoi à l’échelle mondiale et à cet égard, il peut dire mission accomplie. «J’estime qu’elle a réalisé toute son ampleur. Les gens n’auront plus la chance de regarder une finale Russie-Suède avant longtemps. Je ne veux pas être chauvin, mais selon moi, le Défi mondial a été l’évènement sportif de l’histoire de Victoriaville», a-t-il lancé.

Un défi de taille

Sans faire de jeu de mots, le Défi mondial des moins de 17 ans aura été un défi de taille pour Jérôme Mésonéro et son comité. Comptant sur l’appui d’une équipe de plus de 200 bénévoles, il a souligné l’importance de leur attribution. «Certains ont donné plus de 100 heures durant la période des fêtes et de nombreux impondérables sont survenus, dont la tempête du 27 décembre. Cela a permis de les souder et j’admire leur engagement et leur générosité. Hockey Canada a d’ailleurs été impressionné de notre gestion.»

De plus, le côté logistique a été, selon ses dires, ardu à coordonner. Il a toutefois lancé des fleurs à Éric Gardner et Martin Richard, qui ont répondu à l’appel. «Hockey Canada avait peur sur cet aspect et c’est celui qui a le mieux fonctionné et c’est tout à leur honneur. Lors de la tempête, les arbitres et l’équipe des États-Unis étaient coincés à Montréal et tous les jours les formations devaient être transportées à Drummondville. Mais les bénévoles ont offert tout un service et cela a peut-être adouci les irritants», a-t-il laissé entendre, ajoutant que le manque de vestiaires a également causé un problème.

Finalement, Mésonéro devait composer avec le syndrome de la page blanche, puisqu’il n’était pas en mesure de s’appuyer sur le modèle d’organisation des villes précédentes, car la compétition revenait en sol québécois pour la première fois depuis 19 ans. «Cela a ajouté au défi. Lorsque nous avons reçu la réponse en avril dernier, il n’y avait pas d’historique. Quand je regarde Cap-Breton, qui accueillera la compétition l’an prochain, elle saura bien se structurer pour partir sur de bonnes bases, puisqu’elle a séjourné ici pendant quatre jours, prenant beaucoup de notes. C’est sur ce genre de base que nous n’avons pu compter, car nous partions simplement de mon expérience en tant que spectateur», a-t-il complété.

Un legs important

Travaillant sur le projet depuis trois ans, Jérôme Mésonéro a pris le temps de remercier le maire Alain Rayes et son président chez les félins, Éric Bernier, pour leur soutien. «Quand j’ai discuté avec le maire, il a tout de suite accepté. De plus, Éric m’a supplié de foncer et d’embarquer à fond dans cette aventure. Nous avons eu aussi une excellente collaboration avec les Voltigeurs de Drummondville. Bien qu’elles soient rivales, les deux équipes se sont rassemblées pour l’évènement. C’est une belle leçon à retenir et cela démontre du leadership, ce qu’on ne voit pas souvent», a-t-il raconté.

Décrivant la compétition comme sensationnelle, il espère avoir laissé un legs imposant dans la région et souhaite qu’une autre formation au Québec prenne le flambeau. «J’espère qu’un autre club pose sa candidature pour recevoir ce tournoi. Je trouve que cela ne fait aucun sens que le Défi mondial soit revenu au Québec après une aussi longue absence. Également, je lance l’appel à ceux qui voudront prendre les démarches nécessaires : nous garderons précieusement toutes les notes que nous avons prises et nous serons là pour les aider si jamais d’autres comités veulent tenter l’expérience», a-t-il conclu.

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